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Le marché du bio progresse encore en 2020

Le bio s’est imposé en 2020 comme un acteur de la souveraineté alimentaire. Le marché du bio a franchi pour la première fois le cap des 13 milliards d’euros, avec une consommation qui a doublé en cinq ans. Cela représente une croissance de + 10,4% depuis 2019. Les artisans-commerçants affichent une part de marché de 10,8% soit un chiffre d’affaires de 747 millions d’euros, en progression de 11,3%.

 

Doublement en cinq ans

« Le contexte sanitaire a placé les enjeux de santé au premier plan des attentes alimentaires des consommateurs français et la crise a galvanisé les intentions de consommation plus vertueuses préexistantes » constate l’Agence Bio dans son analyse annuelle consacrée aux chiffres 2020 du secteur bio.

Le marché a progressé de 1,3 milliard d’euros dépassant pour la première fois les 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en croissance de 10,4%, pour atteindre exactement 13,2 milliards. Il a ainsi presque doublé en cinq ans.

 

 

Selon l’Insee, la consommation globale des ménages est repartie à la hausse après deux années de régression avec un taux de croissance de seulement 3,4%. Avec une progression de 12,2% depuis 2019, le bio est nettement plus dynamique : il contribue à lui seul à 21% de la croissance alimentaire globale. La consommation à domicile de produits bio atteint 188 euros par an et par habitant en moyenne, soit près de 6,5% de la dépense alimentaire des ménages.

 

Une croissance homogène

Une croissance homogène est constatée dans tous les circuits de distribution : elle oscille entre + 11,3% pour les artisans-commerçants et + 13,1% pour la distribution spécialisée bio.

Le chiffre d’affaires réalisé par les artisans-commerçants a atteint 747 millions d’euros, soit une part de marché de 10,8%. Mais la distribution généraliste représente toujours l’essentiel des ventes avec 54,7% de part de marché à hauteur de 6,9 milliards d’euros.

Selon l’IRI, les ventes de produits alimentaires dans le commerce traditionnel (boulangers, primeurs, boucheries) ont progressé de + 13% en 2020 soit le triple de leur croissance par rapport à 2019. En plein confinement, l’argument de la proximité a joué à plein dans la dynamique du marché. Pour les produits bio, le circuit des artisans-commerçants a conservé son taux de croissance de 2019, déjà jugé remarquable par l’Agence Bio, soit +11%.

 

 

Des produits qui ont du succès

En 2020, les ventes de produits bruts - fruits et légumes frais, crèmerie, viandes, mer, traiteur, surgelé, boulangerie- représentent plus de la moitié, soit 56% du marché bio de détail. Les produits transformés, comme en 2019, progressent davantage : ils profitent de l’engagement des filières pour un approvisionnement responsable et une fabrication française.

 

 

Les ventes de bières bio ont connu une belle progression de +33% par rapport à 2019, poursuivant la dynamique enclenchée. Ce qui est la preuve du succès rencontré par les microbrasseries bio, et de la vente locale. Et dans une moindre mesure du déploiement des gammes bio des marques nationales.

De même pour le deuxième exercice consécutif, les surgelés bio enregistrent une forte croissance de +30% en un an, dans les réseaux spécialisés grand froid comme dans la distribution généraliste. Ils ont bénéficié de l’engouement généralisé pour les surgelés en 2020, lié à la conservation longue durée et à la praticité à l’heure du confinement et du télétravail. Les produits surgelés sucrés (glaces, sorbets…) ont rencontré plus de succès encore que les produits salés.

A noter encore que les achats de produits d’épicerie bio ont connu une croissance supérieure à l’ensemble du segment (+ 17% par rapport à 2019. L’épicerie salée (+19%), a connu un pic d’activité avec des produits de base de longue conservation (huiles, sauces tomate, semoule, céréales, riz) tandis que l’épicerie sucrée (+16%) a performé avec les produits du petit-déjeuner (café, thé, infusions, chocolat, céréales, biscottes, sucres et édulcorants) et les ventes de farines bio.

 

Importations restées stables

Malgré la hausse de la demande, le taux d’importation des produits bio est resté stable en 2020 à 33,5% (contre 33,1% un an plus tôt) représentant un montant global de 2,83 milliards d’euros. Ce taux descend à 20,9% sans les produits tropicaux dont la production en France métropolitaine est très limitée voire impossible, et à 19,8% si on enlève également le sucre.

Cette stabilité confirme le renforcement de la production bio nationale, l’engagement des producteurs français et la mise en œuvre de filières d’approvisionnement et de transformation 100% françaises.

