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Société française : ubérisation et économie de partage

12/04/2016

Alors que les 10 % de Français privés d’emploi continuent de faire progresser les chiffres du  chômage, le gouvernement s’affaire à trouver de nouvelles solutions pour endiguer la courbe du chômage. Il planche sur la nouvelle loi travail quand d’autres réfléchissent à une autre façon de travailler.

Face aux formes de travail traditionnel portées par le CDI, le CDD ou l’intérim, tout un pan du marché du travail fonctionne aussi par les freelances, les indépendants. Ils n’en sont pas moins compétents, talentueux et utiles aux entreprises.

Dans cette relation de partage de compétences, de client à fournisseur, chacun y trouve son compte, l’un réalisant le service demandé, l’autre réduisant, dans le même temps, ses coûts de main d’œuvre et de fonctionnement.

 

Ubérisation et économie de partage

Pour reprendre le néologisme de Maurice Lévy, Président du groupe Publicis, cette ubérisation du travail s’inscrit dans une nouvelle forme de l’économie, l’économie de partage. Pour se développer, celle-ci s’appuie sur la généralisation du numérique, la prise en compte du besoin de consommer autrement et la mise en exergue de d’autres valeurs. Ce concept à 3 dimensions entraîne nécessairement des changements dans la gestion de l’entreprise.

L’Etat ne peut ignorer que notre société est en mutation et que l’ubérisation n’est pas un épiphénomène. L’ubérisation répond à une adaptation aux conditions de vie actuelles compliquées qui réclament la flexibilité des fournisseurs de services, des prix mieux évalués, davantage de proximité avec les clients.

Les changements portent sur le travailler autrement, par une nouvelle relation entre le fournisseur de compétences et le professionnel, le consommer autrement, le consommateur actif dans sa démarche contourne les canaux traditionnels de vente cherchant à allier juste prix et qualité, le gérer l'entreprise autrement.

 

Désormais bon nombre de secteurs d’activité suivent le chemin de l’ubérisation

Au-delà des secteurs du transport, des taxis en particulier, et de l’hôtellerie, précurseurs en la matière, la banque, la vente, les services (pressing, ménage, livraison, coiffure, esthétique, restauration à domicile…) ont modifiés leur business model et ça marche !

Pour exemple, la coiffure à domicile. Ce sont 90 000 clients, qui ont généré 50 % de croissance, entre 2014 et 2015, avec un chiffre d’affaires de 400 millions d’€/an.

Le soin esthétique à domicile, le coach sportif se rendant chez son client, le professeur de yoga qui dispense son cour sur le lieu de travail sont autant d’exemples qui répondent à un besoin de flexibilité. Le prestataire s’adapte à son client en termes de lieu, d’horaires, de prix et de besoin. En contrepartie il est exempté de location de locaux et ses charges sont réduites.

Quant à la coordination de tout cela, ce sont les plateformes de mises en relation qui se sont approprié le rôle de coordinateur. Elles sont déterminantes pour faire fonctionner le modèle tant au niveau de l’organisation, du choix du prestataire, de la mise en valeur des compétences de ces professionnels et de la confiance à créer entre le client et le professionnel.

L’Etat n’est pas forcément gagnant de ce nouveau mode de travail mais il permet à bon nombre de chercheurs d’emploi d’utiliser, de valoriser leurs compétences tout en se soustrayant au chômage et à son lot de déconvenues.

Mais quid de la protection sociale pour sécuriser davantage les travailleurs indépendants toujours plus nombreux ?

A l’Etat de reconnaître la transition économique et sociale que nous vivons et de moderniser sa vision du monde du travail. Le monde du travail selon les modèles du passé, notamment le 100 % salarié, ne tient plus.

Le collaboratif et l’indépendance sont à inclure dans notre relation au travail. Le soutien des politiques est indispensable pour la construction d’une société incluant l’économie de partage alliée à un monde du travail modifié, remis en cause par le chômage de masse.

 

L'équipe Avisé

 

Sources : LesEchos.fr, 08/04/2016

Entreprendre.fr, 06/04/2016

 

Crédit visuel : Pixabay

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