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TPE et entreprises artisanales face aux questions environnementales

24/12/2015

La COP21 s’est achevée sur un succès, le 11 décembre 2015, grâce à l’accord adopté par 195 pays contre le réchauffement climatique.

Revenons brièvement sur l’objectif global de la COP21 : « bâtir « une alliance de Paris » pour le climat », qui permette de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète en-dessous de 2°C d’ici 2100 et d’adapter nos sociétés aux dérèglements existants ».

 

En quoi les TPE et les entreprises artisanales françaises peuvent-elles se sentir concernées face aux enjeux de préservation de l’environnement, et dans quelle mesure peuvent-elles s’impliquer dans le développement durable ?

A ce jour les 1 100 000 entreprises artisanales que compte le territoire national sont réparties en proportion quasi identique dans des communes de moins de 2000 habitants pour 31 % d’entre elles, dans des agglomérations de moins de 200 000 habitants pour 39 % et  dans des villes de 200 000 habitants pour 30 %.

La diversité des activités artisanales (291 selon la NAFA), leurs dispersions géographiques et leurs tailles laissent à penser que les entreprises artisanales n’ont qu’un faible impact sur la pollution qu’elles peuvent générer. Fausse idée, dès lors que sont comptabilisés collectivement les nombreux produits toxiques qu’elles utilisent dans l’exercice de leurs activités, notamment sur les chantiers, dans les ateliers, dans les établissements. Ces produits se retrouvent dans des secteurs très variés, chez les coiffeurs, dans les pressings, chez les peintres, les maçons, les carrossiers, les casseurs, en imprimerie, en laboratoires photos etc…Certes, il s’agit, bien souvent, de petites quantités utilisées pour chacune d’elles, néanmoins, ces quantités génèrent, au final, de nombreux rejets dont il faut gérer l’élimination.

Compte-tenu de la typologie de ces entreprises, petites tailles, moins de 10 salariés, c’est sur le chef d’entreprise que repose la prise de conscience des problèmes d’environnement et de pollution. A la tête de sa microentreprise ou de sa TPE, le dirigeant est enclin à porter son attention plutôt sur le fonctionnement et la gestion de son entreprise, aux prises avec ses clients, ses fournisseurs, son personnel et sa trésorerie. Moins bien armée qu’une plus grande entreprise en termes de ressources humaines, d’information et d’équipements, les petites structures laissent plus facilement de côté les aspects environnementaux, faute de moyen suffisant en personnel et en ressource technique.

Selon le 60e baromètre des TPE Ifop-Fiducial, du 26 novembre 2015, 52 % des dirigeants de TPE ayant répondu à l’enquête voient les contraintes écologiques comme de nouvelles « contraintes administratives ». Néanmoins, 68 % des chefs d’entreprises considèrent que le domaine de l’environnement peut générer des sources de croissance et une réduction du chômage.

Pour s’en convaincre, 2 chiffres relatifs à l’économie verte :

En 2012, l’économie verte représentait 1 million d’emplois dont 450 000 emplois « verts » qui gravitaient autour des éco-activités.

D’après la définition du CEDEF, l’ « économie verte » est une branche de l’économie qui regroupe des activités moins énergivores, où les procédés mis en place sont moins polluants. Cette économie favorise le développement d’éco-activités qui ont pour vocation de préserver l’environnement et de gérer les ressources naturelles.

Qui dit « économie verte » dit « croissance verte » : une croissance sur le long terme, où l’environnement est préservé grâce à l’implication des entreprises dans une démarche responsable. Les entreprises dont les activités génèrent ainsi moins d’émission de CO2 participent, directement ou indirectement à la protection de l’environnement.

Selon  Legifrance, la croissance verte est une « croissance économique respectueuse de l'environnement naturel, et visant, par des actions ou des innovations spécifiques, à remédier aux atteintes qui lui sont portées ».

A ce jour, il s’agit de faire prendre conscience aux entreprises de l’impact et des effets qu’elles produisent sur nos sociétés. La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est un concept qui a pris naissance dans les années 60, pour véritablement émerger dans les années 1990.

L’INSEE décline dans un lexique les processus qui relèvent du RSE. On y retrouve  l’écolabel, l’écoconception, la GPEC…. A ce jour, seules 23 % des petites entreprises de 10 à 49 salariés se sentent impliquées dans la démarche contre 51 % des entreprises de plus de 50 salariés. Une exception existe néanmoins en matière de gestion des déchets. Là encore, la motivation du chef d’entreprise est fondamentale dans la prise de décision d’adhérer à la démarche et de mieux gérer ses déchets.

 

De l’importance des entreprises artisanales dans les questions environnementales

Les entreprises artisanales, de par leur présence significative sur les territoires et leurs secteurs d’activités, ont un rôle fondamental à jouer dans les changements environnementaux. Elles sont concernées aussi bien par la gestion des déchets, les conditions de production, la fabrication, la construction, les matières premières, l’énergie. Représentant 95 % de l’économie française, elles ne peuvent pas ne pas se sentir concernées par l’économie verte et la croissance verte.

Pour les aider à réduire leur impact sur l’environnement, les entreprises auraient davantage besoin de mesures incitatives adaptées en matière de financement et de fiscalité que d’être soumises à des sanctions. Ce serait le moyen de faire coexister environnement et économie, sans antagonisme.

Toutes les entreprises, quelques que soit leur taille, leur secteur d’activité, sont concernées par les changements environnementaux réclamés par les politiques.

Les atouts des entreprises artisanales, et des TPE dans leur ensemble, sont leur capacité au changement grâce à leur réactivité et leur adaptabilité. Face aux décisions qui viennent d’être prises au niveau international, gageons que les entreprises artisanales et les TPE françaises seront, au niveau national, au premier rang des acteurs des changements environnementaux à venir, tant attendus.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :  COP 21

CNIDEP, 17/12/2015

Netpme.fr, 02/12/2015

Programme des Nations Unies pour l’environnement

CEDEF

Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie

INSEE, 11/2012

L’Opinion.fr, 28/09/2015

LaCaravanedesEntrepreneur.fr, 2013

LesEchos.fr, 07/12/2015

Crédit visuel : Pixabay

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