Avisé, s'informer pour réussir

site d'informations stratégiques
du réseau des chambres de métiers et de l'artisanat d'Auvergne-Rhône-Alpes

Vous êtes ici

Etre une entreprise alimentaire responsable ou engagée pour une cause : mode d’emploi

Les Français sont aujourd’hui plus attentifs aux produits qu’ils consomment et souhaitent adopter une consommation responsable. Qu’est-ce que cela signifie, qu’attendent les Français ? Quel intérêt pour l’entreprise ? Comment répondre à cette attente ? Quelles formes votre engagement peut-il prendre ? Eléments de réponse dans cet article.

 

Pourquoi être une entreprise responsable ou engagée ?

Pour 52,9 % des Français, consommer responsable se traduit par consommer autrement, c’est-à-dire des produits labellisés, certifiés éthiques, locaux, moins polluants… C’est ce qui ressort d’un baromètre annuel GreenFlex avec l’Ademe, réalisé au 1er trimestre 2017. Et ce chiffre est en hausse : + 2,4 points en 1 an, et + 12,5 points en 5 ans. 

Acheter local est devenu un acte citoyen de soutien à l’économie et qui rassure le consommateur sur sa santé.

« La santé est d’ailleurs le premier levier de la consommation responsable. 44,5 % (+ 4 pts) des consommateurs achèteraient des produits respectueux de l’environnement en premier lieu parce qu’ils sont meilleurs pour la santé. La présence d’ingrédients sains et naturels, ainsi que la prévention des risques pour la santé, sont les 2 premiers critères indiqués pour définir un produit de qualité. »

 

Illustration de cette évolution de la consommation avec le succès grandissant du commerce équitable. Celui-ci repense le mode de production et de commercialisation des produits. Ses grands principes sont :

  • un prix juste et rémunérateurs pour les producteurs,
  • un partenariat commercial sur la durée,
  • le renforcement des compétences organisationnelles et techniques des organisations de producteurs,
  • le respect des conventions de l’Organisation Internationale du Travail (OIT),
  • la protection de la biodiversité.

Si, à l’origine, ce concept concernait des pays en voie de développement, et fonctionnait dans une logique « Nord-Sud », il est aujourd’hui transposé dans une logique Nord-Nord. Ainsi, les produits équitables français sont de plus en plus nombreux et ont généré 29 % du CA du marché du commerce équitable en France en 2016.

Selon la Plate-forme pour le commerce équitable (PFCE), une association qui regroupe une vingtaine d'acteurs, tels que Max Havelaar, Biocoop ou à Artisans du monde, le marché du commerce équitable en France a cru de 42,8 % de 2015 à 2016 et de 121 % entre 2013 et 2016.  Le panier moyen des Français en commerce équitable est modeste mais en augmentation : il est de 14,15 euros en 2016, soit 4,3 fois plus en 10 ans.

La PFCE a noté par ailleurs l’arrivée de la catégorie boulangerie comme nouveau lieu de vente de produits équitables avec les pains et la viennoiserie issus de blés et de farines « Agri-Ethique » échangés aux conditions du commerce équitable (50 %).

 

Une marque comme « C’est qui le patron ? » illustre bien ces tendances. Son principe : la marque demande au consommateur son avis sur les caractéristiques souhaitées d'un produit, et combien il est prêt à payer pour ce produit. Le produit est ainsi co-créé avec le consommateur. La marque s’attache aussi à rémunérer de manière juste les producteurs.

Autre exemple : la démarche Les Robins des Champs (69), qui propos une farine locale. Le blé est fourni par des cultivateurs du Rhône, puis est transformée par un minotier de la Loire, avant d'être utilisée par des boulangers du Rhône. Cette démarche rémunère également les producteurs de manière juste. 

 

Si les consommateurs sont prêts à dépenser un peu plus pour connaître l'origine des produits qu'ils achètent, ils attendent  des entreprises qu’elles participent au changement et sont attentifs aux conditions de fabrication. Concrètement 81,6 % des consommations attendent qu’elles s’engagent à réduire l’impact environnemental et sociétal de leurs produits. Cela rejoint alors la notion de responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

La RSE  kesako ? Il s’agit de « la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société », selon la définition qu’en donne la commission européenne. Cette définition est large et englobe les effets sur l’environnement, la santé et le bien-être des salariés et de la population, les droits de l’homme… Pour l’entreprise, cela peut se traduire par des actions telles que :

  • la possibilité pour les collaborateurs de se former en continue,
  • l’utilisation d’emballages recyclables,
  • le choix d’un fournisseur d'énergies renouvelables,
  • la réduction de votre consommation d'eau, de déchets,
  • l’utilisation de LEDs pour réduire votre consommation d’électricité,
  • la transparence sur les conditions de fabrication de vos produits,
  • un approvisionnement en circuits courts et/ou en produits issus du commerce équitable,
  • la limitation du gaspillage alimentaire, en proposant par exemple vos invendus du jour sur l’application Food to go

Vous pouvez également vous engager pour une cause ou une association. (Re)créer du lien est une volonté de plus en plus partagée, que ce soit au sein de l’entreprise ou entre citoyens.

