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Coronavirus : les fromagers passent à l’offensive

Face à la chute de consommation de fromages liée à la crise du COVID-19, la filière laitière se réorganise pour soutenir ses acteurs les plus touchés et réorienter les marchés. Elle lance une campagne dénommée « Fromagissons », déclinable en magasin , en drive en opérations événementielles soutenue par les fromagers.

 

La campagne « Fromagissons » s’adresse directement aux consommateurs pour les encourager à manger du fromage en solidarité avec les producteurs. Elle propose des outils réfléchis et appropriables par tous les acteurs de la filière : éleveurs, coopératives, industriels, distributeurs, fromagers…

Elle s’appuie sur des acteurs nationaux et régionaux en soutien de toutes les initiatives locales. L’objectif étant d’encourager la consommation de fromages de tradition boudés par les consommateurs depuis le début du confinement, et éviter au maximum les stocks dans les laiteries.

 

Des produits de base privilégiés

Les achats de produits laitiers des ménages en libre-service ont bondi sur les premières semaines du confinement, en particulier pour le lait, le beurre, la crème et les fromages ingrédients. Ils privilégient des produits de base et boudent d’autres catégories de produits tels que les fromages de tradition industriels, fermiers et sous signes de qualité comme la BIO et notamment les AOP, IGP. Pour ces derniers la baisse peut atteindre 60% chiffre d’affaires.

Ce changement de consommation brusque, affecte diversement les différents circuits de vente des produits laitiers. D’un côté, les laiteries qui produisent pour la grande distribution tournent à plein régime pour répondre à une demande en forte hausse sur certains produits. De l’autre, les ventes à la restauration et à l’export sont très réduites ce qui implique de stocker les produits qui peuvent l’être, dans la limite des capacités de stockage disponibles, et d’interrompre certaines fabrications. Un nombre important de producteurs et d’entreprises de transformation - notamment PME et TPE - voient leur situation se détériorer.

 

Fromagers : une situation hétérogène

De leur côté les fromagers, rassemblés au sein du syndicat professionnel Fromagers de France, connaissent une situation assez hétérogène selon les professionnels. « C’est beaucoup plus difficile pour les fromagers qui exercent leur activité sur les marchés : seuls 30% des marchés ont réouvert et ce sont principalement des petits marchés qui n’assurent pas une rotation suffisante des stocks des fromagers » explique David Bazergue, délégué général de Fromagers de France.

En magasin, la situation est plus diversifiée mais une baisse moyenne de 20% du chiffre d’affaires est attendue pour le mois d’avril. « De nombreux professionnels ont constaté une forte modification de la consommation et se sont adaptés en proposant de nouveaux services tels que le click and collect ou la livraison, ce qui a permis de compenser un peu le recul des ventes. »

 

Source: Fromagers de France

 

Réinventer une façon de travailler

Depuis le début du confinement, les habitudes de consommation de fromages sont complètement différentes, avec beaucoup moins d’aliments « plaisir » tels que les fromages de tradition. C’est pourquoi Fromagers de France s’est associé à la campagne « Fromagissons ». Le réseau représente en effet 10 à 15% de part de marché pour les fromages traditionnels.

« Il va falloir réinventer une façon de travailler avec les consommateurs, les nouveaux modes de fonctionnement vont perdurer après la crise. Nous tablons sur le fait que les Français auront à nouveau envie de consommer des fromages qui ont du goût », considère David Bazergue.

Une enquête a été réalisée avec la CGAD sur l’impact économique dans les commerces de proximité à laquelle ont participé 91 fromagers. Il ressort de cette étude que:

  • ¼ des entreprises ont une activité non sédentaire, beaucoup de marchés n’ont pas pu se tenir ;
  • 83% des entreprises de l’artisanat et du commerce sont restées ouvertes pendant la première période de confinement ;
  • 80% des entreprises estiment leur activité en baisse ;
  • 38% des entreprises estiment leur perte de chiffre d’affaires mensuel en mars de 40 à 60 %, 26% l’évaluent entre 20 et 40%, 18% à plus de 70 %.

Pour rappel, Fromagers de France regroupe 3200 crémiers fromagers dont 50% sont des femmes. Parmi ces entreprises, 94% emploient du personnel en CDI. Le réseau représente un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros, réalisé à 45% sur les marchés et 55% en magasins. La région Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième après l’Ile-de-France en termes de consommation, se classe en tête en termes de diversité de produits.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

presse.filiere-laitiere.fr

lesechos.fr

 

Crédit photo :  Filière laitière