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La consommation de viande se maintient mais évolue

25/11/2019

Une étude de FranceAgriMer, réalisée sur la base de données Kantar pour la consommation à domicile et Gira pour la restauration hors foyer, passe au crible la consommation des Français depuis 10 ans.

 

Ils ont consommé en moyenne 85 kilos par tête en 2018, soit la même quantité qu’en 2007 mais les viandes consommées ont changé. Le bœuf a cédé le pas à la volaille passée en 12 ans de 23 à 30 kilos par personne. La portion du bœuf a chuté de 12 % depuis 2007 pour représenter 23 kilos. Le porc recule de 7 % dans la même période mais conserve la première place avec 32 kilos par personne et par an.

 

 

Les raisons d’un recul du boeuf

Plusieurs raisons expliquent la rétrogradation du bœuf, très affecté depuis trente ans par la crise de la vache folle, les études médicales sur la tension ou le cholestérol, le lien avec certains cancers, les programmes nutritionnels qui conduisent à manger plus de légumes au détriment de la viande rouge. Le prix des produits joue aussi son rôle au détriment du bœuf et en faveur de la volaille. Enfin, interviennent aussi les changements d’habitudes culinaires.

 

Plusieurs circuits de distribution

Globalement, la restauration apparaît pour sa part comme un refuge pour la consommation de viande, la baisse de la consommation de viande concernant avant tout les grandes surfaces. Les Français veulent en manger moins mais mieux, suivant là la tendance générale au flexitarisme.

Selon une estimation réalisée entre 2015 et 2017 par FranceAgriMer, le détail des dépenses par circuit de distribution pour les grandes catégories de produits carnés met en évidence la part assez importante des circuits spécialisés pour les achats de viandes de boucherie fraîches. Les boucheries traditionnelles sont le second lieu de dépenses des ménages après les hypermarchés pour cette catégorie de produits. Pour les autres produits carnés, les hypermarchés et les supermarchés incluant les enseignes de proximité priment devant les commerces traditionnels tels que les charcutiers traditionnels.

 

 

Essor des burgers

Les Français ont par ailleurs modifié leurs lieux de consommation : ils déjeunent de plus en plus à la cantine, à la boulangerie ou dans les chaînes de restauration rapide.

Selon le groupe d’études NPD, le segment des « fastfood burgers » devrait croître de 4,6 % en 2019 (sur place, à emporter ou en livraison) contre + 2,7 % en 2018, année marquée par la grève dans les transports et la crise des « gilets jaunes », et + 3,9 % en 2017. NPD  table même sur un rythme de progression encore plus important dans les années à venir, en raison de la multiplication des points de vente, l’engouement des jeunes consommateurs, l’essor de la livraison à domicile ou encore l’arrivée de nouvelles enseignes au positionnement « premium » telles que Bioburger et Carl’s Jr.

 

La viande bio a toujours du succès

Selon la dernière enquête réalisée par l’Ifop pour Interbev, le succès de la viande bio ne se dément pas. 72 % des consommateurs de viande bio déclarent manger de la viande bio au moins occasionnellement. Ils étaient 74 % en 2018 et 71 % en 2017. Cette stabilité confirme ainsi l’intérêt des Français pour la viande bio. Parmi eux, 4 % mangent uniquement de la viande bio (ils n’étaient que 2 % en 2017) et 23 % dès qu’ils en trouvent (ils étaient 21 % en 2017).

Depuis 2015 (lancement de l’enquête annuelle), les grandes tendances observées se confirment : la consommation de viande bio a nettement progressé mais se stabilise sur les trois dernières années, révélant que le phénomène atteint un certain degré de maturité. Les Français en ont une image très positive et sont seulement soucieux d’en trouver davantage.

Plusieurs raisons les poussent à consommer de la viande bio : elle provient d’élevages respectueux du bien-être animal (46 %) ; elle est bénéfique pour la santé (38 %) ; elle est mieux contrôlée sur le plan sanitaire (29 %) ; elle est plus goûteuse (26 %) ; elle est source de bénéfices environnementaux (24 %), elle assure de meilleurs revenus aux éleveurs (21 %) ; sa consommation constitue un acte citoyen (9 %).

Côté prix, 56% des répondants et 62% de ceux qui consomment de la viande bio estiment qu’il est justifié de payer plus cher une viande en version bio.

L’enquête a été réalisée en août 2019 auprès d’un échantillon de 1 007 personnes.

 

Lire aussi : Substituts de viande : une tendance qui arrive en France

Lire aussi : Les attitudes et tendances alimentaires des Français

Lire aussi : Bio : un succès qui ne se dément pas

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

lesechos.fr

npdgroup.fr

franceagrimer.fr

La Boucherie Française n°839 Novembre 2019

 

Crédit photo : Pixabay