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Bâtiment : les artisans ont plutôt bien résisté à la crise

En dépit d’une année 2020 «chaotique», le secteur de l’artisanat du bâtiment a accéléré sa progression au 4e trimestre. Mais dans un contexte toujours incertain, la croissance estimée entre 5 et 6% pour 2021 correspond davantage à un rebond technique qu’à une véritable reprise.

 

Des TPE qui ont montré leur agilité

L’année 2020 s’est achevée sur un recul de -9% de l’activité après un premier semestre particulièrement difficile et près de deux mois de confinement. L’activité de l’artisanat du bâtiment a redémarré progressivement avec une hausse de + 0,5% au 3e trimestre et une croissance de +1,5% au 4e trimestre.

Sur les trois derniers mois de 2020, le volume d’activité a progressé pour tous les corps de métier : la maçonnerie (+2,5%), la couverture-plomberie-chauffage et la menuiserie-serrurerie (+1,5%), l’électricité (+1%) et l’aménagement-décoration-plâtrerie (+0,5%).

 « L’année 2020 s’est faite en deux temps… Nos TPE du bâtiment avec leur agilité ont été capables de s’adapter. Grâce à l’organisation de la filière et la parution du guide sanitaire de l’OPPBTP, notre secteur n’a pas subi de fermeture administrative » a commenté Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb).

L’emploi a continué de progresser dans les entreprises du BTP de moins de 20 salariés au 3e trimestre 2020 : il affiche même une hausse de 3,1% sur un an, avec 755 300 salariés à l’issue de la période. Quelque 8% des entreprises artisanales ont cherché à embaucher au cours du second semestre et 6% y sont parvenues.

 

Un effet de rattrapage

Les carnets de commandes représentent 72 jours de travail au 4e trimestre 2020 (soit 3 jours de moins qu’un an auparavant, mais au même niveau qu’au trimestre précédent). Le volume d’activité progresse ainsi de 1,5%. L’activité d’entretien-rénovation enregistre une croissance de 1% au 4e trimestre 2020. Quant aux travaux d’amélioration de performance énergétique du logement, ils ont enregistré une légère progression, de niveau égal à celle du trimestre de l’année précédente.

Cette fin d’année a bénéficié d’un effet de rattrapage, suite au premier confinement. Une dynamique qui permet de limiter la forte baisse de la croissance attendue sur l’année 2020 avec un résultat négatif de -9%.

 

Un environnement encore incertain pour 2021

« Après une année 2020 chaotique et une activité soutenue par les mesures gouvernementales, l’environnement économique en 2021 reste encore incertain, notamment en ce qui concerne le pouvoir d’achat et la confiance des ménages. Toutefois, l’épargne accumulée ces derniers mois et la mise en place du Plan France Relance sont autant d’éléments qui pourraient soutenir l’économie du bâtiment dans les trimestres à venir » a poursuivi Jean-Christophe Repon.

L’année 2021 pourrait enregistrer une croissance comprise entre 5 et 6%, ce qui s’apparente plus à un rebond technique qu’à une véritable reprise de l’économie d’avant la crise sanitaire. La Capeb formule pour l’heure des hypothèses de croissance et non des prévisions, comme à l’ordinaire.

 

Source: Capeb

 

Des emplois à la clé

Reste qu’en janvier 2021, le nombre d’entreprises qui souhaitent embaucher est supérieur au nombre d’entreprises qui envisagent de licencier ou de ne pas renouveler des contrats : 91% des entreprises prévoient de maintenir l’emploi à son niveau actuel au premier semestre 2021 (contre 88% au 1er semestre 2020). Et 6% des entreprises pensent recruter des salariés supplémentaires : ces intentions d’embauche s’appliquent aussi bien à des remplacements (départs en retraite, CDD) qu’à un surplus d’activité. Selon, la Capeb, 5000 emplois pourraient être ainsi créés en 2021.

 

« Nous fondons nos espoirs sur la mise en œuvre du plan de Relance, qui doit transformer les effets d’annonces gouvernementales en chantiers. Nous saluons l’expérimentation pour deux ans de la qualification RGE-chantiers… Si la pandémie est maîtrisée et si l’économie repart normalement, sans confinement partiel, 5000 emplois, a minima, pourraient être créés en 2021 » a encore indiqué Jean-Christophe Repon.

Quant à MaPrimeRenov, elle n’a pas encore produit tous ses effets, avec un redémarrage de la rénovation énergétique encore limité à +0,5%. En termes de construction neuve, l’organisation professionnelle relève une accélération des autorisations des mises en chantier. « Cela s’est mieux passé au niveau des circuits administratifs et l’investissement public est un peu reparti ».

Pour l’heure, la profession redoute surtout un nouveau confinement qui pourrait avoir des conséquences sur l’activité du bâtiment. « Nous demandons à lever tous les freins à l’activité via notamment le Plan de Relance : en l’absence d’activité, 2021, pourrait s’avérer être très dangereuse » avertit le président de la Capeb.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

capeb.fr

batiactu.com

 

Crédit photo : Pixabay