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Comment prévenir les accidents du travail dans les métiers de bouche ?

Imprévus et souvent problématiques, les accidents du travail sont toujours source de contraintes pour le chef d’entreprise. Entre réglementations non respectées, problèmes de remplacement et gestion du quotidien, le chef d’entreprise peut rapidement se retrouver avec une épine dans le pied.  Même si le nombre des accidents et des maladies professionnelles tend à la baisse, ces derniers sont toujours trop nombreux. Il est donc toujours utile de rappeler les bonnes pratiques et de connaître la législation, sachant que les artisans alimentaires sont souvent très concernés.

 

Les accidents du travail sont sur une tendance baissière mais sont toujours trop nombreux

Chaque année, l’assurance maladie rend public les statistiques des accidents du travail et des maladies professionnelles. En 2013, sur les plus de 18,3 millions d’effectifs concernés, 618 263 accidents du travail avec arrêts, 39 078 avec incapacité permanente et 541 décès ont été signalés. A cela s’ajoute les maladies professionnelles : 51 452 réglées (qui ont été traitées sans conséquence), 27 450 engendrant une incapacité permanente et 430 décès. A noter également que dans les données fournies par l’assurance maladie, les accidents de trajets, de type domicile-travail, sont également évoqués puisque le chef d’entreprise se voit automatiquement concerné. Dans le cas où un accident survient lors d’un trajet habituel du domicile vers le lieu de travail (et vice versa), la victime bénéficie de la présomption d’imputabilité.

 

Les accidents du travail chez les bouchers charcutiers-traiteurs

Selon l’INSEE, sur les 37 100 salariés du secteur de la boucherie charcuterie-traiteurs,  2 106 accidents du travail ont été signalés avec 121 incapacités permanentes. En outre, 160 maladies professionnelles ont également été indiquées. Ainsi, le nombre de journées perdues s’élève à 93 247. L’INSEE nous apprend également que ce sont les salariés les plus jeunes et les entreprises les plus petites qui sont les plus touchés. Néanmoins, bien que les jeunes de 16 à 24 ans soient les plus concernés, le nombre d’accidents du travail repart à la hausse à partir de la tranche 40-50 ans. L’habitude et l’expérience s’étant installées, l’attention et l’aversion au risque semblent baisser. Tout naturellement, ce sont les mains des artisans qui sont les plus exposées, puisqu’elles représentent plus de 60 % des lésions. C’est la raison pour laquelle il est utile de rappeler certains principes de précaution et d’organiser l’espace de travail pour limiter au maximum les risques.

Sur le site femmedelartisanat.com, site communautaire dédié aux femmes de l’artisanat créé par la MAAF, on retrouve des fiches conseils pour prévenir des risques professionnels. Ces fiches présentent des principes de bases simples, mais qui semblent toujours bon de rappeler au vu des statistiques évoquées plus haut. Par exemple, pour les contusions aux mains, fréquentes chez les bouchers, certaines précautions sont mises en avant comme le port du gant maillé, ou encore l’importance d’avoir un couteau bien aiguisé pour limiter les efforts superflus.

 

En plus des membres supérieurs, le dos doit également être surveillé de près puisqu’il est, à moindre mesure, la deuxième partie du corps la plus exposée aux blessures : notamment lors du service des clients à l’étal ou encore lors du transport de charges lourdes. De plus, pour éviter les coups de froids, il est important que l’artisan se couvre au maximum lorsque qu’il se trouve dans une chambre froide. Au-delà du gant maillé, le port de gants est conseillé pour éviter les allergies ou les maladies transmises par les viandes contaminées comme le rouget du porc.

 

Les accidents du travail chez les boulangers-pâtissiers

 

Pour l’année 2012, les statistiques de l’INSEE nous indiquent que 3 025 accidents du travail (et 273 maladies professionnelles) ont été enregistrés pour presque 120 000 salariés : un nombre relativement bien moins important que pour la boucherie. Ici aussi, ce sont les jeunes et les très petites entreprises qui sont les plus vulnérables face aux accidents. Comme pour les artisans bouchers, ce sont, à moindre mesure, les mains et les doigts qui sont les parties les plus touchées par les blessures. En effet, les lésions aux mains sont bien moins importantes car elles ne représentent « que » 34 %. Au contraire des bouchers, la part des blessures aux membres inférieures est très importante et s’élève à 22 %. La raison ? Les chutes et les glissades qui sont d’ailleurs la première cause d’accidents dans ce métier, provoquée notamment par l’abondance de la farine au sol dans les ateliers.

