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Un nouveau décret pour une nouvelle définition de la bière

Alors que la France a franchi le cap des 1000 brasseries sur son territoire, la législation sur les appellations et les recettes des produits brassicoles change. Le 15 novembre 2016, le gouvernement a publié un décret modificateur du décret du 31 mai 1992. Celui-ci établissait une réglementation sur la composition des bières produites et commercialisées dans l'Hexagone. Le nouveau texte a pour objectif  "d’adapter la réglementation à l’évolution du marché des produits brassicoles marqué par une forte diversification des produits". Il est entré en vigueur dès le 1er janvier 2017.

 

La dénomination "bière" élargie à de nouveaux produits

Le décret du 15 novembre 2016 élargit l’appellation "bière", définie par le décret du 31 mai 1992, à de nouveaux produits. Pour en bénéficier, les brasseurs pouvaient avoir recours, jusqu’à présent, aux produits suivants :

  • Des céréales ou des matières premières issues des céréales
  • Des sucres alimentaires
  • Du houblon et des substances conférant de l’amertume provenant du houblon
  • De l’eau

Désormais, il est aussi possible d’incorporer des ingrédients supplémentaires pour afficher la dénomination de bière, à condition que cela "ne confère pas au produit final de manière perceptible les caractéristiques aromatiques typiques de ces ingrédients" :

  • Des herbes aromatiques
  • Des épices

 

Des "bières à" aux bières de garde

L’appellation "bière à" est aussi élargie. Elle concerne dorénavant les produits brassicoles contenant des ingrédients d’origine végétale, du miel ou d’autres boissons alcoolisées, à condition que l’augmentation du degré d’alcool du produit final ne dépasse pas 0,5 %. Ainsi, les bières contenant du miel ou la Desperado ne sont désormais plus des bières "aromatisées au miel" ou "aromatisée à la téquila",  mais des bières "au miel" et "à la téquila".

Enfin, les mentions bière pur malt et bière de garde font également leur apparition. Cette dernière se caractérise par une garde de plus de 21 jours après sa fermentation primaire. Les deux appellations ne font que consacrer des savoir-faire déjà profondément ancrés.

 

Un décret qui fait débat

L’association des Brasseurs de France, qui représente une centaine de brasseurs et 95 % de la production brassicole française, accueille le décret du 15 novembre 2016 avec enthousiasme. Elle prévoit, dans la foulée, de mettre en place une marque collective de qualité. Celle-ci a pour but de valoriser le savoir-faire brassicole français et les brasseurs qui investissent en France pour produire leurs bières dans le pays. Une façon de les distinguer des produits aux allures locales trompeuses de certaines entreprises du secteur, qui sous-traitent leur production à l’étranger.

Cependant, ce nouveau décret ne fait pas l’unanimité. Il suscite même des débats, notamment du côté du Syndicat national des brasseurs indépendants. Selon Jean-François Drouin, président de cette association professionnelle qui a rassemblé 180 brasseurs (majoritairement des micro-brasseries) en quelques mois d’existence, le texte en question a 10 ans de retard. Il ne ferait qu’officialiser des pratiques largement répandues. Seule la possibilité d’ajouter du miel serait une avancée notable. De plus, M. Drouin estime que l’incorporation d’ingrédients, sous réserve de ne pas apporter leur typicité dans le goût, est une notion très subjective et que la créativité des brasseurs ne saurait être laissée à l’appréciation d’agents de l’Etat.

 

L'équipe Avisé

 

Sources : Happy Beer Time, 22/11/2016

Agro Média, 16/12/2016

Libération, 13/12/2016

Journal officiel de la République française, 17/11/2016

Crédit photo : StockSnap

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