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Les brasseries artisanales au coeur du renouveau du marché de la bière

23/10/2015
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La bière bénéficie d’un nouvel engouement depuis quelques années. La filière se remet de l’augmentation des droits d’assise en 2013 et la consommation de bière repart à la hausse en 2014. De nombreuses brasseries artisanales ont vu le jour, notamment en Rhône-Alpes.

Grâce à elles, la bière bénéficie d’une image de produit de terroir, qui est pour beaucoup dans le renouveau de la consommation de bière en France, auprès des hommes... et des femmes. Bières fruitées et bières aromatisées séduisent notamment la clientèle féminine.

 

De plus en plus de consommateurs fréquents ou réguliers

Les Français consomment en moyenne 30 litres de bières par an (données 2009), contre 74 litres en Belgique 105 en Allemagne ou 148 litres en République Tchèque. En 2014, les Français ont consommé 19 956 millions d’hectolitres, soit 2,8 % de plus qu’en 2013. Les ventes ont progressé de 6,4 % en valeur (2,18 milliards d’euros) et de 6,1 % en volume.

Ce chiffre a une connotation d’autant plus positive pour les brasseurs que " les droits d’accises ont augmenté de 160 % (soit une multiplication par 2,6) au 1er janvier 2013. Cela avait entrainné une baisse des volumes consommés de l’ordre de 2,6 %, entre 2012 et 2013, à 19,4 Millions d’HL " selon Les Brasseurs de France.

 

La consommation fréquente de bière augmente : 18 % des Français de 15 ans et plus consomment fréquemment de la bière en 2015, contre 12 % en 2010, d’après une enquête de FranceAgriMer, un service de l’Etat. 5 % des Français consomment de la bière chaque jour ou presque, contre 4 % en 2010.

Les consommateurs fréquents et réguliers de bière en consomment plutôt le weekend que la semaine. L’écart entre les taux de consommation weekend / semaine est toutefois faible.

La part des Français ne consommant pas de bière baisse : ils sont 46 % en 2015, contre 53 % en 2010.

 

Des circuits de distribution qui évoluent

76 % des bières consommées sont vendues via la distribution (grandes et moyennes surfaces, hard discount, magasins de proximité) selon Les Brasseurs de France.

Plus de 75 % des Français déclarent aujourd'hui faire attention à la quantité d'alcool qu'ils consomment. Selon les Brasseries Kronenbourg, leader du segment des bières sans alcool en France, il s'agit d'une tendance de fond.

Les consommateurs préfèrent ainsi acheter leurs bières dans une surface de vente, pour une consommation à domicile, plutôt que de la consommer hors domicile.

Ceci est confirmé par un bilan de la consommation hors domicile du cabinet Nielsen, publié le 8 septembre 2015. Ainsi, " entre janvier et avril 2015, la consommation de bière a baissé de 5 % dans les cafés, bars et restaurants, celles des bières de luxe de 12 % et des bières spéciales de 7 %. " (Enquête Nielsen Panel Views auprès de 9 116 panélistes Nielsen Homescan du 19 au 30 juin 2015)

Pour les microbrasseries, la vente directe sur le site de production, l’ouverture de la brasserie à la visite, la présence lors d’événements locaux sont des canaux de distribution privilégiés. N’oublions pas les cavistes, les épiceries fines et les bars locaux.

 

Une filière qui se réorganise

Le marché est dominé par 3 grands groupes : AB InBev, qui vient de « s’emparer du numéro deux mondial SABMiller », loin devant Heineken et Carlsberg. « A l’issue de l’opération, la nouvelle entité AB InBev / SABMiller devrait contrôler 1/3 du marché mondial de la bière. »

La France compte entre 600 et 700 brasseries, dont 100 seraient en Rhône-Alpes. La France est l’un des pays où la micro-brasserie, affaire de passionnés, est la plus dynamique. " Les brasseries de Rhône-Alpes produisent un volume global de 60 000 hl " (chiffre 2014, source Acteurs de l’économie), vendus principalement en local.

En amont, les lignes bougent également, qu’il s’agisse du malt ou du houblon.

A titre d’exemple, le Brussels Beer Project récupère les invendus de pain d’une chaîne de grande surface. Le pain rassis est transformé en farine, avant d’être mélangé avec de la farine de malt d'orge. Ce projet s'intègre bien dans les politiques actuelles anti-gaspillage.

Depuis 2013, la malterie coopérative et solidaire, Malteurs Echos, installée en Ardèche, propose de l’orge brassicole bio " à partir de céréales locales et pour des brasseurs du Sud-Est ".

L’augmentation du nombre de brasseries pèse sur la production de houblon. Prenant les devants, " Biera, l’association des brasseurs indépendants en Rhône-Alpes, travaille activement à l’organisation et à la construction d’une filière de houblon local, pour alimenter les brasseries de la région. "

En 2016, le directoire de Brasseurs de France devrait accueillir un poste supplémentaire pour un représentant des brasseurs produisant moins de 300 hl /an, d’après les indications Des microbrasseurs de France, sur leur page Facebook, le 13 octobre 2015. Une occasion supplémentaire de faire entendre la voix des brasseries artisanales et de représenter au mieux leurs intérêts !

 

Les clés du succès des brasseurs locaux : l'innovation, la qualité et le marketing.

Cette diversité permet de satisfaire une clientèle de plus en plus curieuse et ouverte à déguster ce type de boissons, s'éloignant ainsi d'une consommation de bière standardisée. L’image plus artisanale de produit de terroir est pour beaucoup dans le renouveau de la consommation de bière en France.