 

 

Les exportations ont pour leur part progressé de +7,5% en valeur et ont atteint 887 millions d’euros en 2020. Les vins représentent plus de la moitié de la valeur exportée, un quart provient de l’épicerie. Le dernier quart est porté par certains fruits (pommes, noix), la volaille, le lait et le fromage.

Le bio continue donc de séduire. La dynamique de conversion se poursuit, avec le cap des 50 000 exploitations aujourd’hui engagées en bio, largement franchi : on dénombre désormais 53 255 fermes bio au 1er janvier 2021, soit + 13% en un an. Ce qui représente 11,77% des exploitations agricoles françaises.

Par ailleurs, on recense, 25 763 entreprises de l’aval (acteurs bio de la transformation industrielle et artisanale, conditionneurs, stockeurs et opérateurs du commerce bio de gros et de détail) engagées en bio.

 

Un secteur créateur d’emplois

Le secteur du bio, avec plus de 200 000 professionnels en France (+12% en un an) demeure créateur d’emplois, dont le nombre a été multiplié par 6 depuis 2016. Ils se répartissent au sein de différentes filières :

  • 128 300 emplois directs dans les fermes
  • 26 600 emplois directs dans la transformation de produits bio
  • 43 200 emplois directs dans la distribution de produits bio
  • Environ 2300 emplois directs dans les activités de service

 

Aujourd’hui, près d’un hectare sur 10 est cultivé en bio. Par ailleurs, on comptabilise 17 204 éleveurs bio en 2020. Mais l’élevage bio est particulièrement exigeant : il implique notamment la production de l’aliment des animaux sur l’exploitation.

 

Sur tout le territoire

La dynamique de développement des surfaces cultivées en bio se confirme en 2020 sur tout le territoire, y compris en Outre-mer. La part des surfaces en bio approche le tiers en PACA, le cinquième en Occitanie (18%), 18% en Corse et dépasse désormais les 10% en Auvergne-Rhône-Alpes, dans les Pays-de-la-Loire et en Guyane.

Par ailleurs, la région Auvergne-Rhône-Alpes compte 3470 entreprises engagées en bio, la plus forte proportion en France, devançant l’Ile-de-France (3281), l’Occitanie (3064), la Nouvelle-Aquitaine (2903) et PACA (2452).

 

La France dans le peloton de tête européen

En 2019, les consommateurs européens ont dépensé 45,2 milliards d’euros en produits bio (+ 10,3% par rapport à 2018) et selon l’estimation de l’Agence Bio, ce montant dépasserait les 48 milliards en 2020. Cette nouvelle hausse confirme une tendance de fond observée depuis quelques années : en 10 ans, le marché bio européen a plus que doublé (il a été multiplié par 2,6 depuis 2009).

La France et l’Allemagne ont représenté à elles seules plus de 53% du marché du bio européen en 2020. L’Italie se classe au 3e rang avec un marché bio de près de 4,36 milliards d’euros en 2020, en hausse de + 6,6% en un an. Elle est suivie par le Royaume-Uni à 2,91 milliards d’euros (+12,6% par rapport à 2019 et la Suède, qui a 2,76 milliards d’euros, est le seul pays du Top 5 ayant enregistré une baisse.

 

 

Enfin, hors de l’Europe, le marché bio américain (alimentaire et non alimentaire) a atteint 61,9 milliards de dollars (soit 50,44 milliards d’euros), enregistrant ainsi un record. La hausse a été de 12,4% par rapport à 2019, avec un rythme de croissance qui a plus que doublé en un an.

Le marché alimentaire bio aux Etats-Unis s’est accru de 12,8% en une année et s’élève à 46,04 milliards d’euros. Près de 6% des aliments vendus en 2020 sont bio. Le maintien à domicile et la crise sanitaire ont incité les Américains à consommer plus de produits sains.

 

 

Une même tendance en 2021

« Au cours des cinq premiers mois de 2021, les enregistrements effectués auprès de l’Agence Bio confirment la tendance 2020 avec une belle dynamique de croissance de l’agriculture biologique sur les territoires » relève l’organisme. Quelque 4647 nouvelles exploitations se sont engagées en bio (contre 4392 en 2020 sur la même période).

Le début de l’année 2021 est aussi caractérisée par la certification d’un grand nombre de distributeurs : plus de 1140, notamment des détaillants de fruits et légumes et les grandes enseignes, préparent en effet le lancement de rayon de vrac bio pour répondre à l’interdiction du suremballage plastique des fruits et légumes frais de moins de 1,5 kg, à compter du 1er janvier 2022.

 

L’équipe Avisé

Sources :

lesechos.fr

lsa-conso.fr

agencebio.org

 

Crédit photo : Pixabay