Avisé, s'informer pour réussir

site d'informations stratégiques
du réseau des chambres de métiers et de l'artisanat d'Auvergne-Rhône-Alpes

Vous êtes ici

Véhicules d’entreprises : le diesel sera de moins en moins rentable

Les effets des particules fines sur la santé et les épisodes de pollutions qui se répètent , le resserrement des taxes  et des normes, les scandales des moteurs truqués,  des moteurs essences de plus en plus performants, tout cela conduit à un rééquilibrage entre l’essence et le diesel sur le marché automobile français.

 

Une perte de vitesse du diesel dans les ventes automobiles

En janvier et février  2017, 47,9 % des voitures neuves vendues sont des diesels ; contre 73 % en 2012 et 77 % en 2008. C’est la première fois en 17 ans que le diesel n’est plus majoritaire.

Les moteurs 100 % essence représentent 46,5 % des ventes, gagnant 14 % en 1 an, alors que les véhicules électriques représentent 1,4 % des ventes et progressent de 37 % en un an.

Il existe évidemment de très grandes différences entre les marchés des particuliers et celui des entreprises. En 2016, seulement 33 % des particuliers ont opté pour un moteur diesel contre 64 % en 2012. Mais il reste largement prédominant dans les entreprises avec 62 % des ventes en janvier 2017, contre 66 % en 2016.

Mais la tendance au détournement du diesel s’installe, et ce n’est probablement que le début.

 

Une série de mesures fiscales et réglementaires visent à un rééquilibrage du parc automobile français

L’écart de fiscalité entre les motorisations diesel et essence va progressivement se resserrer, avec notamment un changement de règles de TVA pour les entreprises. Jusqu’ à présent, alors qu’elles récupéraient 100 % de la TVA sur le carburant de leurs véhicules utilitaires diesel et 80% sur leurs véhicules de tourisme, elles ne récupèreraient rien sur la TVA de l’essence. Depuis le 01/01/2017, elles récupèrent  10% de la TVA sur l’essence sur les véhicules de tourisme. Ce taux va augmenter progressivement : 20 % en 2018, 40 % en 2019, 60 % en 2020 et 80 % en 2021. Pour les utilitaires, la mesure entrera en vigueur en 2018 (20 %) pour atteindre 100 % en 2022.

 

De même, les taxes défavorisent le diesel : début 2017, la TICPE (Taxe intérieure sur la Consommation de produits énergétiques) a baissé de 1 centime sur l’essence alors qu’elle a augmenté de 1 centime sur le diesel. Avec la hausse de la taxe carbone, cela correspond à une hausse totale de 3,9 centimes pour le gazole tandis que l’essencen’a augmenté que de 1,1 centimes.

Ainsi l’écart de prix entre l’essence et le gasoil est en moyenne  aujourd’hui de 15 centimes par litre à la pompe, alors qu’il était de 20  centimes il y  a 3 ans.

A noter  que dans le même sens, depuis 2014, un barème supplémentaire a été mis en place pour le paiement de la Taxe sur les Véhicules de Société (TVS)   afin de prendre en compte les effets des polluants locaux émis en particulier par les moteurs diesel.  Un tarif spécial a été établi en fonction du mode de carburant et l'année de première mise en circulation. Ainsi par exemple, pour un véhicule diesel mis en circulation entre 2006 et 2010,  une taxe supplémentaire de 100€ est à payer, contre 40 euros pour un véhicule essence.

 

Depuis début 2017, le certificat qualité de l’air,  un autocollant sécurisé, indique la classe environnementale du véhicule en fonction de ses émissions de polluants atmosphériques. L’objectif est de favoriser les véhicules les moins polluants en leur offrant des conditions de circulations privilégiées, des modalités de stationnement favorables  et surtout la possibilité de circuler dans les zones à circulation restreinte (ZCR) ou en cas de pic de pollution.

Ces vignettes sont évidemment mois favorables au moteur diesel, en lien avec ses émissions de particules fines et d’oxyde d’azote. Par exemple, pour un véhicule immatriculé après 2011, un moteur essence bénéfice d‘une vignette 1 alors qu’un diesel d’une vignette 2.

Pour plus d’information sur le certificat Crit’Air, pour connaître le classement de votre véhicule et faire une demande d’autocollant, consultez le site du ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer : https://www.certificat-air.gouv.fr/fr

 

L’ensemble de ces  mesures incitatives vont désormais pousser les entreprises à réfléchir en termes d’usage et non plus seulement en termes de fiscalité. Un véhicule diesel sera progressivement de moins en moins rentable pour un entreprise, avec de plus des perspectives de revente qui seront moins faciles qu’auparavant. Certains experts prédisent que le diesel ne sera bientôt plus rentable que pour les véhicules roulant plus de 30 000 kilomètres par an, pour les modèles réputés lourds, tels que les SUV, ou encore pour les camions.

 

L'équipe Avisé

 

Sources : La tribune, 02/01/2017

La Croix, 01/02/2017

Le Point, 02/02/2017

AutoPlus, 03/03/2017

Observatoire du véhicule d’entreprise, 21/12/2016

https://www.certificat-air.gouv.fr/fr

Crédit photo : Pixabay