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Brasserie artisanale : un code des usages en gestation

13/04/2017
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Le Syndicat National des Brasseurs Indépendants (SNBI) a annoncé, le 27 mars 2017, la préparation d’un code des usages destiné aux brasseurs. Le projet a pour objectif d’aboutir à un document adapté aux standards actuels de la profession. Cela n’est pas sans lien avec le "décret bière" auquel nous avons consacré un précédent article.

 

Mettre en avant les savoir-faire et libérer les énergies

Le SNBI s’est inspiré d’initiatives similaires dans d’autres domaines, comme la charcuterie ou la viennoiserie artisanale, pour proposer un code des usages qui colle aux réalités pratiques de la brasserie artisanale, en plein boom ces dernières années. Il s’agit de mettre au point un texte de référence, reconnu par l’administration, qui aura pour fonction de définir les méthodes de production, les appellations et les styles de bières. Le jeune syndicat souhaite ainsi mettre en avant les savoir-faire et libérer la créativité des brasseurs indépendants.

Afin d’élaborer son code des usages, le SNBI prévoit de travailler avec les brasseurs, des experts réglementaires et des spécialistes du secteur, en lien étroit avec la DGCCRF. La démarche a notamment pour but le dépassement du décret du 15 novembre 2016 modifiant la dénomination de "bière".

 

Lever l’ambiguïté

En effet, la SNBI entend bien profiter de ce code des usages pour lever l’ambiguïté au sujet de la possibilité d’incorporer des ingrédients supplémentaires dans une bière, « sous réserve de ne pas apporter leur typicité dans le goût du produit final ». Ce point constitue d’ailleurs une pierre d’achoppement avec l’Association des Brasseurs de France, le syndicat majoritaire qui représente – entre autres – les poids lourds de l’industrie brassicole. Celui-ci voyait dans le "décret bière" une avancée.

Le code des usages pour les brasseurs n’est-il pas une occasion, pour le SNBI, de s’affirmer face à Brasseurs de France, acteur hégémonique du secteur ? Pour rappel, le SNBI fut créé en juin 2016, en raison de la déception de nombreux brasseurs indépendants, qui ne se sentaient plus représentés par le syndicat historique. Ils lui reprochaient, par exemple, sa logique jugée capitalistique et de favoriser les géants de l’industrie de la bière. Aujourd’hui, leur nouveau syndicat, plus proche des intérêts des petits et micro-brasseurs, compte plus de 1 000 membres. Quant à Brasseurs de France, l’association représente 88 adhérents, dont 17 en Auvergne-Rhône-Alpes, mais pèse 95 % de la production annuelle française, grâce à des mastodontes comme Heineken ou Kronenbourg.

Les brasseurs indépendants s’inquiètent des rachats successifs de brasseries artisanales par des multinationales de la bière aux Etats-Unis. Force est de constater que, outre-Atlantique, l’explosion des petites brasseries représente une menace pour les grands groupes. Pascal Chèvremont, délégué général de l’Association des Brasseurs de France, voit plutôt dans l’essor des brasseries de terroir un facteur d’innovation. A ce propos, le SNBI, avec son code des usages en préparation, compte libéraliser le secteur et stimuler la créativité. Encore faut-il que le texte soit validé par le législateur.

 

L'équipe Avisé

 

Sources : SNBI, 27/03/2017

Rue89Lyon, 03/04/2017

Crédit photo : StockSnap