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Le végétal en vedette

La France ne manque pas d’atouts en matière de végétal avec une filière qui s’organise autour des agro-industriels, des coopératives agricoles et des acteurs de la foodscience (laboratoires ou plateformes d’innovation dédiées aux protéines végétales).

 

Croissance de 5,5%  par an

Les efforts des pouvoirs publics pour structurer la filière semblent porter leurs fruits sur un marché dont la croissance est estimée à 5,5 % par an en moyenne d’ici 2020.

Les spécialistes de la nutrition spécialisée de même que les industriels sont toujours plus nombreux à recourir aux matières protéiques végétales (MPV) face aux nouveaux modes de consommation (végétarisme, véganisme, flexitarisme) relève ainsi Xerfi dans une étude  intitulée « La filière française des protéines végétales. Panorama et axes de développement des acteurs, perspective du marché à l’horizon 2020 ».

 

Structurer la filière

La production peu à peu s’organise et s’industrialise avec la mise au point de nouveaux procédés voire de nouvelles applications (parfois même non alimentaires). L’objectif est de structurer la filière pour renforcer l’indépendance protéique de la France d’où le lancement du plan protéines végétales 2014-2020 qui a pour but de développer la filière légumineuse et de sécuriser les débouchés.

Les protéines de soja, de colza, de pois et d’algues occupent en effet une place croissante dans les rayons : biscuits, pâtisseries, produits de boulangerie, plats préparés, analogues de viande, boissons végétales prennent de plus en plus d’espace. Près de 4400 produits à base de MPV sont aujourd’hui commercialisés en France contre 1200 seulement en 2009, indique le Groupe d’étude et de promotion des protéines végétales (GEPV).

 

Manger sain et gourmand

Des pâtes de légumes ou des haricots blancs pour remplacer les œufs, des pois chiches à la place de la viande, le manger sain s’impose dans les assiettes, comme l’ont révélé les dernières tendances enregistrées au Salon international de l’agroalimentaire (SIAL). Des startups de la foodtech proposent aux consommateurs des pois chiche grillés pour l’apéritif ou des steaks végétaux. Les industriels s’y mettent aussi tels que Bonduelle qui a créé des pâtes aux haricots rouges ou Maison Rivière qui prépare l’élaboration d’une recette de cassoulet végétal. Selon le directeur du pôle de compétitivité Vitagora, Christophe Breuillet, « les entreprises proposent des solutions pour manger sain et gourmand alliant plaisir gustatif, souci de l’environnement et de la santé ».

 

Opportunités pour les TPE et PME

Une réorganisation en profondeur du marché français est en cours, qui permettrait de rééquilibrer les forces en donnant plus d’importance aux 98% de TPE et PME qui le composent face à quelques grands groupes. « Une mutation qui offre un boulevard pour les petites entreprises françaises innovantes » considère Xavier Tierlet du cabinet de conseil XTC World Innovation.

Lors de la dernière édition du SIAL, le végétal a trouvé toute sa place, « avec une véritable frénésie d’innovation », constate encore Xavier Tierlet. Depuis deux ans, le phénomène s’est fortement accéléré avec une offre qui ne s’adresse plus seulement aux végétariens mais aussi aux flexitariens, lesquels consomment viande et poisson, mais plus rarement.

L’offre comporte une dimension plaisir et pratique qu’elle n’avait pas auparavant. On peut citer en exemple les nombreuses gammes de préparation à base de légumineuses que l’on trouve dans les rayons des commerces alimentaires , ou les produits ultra-frais à base de lait végétal (soja, amande, noisette, coco).

 

Tout le monde impliqué

Selon l’étude Food 360 présentée au SIAL, 38 % des consommateurs français croient avant tout à l’action des éleveurs et des agriculteurs pour une alimentation de qualité et bonne pour la santé. Les commerçants-artisans sont cités par 29 % des consommateurs, les PME de l’agroalimentaire par 26%  d’entre eux et les grands groupes par 20 %. Tout le monde est donc impliqué.

 

Source d’innovation

Le végétal est une forte source d’innovation. Certains ingrédients bénéficient déjà d’une bonne cote de popularité auprès des consommateurs, tels que l’amande présente dans les substituts de produits laitiers, les desserts, et boissons. C’est un vrai concurrent du soja qui n’est pas suspectée d’OGM. Autre ingrédient qui connaît un franc succès : le chia, utilisé notamment pour les boissons et les desserts. Trempé dans un liquide, il dispose d’une enveloppe gélatineuse qui a également un effet coupe-faim en plus d’un effet en bouche surprenant. Autre tendance, le chanvre dont la teneur en protéines, en fibres et en omega 3 constitue le principal atout. Les graines sont employées décortiquées en inclusions, en farines protéinées ou sous forme de jus.

 

Succès des légumineuses

Autre vedette, le thé matcha dont la poudre est utilisée dans les boissons, les cakes, les biscuits, les chocolats et les desserts. Enfin, le pois chiche est une des légumineuses les plus utilisées dans les analogues de viandes et les produits végétariens. Il est neutre en couleur et n’a pas d’arrière-goût désagréable au contraire du pois ou du soja. Il peut être mélangé à des protéines de blé sous forme concassée source d’une texture hétérogène et d’une richesse en fibres.

 

 

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

Process alimentaire n°1362

snacking.fr

usinenouvelle.com

 

Crédits photos : ©Franck FOUCHA, ©Laurent DHERINES et ©Xavier MUYARD