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Pâques 2022 : le goût retrouvé du chocolat

Les chocolatiers espèrent une édition 2022 réussie pour Pâques, dans la lignée de 2021, tant en GMS qu’en réseaux et boutiques spécialisées ou encore chez les artisans. L’activité se porte plutôt bien. La profession continue d’attirer et de former des talents.

 

« Nous n’avons jamais été frappés par les fermetures administratives, ce qui a été à double tranchant en 2020. On pouvait ouvrir mais on ne recevait pas d’aides alors qu’il n’y avait personne en boutique » rappelle Frédéric Chambeau, président de la Confédération des chocolatiers et confiseurs de France, représentant les artisans. « On a fait une croix sur Pâques en 2020, mais Noël ne s’est pas trop mal passé. Pâques 2021 fut plutôt pas mal et on s’est rattrapé surtout à Noël dernier, même si le moral des gens suit les informations qui sont distillées. Nous tablons plutôt sur une bonne tenue de l’activité pour Pâques 2022 ».

En effet la profession est « pas mal repartie contrairement à l’hôtellerie-restauration ou aux traiteurs ». Elle a souffert mais est parvenue à ressortir la tête de l’eau en utilisant massivement les prêts garantis par l’État (PGE). « Aujourd’hui, il y a pour beaucoup de chocolatiers les PGE à rembourser au moment où les dispositions du quoi qu’il en coûte s’arrêtent ! » souligne Frédéric Chambeau.

 

Un métier attractif qui doit le rester

En même temps, la profession est confrontée à plusieurs enjeux. Relativement jeune, elle bénéficie d’une pyramide des âges concentrée vers le bas. Nombre de jeunes se préparent en effet au métier via un CAP ou un BTM.

« Le métier est attractif pour les jeunes qui peuvent se projeter en repreneurs ou en créateurs. Ce n’est pas un métier en tension même si le papyboom va aussi intervenir dans la profession avec un recours accru aux transmissions dans les prochaines années ».

Le métier de chocolatier-confiseur ne manque pas d’atouts pour attirer les talents :

  • le produit a un potentiel d’attrait fort
  • l’organisation du travail se fait plutôt en journée, à des horaires de bureau, et on n’y travaille pas la nuit, même si la saisonnalité impose certaines contraintes d’horaires notamment le week-end
  • le chocolat français est très apprécié  à l’international, on peut exporter son savoir-faire.

 

« C’est un véritable passeport pour s’ouvrir des carrières à l’international » indique Frédéric Chambeau mettant en avant l’un des attraits du métier. « Mais nous pensons renforcer encore l’attractivité de la profession : nous réfléchissons à la semaine de 4 jours ou à plus de flexibilité ».

La formation qui est un enjeu permanent est en constante évolution : le CAP de chocolatier-confiseur a été rénové, le BTM le sera prochainement et la profession prévoit de mettre en place à court terme un CQP pour muscler la vente des produits chocolatiers. « Nous pensons aussi à des filières qui permettraient aux jeunes d’aller plus loin notamment via une licence pro ».

Le secteur séduit aussi un public en reconversion, très attiré par le métier de chocolatier via la reprise d’entreprises. « Nous avons eu un pack spécifiquement dédié aux reconversions. Actuellement, nous sommes en train de relancer un CQP plutôt spécialisé en management et en gestion d’entreprise dont le référentiel sera bientôt construit pour un lancement, dès 2023 »

Il serait déployé dans chacune des grandes régions, avec le soutien des Chambres de Métiers et de l’Artisanat, « un vecteur important et un véritable partenaire en matière de formation initiale et de formation continue » estime Frédéric Chambeau.

 

La transition numérique au rang des priorités

Autre sujet de préoccupation pour les artisans chocolatiers, mettre en œuvre la transition numérique de leur activité.

« La crise sanitaire a révélé l’importance de muter vers des modes de distribution différents comme le click & collect ou la vente en ligne. L’utilisation d’internet doit aussi se développer dans la gestion interne des entreprises » souligne Frédéric Chambeau. « On va vers les circuits courts mais il faut aussi penser aux générations Y et Z qui ont l’habitude de se faire livrer. Il faut entendre cette demande des consommateurs. La tendance est donc bien au phygital, alliance du commerce traditionnel et du numérique ».

Une demande bien comprise des jeunes chocolatiers qui s’installent et lancent leur activité via Instagram avec de belles photos et le recours aux influenceurs.

