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La viande bio davantage touchée par les contaminants chimiques

22/05/2017
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Le magazine Process Alimentaire a publié les résultats du projet Someat (Safety of Organic Meat). Il s’agit d’une étude menée par l’ANR (Agence nationale de la recherche), destinée à évaluer la contamination chimique des viandes bio et conventionnelles. Les résultats indiquent que les niveaux de contamination sont bien en dessous des limites réglementaires. Cependant, les viandes bios sont nettement plus exposées que les viandes conventionnelles.

 

Les préoccupations des consommateurs comme point de départ

Le projet Someat a été lancé suite à un rapport publié en 2011, par le conseil scientifique de l’agriculture biologique. Ce document montrait que certains consommateurs se tournaient vers les produits bios car ils souhaitent retrouver moins de contaminants chimiques dans leur nourriture.

Dans le cadre du projet Someat, des échantillons de viandes bovines, porcines et de volailles, provenant de filières bios, conventionnelles et label rouge, ont été analysés. Les tests ont porté sur les substances suivantes :

  • Mycotoxines
  • Eléments traces : plomb, cadmium, mercure, arsenic, cuivre et zinc
  • Polluants organiques persistants : dioxines, PCB et retardateurs de flammes
  • Résidus phytosanitaires

L’objectif était de dresser un état des lieux des connaissances sur les contaminants chimiques issus de l’environnement, pour les différents types de viandes. Les résultats de cette étude ont été révélés le 30 mars, dans les locaux de l’Institut français du porc (Ifip). Ceux-ci ont montré que les niveaux de contamination étaient bien inférieurs aux limites autorisées. Mais paradoxalement, les teneurs en produits chimiques étaient sensiblement plus élevées dans les viandes bios.

 

Les animaux bios plus exposés aux contaminations chimiques

En élevage bio, les animaux sont plus âgés et davantage en extérieur, donc plus exposés aux contaminations issues de l’environnement. Ils ont en outre un poids plus important au moment de l’abattage. Il en résulte un effet d’accumulation, qui implique une quantité plus importante de contaminants chimiques retrouvés dans leurs tissus.

Parmi les substances les plus récurrentes, on retrouve les dioxines, les PCB ou encore les retardateurs de flamme tels que le HBCD. La viande de porc bio, par exemple, présente la teneur la plus significative en PCB.

Enfin, concernant les éléments traces, les antibiotiques et les mycotoxines, les quantités retrouvées sont négligeables. Seule l’ochratoxine A a été décelée dans les foies et muscles de porc.

 

Le projet Someat ouvre alors la réflexion sur les contaminants chimiques dans notre alimentation. Faut-il faire évoluer le cahier des charges pour l’agriculture biologique ? Comment assurer un suivi des contaminants chimiques dans les produits alimentaires ? Telles sont les problématiques qui se posent pour répondre aux préoccupations des consommateurs.

Plus de détails dans le numéro du mois de mai 2017 de Process Alimentaire.

 

L'équipe Avisé

 

Source : Process Alimentaire, 05/2017

Crédit photo : Fotolia

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