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Bière : un marché en pleine effervescence

21/08/2019

Le marché français de la bière confirme son dynamisme. La filière est créatrice d’emplois partout en France, des matières premières au produit fini, mais reste très exposée par un taux d’investissement très élevé et de nombreuses brasseries encore loin de leur seuil de rentabilité, considère l’Association des brasseurs de France.

 

Des investissements assez importants

Les investissements initiaux pour ouvrir une micro brasserie sont assez importants. Outre le local, il faudra investir dans le matériel nécessaire à la production et au stockage de la bière. Le coût dépendra du volume de production souhaité, pour une petite production (quelques hectolitres par an) on trouve des kit clés en main autour de 30 000 €. Pour une production plus importante les prix grimpent assez vite. Un investissement de 150 000 € sera nécessaire pour produire un peu plus de 200 hectolitres par an. Il faudra également probablement investir dans un camion pour effectuer les livraisons, et constituer un stock initial (céréales, bouteilles, futs).

Selon le Syndicat national des brasseurs indépendants (SNBI), qui regroupe plus de 400 brasseurs, les bières artisanales représentent désormais 7 à 8 % du marché, mais il faut encore les aider à grandir. Selon Brasseurs de France, 65 % des entreprises n’atteignent en effet pas encore leur seuil de rentabilité (300 hectolitres par an).

Les artisans ont le vent en poupe

La tendance semble profiter particulièrement aux bières artisanales dont les ventes pourraient doubler entre 2016 et 2020. Ce marché a représenté plus de 300 millions d’euros en 2018 et devrait encore gagner 20 % pour atteindre 440 millions d’euros en 2020 soit 7 % du total des bières. Le total des ventes en grande et moyenne distribution bat des records à 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Il s’ouvre actuellement en France une brasserie tous les jours. On en a dénombré 1 600 sur tout le territoire en 2018. La tendance est particulièrement marquée en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bretagne et dans les Hauts de France.

 

Une filière qui s'organise

Le regain des brasseries artisanales conduit la filière à s’organiser : on compte actuellement 200 projets de houblonnières à l’étude et 7 malteries pourraient s’ajouter aux 21 déjà existantes. À savoir que dans ce domaine le maillage territorial va s’imposer alors que, pour l’heure, 80 % de la production actuelle de houblon se fait en Alsace. Mais les clients des brasseries artisanales sont demandeurs d’ultra-local.

La France au 3ème rang

La France est le 3ème pays européen en nombre de brasseries et le 8ème pays producteur de bières en Europe. On notera aussi que 70 % des bières consommées dans l'Hexagone sont produites en France. Les brasseries françaises représentent quelque 10 000 références de bières différentes et environ 7 094 emplois directs pour 3,9 millards de chiffres d’affaires. La filière investit un peu plus de 190 millions d’euros par an dans la modernisation des outils de production et dans les actions de valorisation pour l’environnement.

biere-infographie

Source: Avisé

 

Hausse des volumes sous le soleil

Le marché global 2018 affiche une hausse de + 4,2 % en volume, + 5 % en alimentaire et + 1,8 % en cafés-restaurants, pour une consommation totale d’un peu plus de 23,5 Millions d’hectolitres en 2018, grâce à un renouvellement de l’offre  et une année très ensoleillée. Le marché s’est montré dynamique en grande distribution comme dans le circuit café, hôtel et restaurant.
Le marché est porté depuis plusieurs années par les bières premium, spéciales et spécialités, qui représentent désormais plus des 2/3 des volumes de ce circuit. Un secteur également soutenu par les innovations des marques leaders, les bières artisanales régionales, et les bières aromatisées notamment aux fruits. À noter, le redéploiement du segment des bières sans alcool, avec de nombreuses nouvelles références, qui contribuent à une croissance de 30 % de ce marché.

Une croissance portée par la diversification

Cette croissance est due principalement à une météo exceptionnelle et à une diversité de l’offre. Il existe aujourd’hui des brasseries partout en France qui, outre les berceaux historiques du Nord et de l’Est, développent partout  des spécialités régionales : bières à la rose, aux myrtilles selon les régions, à la chicorée dans le Nord, au blé noir en Bretagne, aux marrons en Ardèche…

 

Une filière en plein essor

La brasserie recrute : 18,8 % des emplois de l’agro-alimentaire en 2018 ont été créés par la brasserie française. Près de 600 nouveaux emplois ont été créés au cours de l’année. Désormais, on compte plus de 1 600 établissements pour un total de 7 094 emplois directs, principalement des TPE et de PME (99 %) réparties sur tout le territoire.

Avec 128 481 emplois directs et indirects, la filière compte 17 emplois indirects pour un emploi direct, ce qui représente un des ratios les plus élevés du secteur agro-alimentaire.

La France consomme davantage mais moins que ses voisins européens

La consommation de bière a augmenté passant de 30 litres en 2015 à 32 litres par an et par habitant en 2018, selon une étude réalisée par le cabinet Xerfi. Reste que c’est encore beaucoup moins que la consommation moyenne en Europe, qui s’établit à 70 litres (contre 143 litres en République tchèque ou 106 litres en Allemagne). « La France est encore en bas du classement mais les habitudes changent », relève encore le syndicat professionnel.

 

Prochain défi : produire davantage en bio

Son prochain défi sera de produire davantage en bio. Si l’essentiel de la bière repose sur le savoir-faire du brasseur et de l’eau, la matière première va devenir de plus en plus déterminante. Pour l’heure, les 80 houblonnières françaises ne produisent que 500 hectares alors qu’il en faudrait 800. En bio, la France est le premier brasseur bio d’Europe, avec à peine 47 hectares. Selon le Syndicat national des brasseurs indépendants, même les brasseurs qui revendiquent une étiquette artisanale, doivent se fournir à l’étranger.

Orge et malt français

Il convient de souligner que la France figure parmi les premiers pays producteurs d’orge de brasserie et de malt du monde et que les brasseurs français se fournissent quasi exclusivement en malt français.

 

 

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L’équipe Avisé

 

Sources :

Les Echos

Usine Nouvelle

Les Echos

Association des Brasseurs de France

 

Crédit photo : Pixabay