Pour l’entreprise, s’engager pour une cause est une opportunité pour :

  • participer aux causes qui vous tiennent à cœur,
  • donner un sens supplémentaire à votre activité,
  • fédérer votre équipe autour d’un projet commun,
  • gagner et/ou fidéliser des clients,
  • fidéliser vos employés, et attirer vos futurs employés,
  • vous démarquer de la concurrence,
  • faire parler de l’entreprise et vous faire connaître,
  • véhiculer une image positive et humaine de l’entreprise.

 

S’organiser en 3 étapes

1. Choisir une cause

Avant toute chose, pour quelle cause souhaitez-vous vous engager ? La cause doit parler à votre entreprise et à vos clients. S’ils s’y intéressent, se sentent concernés, votre action sera d’autant plus efficace. Au sein de votre équipe, cela devient un réel projet d’entreprise et une excellente opportunité de souder l’équipe. Chacun sera ambassadeur de la cause que l’entreprise défend.

Les causes sont nombreuses : défense des droits de l’homme, protection de l’enfance, accès à l’éducation, soutien aux personnes qui souffrent de maladies (cancer, troubles mentaux, sida…), soutien à l’insertion professionnelle, aide aux personnes victimes de violences conjugales, souffrant d’exclusion ou de pauvreté, réduction des déchets, bien-être animal, limitation du gaspillage alimentaire…

Vous pouvez :

  • choisir de soutenir une cause locale ou une cause nationale,
  • prendre l’initiative de monter une action ou vous intégrer à une démarche existante. Cela dépend de votre disponibilité et de votre énergie. L’avantage de la participation à une action existante (Love Baguette, Chefs solidaires par exemple) : il y a généralement un kit de communication, un plan de promotion national, et vous bénéficiez donc d’une visibilité globale.

L’engagement de la part de l’entreprise se fait à la hauteur de ses possibilités : parler de la cause pour laquelle vous vous engagez ou mettre des affiches sur le lieu de vente constituent déjà une action.

 

2. Définir la forme de votre engagement

Une fois la cause, ou les causes validées, reste à définir la forme que prendra votre engagement. Les possibilités sont vastes, en voici quelques-unes :
  • collecter des dons dans l’entreprise à l’occasion d’un événement interne,
  • appeler au don dans vos enseignes ou dans vos supports de communication : affichage sur le lieu de vente, site Web, page Facebook, comptes Twitter ou Instagram…,
  • reverser x % de votre chiffre d'affaires d'une journée sous forme de don. Ainsi, pour un CA de 5 000 € et un don de 10 %, cela représente 500 €, soit 200 € après déduction fiscale. 60 % du don versé par un établissement est déductible des impôts sur les sociétés dans la limite de 0,5 % du chiffre d’affaires.
  • x € du prix de tel produit est reversé à la cause,
  • organiser un événement, tel qu’un marché ou un atelier, seul ou avec d’autres artisans, dont une partie du CA du jour est reversé à une cause,
  • créer une tarte spéciale pour l'événement, ou un pain, un plat, un chocolat ou une tablette qui porte le nom de la cause que vous soutenez. Exemple : une baguette façonnée en ruban à l’occasion de la semaine de la Love Baguette , un pain, un gâteau, sablé ou chocolat en forme de moustache à l’occasion de Movember
  • si vous êtes dans la restauration, reverser la recette de toutes les boissons, ou d'un menu spécial, à une cause,
  • si vous êtes fromager, mettre en place une action spéciale autour d'une région en particulier,
  • proposer un atelier pour attirer l’attention sur la cause pour laquelle vous vous engagez,
  • mettre à disposition une urne pour collecter des fonds, comme c’est le cas lors de l’opération des Pièces Jaunes.

 

3. Le faire savoir

Une fois la cause et l’action choisies, faites en la promotion, d’autant plus si la cause est peu connue.

Cela peut se faire sur le lieu de vente, sur le site Web, la page Facebook de l’entreprise, son compte Instagram ou Twitter…

Vous pouvez mettre des affiches, porter un signe distinctif, tel qu’un accessoire, comme un ruban, ou un vêtement d’une certaine couleur (le rose par exemple pour Octobre Rose), adapter le logo de l’entreprise pour l’occasion… la créativité est la bienvenue !

Pensez à communiquer également sur les résultats de votre action. Par exemple, x baguettes / pains / plats vendus, soit une valeur de x € collectés, remis tel jour à telle association (pourquoi ne pas joindre une photo si la remise a eu lieu en main propre ?). La transparence est de mise et sera appréciée.

Si votre engagement a lieu chaque année, l’année suivante, en début d’action, vous pouvez rappeler le résultat de l’année précédente et invitez vos clients à relever le challenge de le dépasser.

Et enfin, remerciez vos équipes et vos clients de leur participation.

 

 

L’équipe Avisé

 

Sources : Ademe, 05/2017

Actu environnement, 31/05/2017

Ministère de la Transition écologique et solidaire

PFCE, 2016

L’usine nouvelle, 06/10/2017

Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, 23/08/2017

Alesiacom, 09/2015

Crédit visuel : Adobe Stock