 

La transition écologique prend place

La transition écologique prend place elle aussi avec des économies réalisées dans le domaine de l’énergie, le recours à des sources de matières premières éco-responsables ou l’utilisation d’écoemballages.

« Les professionnels ont pris conscience de cet enjeu majeur et nous allons leur proposer un outil d’évaluation en matière de RSE pour les accompagner dans cette démarche ».

Par ailleurs, la filière caco est examinée de près. Mise en place par le syndicat professionnel des artisans chocolatiers, l’association Chocolatiers Engagés a ainsi pour objectif de créer des circuits courts afin de s’adresser directement aux planteurs de cacao et de mieux les rémunérer. L’expérience, qui a commencé au Cameroun, s’est étendue à la Colombie et bientôt au Togo.

 

Un contexte réglementaire contraint

 « Je suis optimiste pour la profession : le produit est attractif pour le consommateur qui plébiscite les commerces de proximité, et les professionnels sont conscients des enjeux à relever. Les planètes sont donc bien alignées » relève Frédéric Chambeau « Néanmoins, nous devons aussi faire face à un contexte réglementaire contraint avec la directive sur la traçabilité, la loi Egalim ou encore la loi Agec et le nutriscore ».

La profession doit donc faire preuve de vigilance dans un contexte réglementaire qui évolue très vite et reste très compliqué pour les artisans.

 

L’atout proximité et l’atout export

« La crise sanitaire a remis en valeur les commerces de proximité, le rapport au consommateur a évolué de façon favorable. A l’export, le chocolat à la française s’exporte bien, y compris via les artisans. Il y a de nombreux chocolatiers qui choisissent de s’installer sur place en ouvrant des boutiques notamment en Asie, en Asie du Sud-Est ou au Moyen-Orient. »

Conséquence, la profession de chocolatier-confiseur se positionne bien aussi à l’export. « Le taux d’exportation par entreprise est relativement important avec des clients partout dans le monde, même si le chocolat reste un produit technique et compliqué à exporter » relativise Frédéric Chambeau.

 

Un marché qui reste stable

Le marché du chocolat est plutôt stable voire en légère décrue depuis quatre ou cinq ans, subissant les effets conjoncturels de la crise sanitaire. Les tablettes, qui permettent aux consommateurs d’accéder à des cacaos très différents, ont connu un véritable boom, les pâtes à tartiner se déploient beaucoup, de même que le snacking (petites barres pralinées ou de ganache…).

En 2021, le marché du chocolat a représenté un chiffre d’affaires - artisans compris - de 3,322 milliards d’euros. Plus de 60% des ventes en valeur proviennent du segment des tablettes et des pâtes à tartiner. Avec une spécialité bien française : 30% du chocolat consommé en France est du chocolat noir alors que la moyenne européenne est seulement de 5%.

Les artisans chocolatiers regroupent 1880 entreprises employant 11 100 salariés et quelque 3000 apprentis. La Confédération des chocolatiers et confiseurs de France compte 300 entreprises adhérentes.

Le secteur du chocolat regroupe également plus de 115 entreprises sur le territoire français au sein du Syndicat du chocolat. De la PME familiale à la multinationale toutes produisent et vendent du chocolat. Il s’agit d’entreprises de première et deuxième transformation, fabricants de produits finis, réseaux de boutiques de chocolat avec plus de 10 magasins. On comptabilise quelque 30 000 emplois directs.

 

Une offre qui se diversifie

La profession se mobilise pour proposer un large choix de produits et assortiments pour adultes -escargots, fritures, truffes…- comme des moulages intemporels pour toute la famille -cloches, lapins, poules – ainsi que des œufs à partager. Avec un budget moyen de 20 euros par foyer, Pâques demeure un moment privilégié et une belle occasion de croquer du chocolat en famille.

Les Français sont de grands consommateurs avec 7 kg croqués par an et par habitant contre 5 kg pour le reste des Européens. Mais l’Allemagne, qui occupe le premier rang avec 11kg en moyenne par an devant la Suisse avec 9,7 kg, se classe loin devant la France.

Quelque 38% des produits vendus en France sont des tablettes de chocolat, 24% des pâtes à tartiner, 14,5 des barres, 13% des confiseries, et 12,7% le cacao en poudre. 70% de la production française de chocolat se vend en grandes surfaces. Les ventes réalisées à Pâques représentent un peu plus de la moitié du total commercialisé en France.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

chocolatiers.fr

observatoire-metiers-alimentation.fr

syndicatduchocolat.fr

 

Crédit photo : Pixabay