Prix de l’innovation, concours général agricole, concours national de bières, World Beer Awards… sont autant de moyens de valoriser les produits. De nombreuses bières rhônalpines sont régulièrement distinguées.

 

Les bières spéciales et de spécialités, royaume des brasseries artisanales

La France constitue le marché de la bière le plus haut de gamme d'Europe. En 2012, " les bières spéciales et de spécialité ont représentées 53 % des volumes, contre 49,5 % en 2011. A titre de comparaison, la moyenne des pays d'Europe de l'Ouest est à 40 % ! " (Données SymphonyIRI)

Les  " bières à " et les bières aromatisées sont également plébiscitées, même si leur prix de vente est plus élevé que celui des bières classiques. Après la bière aromatisée à la tequila ou à la vodka, la bière rosée est apparue (Hoegaarden Rosée, 1664 Rosé). Pour d’autres bières, châtaigne, nougat, miel, chanvre ou génépi constituent l’ingrédient original.

Cette touche d’originalité prend différentes formes parmi les bières lancées depuis quelques années en France. Citons notamment le pamplemousse rose (La Divine des Brasseurs de Gayant), les fruits rouges et le jus concentré de sureau (La Velours des Brasseurs de Gayant pour Carrefour), les poires (Grimbergen des Brasseries Kronenbourg), le jus de cerise (la Rince Cochon de Difcom, la Cerise de Terre de bières), le jus de raisin (Leffe des Vignes) ou encore les agrumes (la Skoll de Carlsberg).

Les adeptes du bio peuvent désormais consommer des bières bio. Citons par exemple les Bières bio du Mont d’Or, la Brasserie du Pilat, la Bière du Vercors de Biercors, les Brasseurs Savoyards.

Les intolérants ou allergiques au gluten peuvent désormais apprécier une bière sans gluten, telle que la Bon Samaritain de la Brasserie Artésienne, la Jade de la Brasserie Castelain, la Grain d’Orge des Brasseurs de Gayant. Ces 2 derniers brasseurs ont choisi capter le gluten lors de la phase finale du brassage, plutôt que d’utiliser des céréales telles que le quinoa ou le riz, comme le précise le site LSA.

 

La vigilance des Français sur leur consommation d’alcool pourrait profiter aux bières sans alcool et aux panachés, et ainsi redorer l’image de ces produits. Selon Iri, les " bières sans alcool (170 000 hectolitres) représentaient 2 % de la filière brassicole en 2012 et les panachés (350 000 hl) 4 % ". Ce marché compte encore peu de producteurs, dont Brasserie Meteor, Brasserie Saint-Omer, Brasserie Licorne, Brasserie Champigneulles, tous 4 présents en marques de distributeur, Heineken (Buckler) et Brasseries Kronenbourg (gamme Pur Malt et Tourtel Twist).

Lancée en 2015, la Tourtel Twist a fait un carton. " Le segment des bières sans alcool est désormais évalué à 91 millions d’euros et a bondi, depuis le début de l’année, de 20,7 % en valeur et de 11,8 % en volume " (données Iri - Conjoncture et marché au 2 août 2015 dans les hypermarchés, supermarchés, hard-discount et drive).

Les bières sans alcool pourraient aussi séduire les consommateurs ne consommant pas d’alcool, que ce soit par principe ou par conviction religieuse.

 

De plus en plus de consommatrices

Les bières fruitées sont plébiscitées par les femmes. " 68 % des consommatrices recherchent davantage ces bières fruitées, 66 % des bières aromatisées, 62 % des bières faiblement alcoolisées (qui titrent entre 2,5 et 3 %) et 32 % des mélanges de bière en cocktails ", selon un sondage TNS Sofres pour Heineken.

Pour soigner sa clientèle féminine, le site BeerTender livre 5 recommandations :

  • soignez la décoration de son établissement,
  • proposez des offres variées,
  • proposez des formules " dégustations ",
  • dynamisez son point de vente pour favoriser la convivialité,
  • encouragez une consommation responsable.

 

 

Zoom sur...

Bière industrielle, bière artisanale... quelle différence derrière ces appellations ?

Aucune de ces appellations n’a de signification ou de reconnaissance officielle. Il s’agit avant tout d’une différence liée à la méthode de brassage. La mention « bière artisanale » constitue toutefois un argument marketing fort. Et une façon pour les petites marques de se différencier des géants du marché.

 

Bière spéciale, bière de spécialité : quelle différence ?

Selon Les Brasseurs de France, l’usage tend à réserver la dénomination bières spéciales aux bières de densité supérieure à 5°5.

Les bières de spécialité désignent des produits non standardisés caractéristiques d’une région ou d’une brasserie. Ce terme regroupe une grande diversité de bières : bières à fermentation haute, non filtrées, blanches, bières d’abbaye…

 

L'équipe Avisé

Sources : Brasseurs de France, 10/2015

LSA, 28/04/2015

Brasseurs de France

FranceAgriMer, 10/2015. Enquête effectuée en face à face à domicile auprès de 4 030 personnes représentatives de la population française âgée de 15 ans et plus (l’échantillon de l’enquête est construit selon la méthode des quotas)

FranceAgriMer, 11/2012

Les Echos, 14/10/2015

Le Figaro, 29/03/2013. Données SymphonyIRI.

Le Progrès, 18/09/2015

Malteurs Echos, 10/2015

Le Parisien, 08/09/2015

LSA, 01/09/2013

LSA, 09/09/2015

Crédit photo : Pixabay

 

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