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Marché automobile européen : entre redressement et scandale Volkswagen

21/10/2015
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Pas toujours à la fête ces dernières années, le marché automobile européen se porte bien depuis maintenant plusieurs mois. Au mois d’août (généralement le plus calme de l’année), ce dernier a même enregistré une croissance à deux chiffres, s’élevant à plus de 11 % avec 744 799 véhicules vendus. Ce sont les pays d’Europe du Sud qui ont connu les croissances les plus fortes le mois passé : Espagne (+ 22,3%), Italie (+ 15 %), Royaume-Uni (+ 6,7 %), France (+ 5,9 %) et Allemagne (+ 5,6 %). Bonne nouvelle, les constructeurs français suivent le rythme. PSA Peugeot Citroën a connu une croissance de 10,3 % des voitures vendus au mois d’août pendant que Renault affichait de son côté 9,6 %.

 

Ce renouveau ne semble pas pour autant s’arrêter puisque le marché automobile européen continue sur sa lancée au mois de septembre, avec une hausse des immatriculations de 9,8 %. Sur les 9 premiers mois de l’année, le marché automobile européen enregistre déjà 8,8 % de croissance par rapport à 2014, soit au total 10,41 millions de véhicules neufs mis en circulation. Bien qu’encourageant, ce chiffre montre également que le marché automobile européen a encore de la route à faire pour retrouver son niveau d’avant crise (2007), soit 12 millions de véhicules vendus sur la même période. Contrairement au mois d’août, les constructeurs français ont moins profité de cette embellie puisque PSA et Renault ont chacun enregistré une croissance de 4,9 %.

 

Pas d'effet Volkswagen... pour l'instant ! 

Le mois de septembre a été également celui du scandale Volkswagen. Un scandale qui s’est répercuté sur les marchés boursiers. L’ensemble du secteur automobile en pâti et plus particulièrement Renault et Peugeot qui font partie des plus importants constructeurs de voitures… diesel ! Les équipementiers ont été également touchés. Faurecia, Plastic Omnium ou encore Valeo sont désormais inquiets des commandes auprès de Volkswagen. Néanmoins, aucun effet notoire ont été pour l’instant constaté sur le nombre d’immatriculations du côté de Volkswagen. Même constat chez les équipementiers allemands comme Bosh et Schaeffler qui communiquent publiquement sur l’effet minime du scandale Volkswagen sur leurs commandes. Néanmoins, la frilosité des acheteurs à se tourner vers Volkswagen voir même vers du diesel, devrait commencer se faire ressentir courant novembre.

Bien au-delà de Volkswagen, c’est le marché automobile allemand et plus généralement la « Deutsche qualität » qui risquent d’être chahutés à moyen terme. Les économistes d’Axa Investment Managers ont essayé lors d’une récente étude de mesurer les répercussions du scandale Volkswagen sur l’automobile allemand. Cette dernière présente trois scénarii possibles :

 

  • Premier scenario plutôt optimiste : baisse de 10 % des ventes de Volkswagen sur le marché domestique et étranger, accompagné d’un impact modéré sur l’économie allemande de l’ordre de 0,1 % du PIB (Produit Intérieur Brut). La baisse des ventes chez Volkswagen serait alors compensée par les autres constructeurs allemands.
  • Deuxième scénario considéré comme le plus probable : choc sur l’ensemble de l’industrie automobile (Volkswagen, autres constructeurs, sous-traitants…). Résultat ? Un impact beaucoup plus important avec une perte de 0,4 % de PIB.
  • Troisième scénario plus alarmiste : dégradation de l’image de qualité véhiculée par l’Allemagne de manière globale, se répercutant alors sur d’autres secteurs. Dans ce cas, le PIB subira un recul de 1,1 %.

 

Enfin, ces scénarii ne seront pas sans conséquence pour la France et plus particulièrement pour les équipementiers et sous-traitants français. En effet, la qualité allemande ne se suffit pas à elle-même puisque près d’un quart des pièces utiles à la fabrication des véhicules allemands sont importées. Principaux fournisseurs ? L’Autriche, la République tchèque et surtout la France…

 

Les Allemands plutôt optimistes

Pour le moment, ce scandale n’inquiète guère les Allemands. Selon une étude réalisée auprès de 1 000 personnes, 65 % restent convaincus de la qualité et de la fiabilité des véhicules Volkswagen. Une confiance qui pourrait limiter l’effet prétendu néfaste sur le marché domestique. Dans le même temps, ils sont la même proportion à penser que l’image du « Made in Germany » ne souffrira pas à long terme de cette affaire. 

 

Sources : Boursorama, 16/10/2015

Les Echos, 14/10/2015

Challenges, 16/10/2015

L'Express, 20/10/2015

Le Figaro, 20/10/2015

Capital, 19/10/2015

Comité des Constructeurs Français d'Automobiles, 19/10/2015

Crédit visuel : StockSnap

 

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