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Les comportements alimentaires des Français passés au crible

02/12/2019

Pour la deuxième année consécutive, Nielsen s’est intéressé aux comportements alimentaires des Français via sa typologie Nutrition. Il a mis en évidence 7 cibles de foyer, comme en 2018. Les Français sont de moins en moins traditionnels.

 

 56 % d’entre eux affichent un comportement spécifique comme le bio, le local, l’éthique, un régime alimentaire ou le vite-fait (plats cuisinés). Il ressort de cette étude sur deux ans que les préférences bio et locales s’affirment, avec une nette progression du flexitarisme. À l’inverse, 44 % restent plutôt classiques (traditionnels et conviviaux), faisant place en priorité à la cuisine familiale et au plaisir d’être ensemble. Toutefois, le nombre de foyers « Tradis » s’est réduit d’un point en un an, les « ex-Tradis » s’orientant désormais vers un profil bio/local ou régime alimentaire.

 

 

Toujours plus de bio et local

« Une amélioration de leur niveau de vie ainsi qu’une prise de conscience sur la qualité de leur alimentation amènent certains « Tradis » à opter pour une alimentation bio et locale. En parallèle, d’autres « Tradis » – particulièrement les personnes âgées- ont par obligation de santé basculé sur un régime alimentaire » explique Matin Vallet, expert consommateurs chez Nielsen.

De plus en plus de consommateurs privilégient aujourd’hui les produits bio/locaux dans leur alimentation : ils sont presque 17 % des foyers français, soit presque autant que la cible installée des vite-fait (18 %), foyers qui font appel pour l’essentiel aux plats préparés. Selon Martin Vallet, l’élargissement de la cible bio/local provient des « Tradis » mais également de deux autres groupes, notamment celui des régimes. Pour ces derniers, le bio s’impose comme une alternative ou suite à un régime alimentaire.

Par ailleurs, certains « esthètes » basculent aussi vers le groupe local /bio, devenant ainsi moins centrés sur le sport et désormais plus axés sur des régimes alimentaires. Ces consommateurs font attention à leur alimentation, la nutrition est un sujet capital pour eux, pour se sentir mieux physiquement, surveiller leur poids ou améliorer leurs performances physiques et mentales. Ils sont plutôt jeunes et urbains.

 

De plus en plus de flexitariens

Presque 10 % des foyers français déclarent en 2019 suivre un régime alimentaire flexitarien (ou semi-végétarien), soit près de deux fois plus qu’en 2018. Le régime strictement végétarien ne concerne que 2 % des Français.

 

 

L’enquête a été réalisée auprès de 9 800 foyers du 24 mai au 2 juin 2019. Divers autres groupes ont été identifiés :

  • Les conviviaux qui mangent de tout et ont une alimentation plutôt traditionnelle. Ce sont plutôt des familles, souvent en zone rurale
  • Les bio/local mangent des produits saisonniers, préfèrent les produits bio et/ou locaux par respect de l’environnement et pour soutenir leur région, pour la fraîcheur, la qualité… Ce sont plutôt des couples plus âgés, et aisés.
  • Les régimes : ces  foyers suivent un régime alimentaire et font attention à certains aliments ou mangent des produits « sans » (sans gluten, sans sucres ajoutés)
  • Conscience animale : suite aux scandales sur les risques alimentaires ou les pratiques d’élevage, ces foyers sont sensibles à la cruauté envers les animaux. Ils limitent leur consommation de viande et sont contre l’abattage. Ce sont plutôt des mono-foyers, souvent urbains avec animal de compagnie.

 

Des repas de plus en plus fractionnés

Selon les résultats de l’étude Kantar – panel Food Usage Worldpanel 2019, le trio petit déjeuner/déjeuner/dîner reste très présent dans les foyers français – il représente encore 80 % des prises alimentaires- même s’il a tendance à se modifier. La part de ces trois repas tend à diminuer à domicile, place est faite de plus en plus à des pauses entre les repas.

La France est loin d’être isolée puisque l’on retrouve cette tendance à l’international. Mais si le pays connaît une forte montée du grignotage, il est « encore loin de détrôner le Royaume-Uni, qui reste un champion dans ce domaine », indique Kantar.

 

Les circuits courts en plein essor

Après des années d’alimentation industrielle, les consommateurs locavores sont toujours plus nombreux en France. Ils s’appuient sur des petits producteurs qui trouvent eux de nouveaux marchés. Les Français sont en effet toujours plus demandeurs de produits du terroir, naturels, frais, de saison, cultivés ou fabriqués de façon artisanale.

Le locavorisme est directement lié aux circuits courts : il consiste à consommer local, avec au maximum un intermédiaire, et favorise la polyculture. Il préconise le retour à une production artisanale et à une distribution plus locale. Il vise à maintenir la biodiversité et à limiter les gaspillages tout en refusant les excès de la mondialisation et de la spécialisation agricole. L’objectif est aussi de rémunérer plus justement les agriculteurs, tout en proposant au consommateur des prix à la vente inférieurs à ceux du commerce ordinaire, puisqu’il y moins d’intermédiaires et pas de transport.

En outre, ce mouvement permet la création d’emplois locaux dans les fermes, mais également dans des boutiques, des circuits d’oenotourisme, des fermes-auberges, des chambres d’hôtes. Plus de 8 rançais sur 10 voient ainsi le local comme un outil pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux et 23 % des Français âgés de plus de 18 ans se considèrent comme des locavores.

Un besoin de transparence conduit la démarche des consommateurs. De nombreuses questions se posent sur les produits conventionnels comme sur les produits biologiques à propos du pays d’origine, du mode de culture, de l’emploi de produits phytosanitaires, du modèle social des exploitations ou encore du niveau de rémunération des producteurs.

Le locavorisme présente aussi l’intérêt de créer de nouvelles opportunités d’affaires. Le développement du « fait maison » se traduit par un essor des ventes dans les pépinières et les jardineries. De même, on assiste à un développement des marchés de producteurs partout en France à celui des AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne ou de proximité) ou encore à celui des boutiques à la ferme ou de points de vente sur le terrain.

Autre phénomène, l’arrivée des épiceries ou des supermarchés locavores, une nouvelle façon de consommer pour les urbains qui profitent de ces boutiques de proximité sans avoir à se déplacer. Enfin, les sites de vente en ligne spécialisés dans les produits locaux et de terroir connaissent un franc succès un peu partout sur le territoire.

 

Retour à la consommation locale

L’impact du bien manger a entraîné une évolution profonde des modes de consommation et un retour à la consommation locale. C’est ce que révèle une étude Ipsos en collaboration avec l’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations.

82% des Français privilégient l’achat de produits d’origine française et 77% l’achat de produits locaux. Une tendance ancrée chez les seniors (86%) et de plus en plus chez les jeunes (71%). Dans la recherche de qualité et de traçabilité, le local est la première garantie mis en avant par les Français. 79% sont attentifs à l’origine géographique des produits ou au fait qu’ils soient fabriqués dans la région. Des critères jugés plus rassurants que les labels (68%), ou même les produits bio (60%).

Pour 95% des Français, il est important que leur grande surface habituelle soutienne l’économie locale. Ils sont 92% à attendre une sélection de produits provenant de la région.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

lsa-conso.fr

snacking.fr

entreprendre.fr

 

Crédit photo : Pixabay