Le contact avec la farine et la poussière de farine sont aussi des facteurs de risque pour la santé des artisans sur le moyen long terme. Irritations, allergies ou encore asthme sont des gênes voir maladies qui viennent entraver le confort des salariés et qui peuvent engendrer un arrêt. Pour limiter ces effets, il est fortement conseillé d’utiliser un aspirateur et non un balai pour nettoyer l’atelier. Des précautions doivent être prises pour limiter les risques de contusions des ustensiles ou machines coupantes ainsi que les risques des brûlures liées à l’utilisation des fours. Autre risque plus cocasse mais pas moins dérangeant : les caries ! En effet, les actions répétées de goûter les produits confectionnées ou encore de respirer le sucre dans l’air peut provoquer des problèmes dentaires, ou plus grave conduire à terme à du diabète. Il est donc préconisé d’éviter de goûter systématiquement les produits préparés et de consulter tous les 6 mois un dentiste, en précisant la nature du métier exercé;

 

Le document unique : une obligation légale pour toutes les entreprises

 

Afin de prévenir et de limiter les risques liés à l’activité professionnelle, le document unique a été mis en place en 2001. Plus qu’un simple document, c’est une obligation légale pour toutes les entreprises, dès lors qu’il y a un salarié ou un apprenti. Ce document, réalisé par l’employeur, seul responsable de son élaboration, doit indiquer une liste des risques inhérents à son entreprise. Même si la loi n’indique pas spécifiquement le contenu de ce document, il est généralement construit en 3 parties :

  • L’identification des dangers. C’est l’inventaire des produits, machines et autres caractéristiques du métier en question, qui pourraient s’avérer dangereux pour la santé des salariés.
  • Le classement des risques. Il permet de hiérarchiser les risques selon leur probabilité, leur dangerosité ou encore leur fréquence.
  • Les pistes de solution et de prévention. Le travail d’identification et de classification des risques doit aboutir sur des pistes de réflexion afin de les prévenir au maximum.

Le document doit être daté afin de pouvoir être mis chaque année ou en cas de changements notables dans l’organisation du travail quotidien. Une fois rédigé, le document unique doit être mis à disposition de la médecine du travail et de l’inspection du travail. En outre, il doit depuis 2008 être accessible à l’ensemble des salariés.

 

Pour que ce document unique soit utile à l’entreprise, les actions planifiées pour prévenir les risques devront être réalisées dans la mesure du possible. Afin de juger les actions menées, les risques pourront dans un second temps être réévalués et recadrés si besoin. Bien évidemment, ce document unique peut être perçu comme une contrainte réglementaire. Néanmoins, il doit avant tout être vu comme une manière de sécuriser l’espace de travail et prendre soin de la santé des salariés. De plus, si cette démarche n’est pas mise en place, l’employeur s’expose à une amende de 1 500 euros et de 3 000 euros en cas de récidive. Il est donc préférable de ne pas prendre le risque de passer entre les mailles du filet. Enfin, on oublie trop souvent qu’un accident du travail peut avoir un coût humain et économique important : jours de production perdus, augmentation des tarifs d’assurance, difficultés de remplacement ou encore baisse de la motivation des salariés. Il vaut mieux prévenir que guérir.

 

Les organisations professionnelles au soutien des artisans alimentaires dans la rédaction du document unique

Pour vous faciliter la tâche à la rédaction de ce document unique, 5 organismes professionnels, Confédération nationale des charcutiers-traiteurs (CNCT), Union nationale de la poissonnerie française (UNPF), Confédération nationale des artisans pâtissiers-chocolatiers-confiseurs-glaciers-traiteurs (CNAP), Confédération des chocolatiers et confiseurs de France, Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNBPF), ont ainsi collaboré au développement d’un outil de prévention des risques professionnels qui permet d’accompagner les artisans à formaliser le document unique. Cet outil en ligne, sous forme de tutoriel vidéo, se veut simple et pratique afin d’expliquer toutes les étapes de la rédaction du document unique, selon la nature du métier exercé. Vous pouvez découvrir cet outil gratuit en allant sur www.prevention-artisanat.fr. Enfin, si vous souhaitez avoir un contact direct au sujet du document unique, n’hésitez pas à vous rapprocher de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de votre département pour des conseils, accompagnements ou encore formations sur ce sujet.

 

Crédit visuel : Fotolia

 

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