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Cancers, TMS, Burn-out... les maladies professionnelles touchent principalement le secteur du bâtiment

14/06/2018

Lors du 35ème congrès de médecine et santé au travail qui s’est déroulé du 5 au 8 juin 2018, l’Agence nationale de la sécurité sanitaire a présenté son étude sur les cancers d’origine professionnelle. Cette étude a analysé des données liées à plus de 11.000 cas de cancers diagnostiqués entre 2001 et 2016. Les métiers du bâtiment sont l’un des secteurs les plus touchés. 

 

Cancers professionnels : le bâtiment très touché

Sur les 11 000 cas étudiés pas moins de 11 types de cancers ont été rapportés (bronches, voies urinaires, sein, rein, larynx, sinus, côlon-rectum, peau hors mélanome, système nerveux central, hémopathies lymphoïdes matures, leucémies myéloïdes). Les cancers adviennent majoritairement dans les travaux de construction spécialisés

Les cancers concernent majoritairement des personnes qui exercent des métiers qualifiés du bâtiment et assimilés (22,1%). Les électriciens (9 %) sont beaucoup moins concernés.

 

L'amiante : premier coupable

Deux causes principales de cancers : 

 

  • l’amiante est incriminé dans 42% des cas de cancers d’origine professionnelle
  • les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)  sont incriminés dans 6,5% des cas. 

 

L'amiante dans le second œuvre du BTP

Interdit en France depuis 1997, l'amiante est toujours présent dans les bâtiments construits avant cette date. Les électriciens, plombiers, peintres travaillant sur des chantiers de maintenance ou de rénovation sont susceptibles de rencontrer de l’amiante. L’amiante reste très présent dans le second œuvre du BTP. De nombreux matériaux, comportant de l’amiante, ont été fabriqués :

 

  • des plaques ondulées,
  • des conduites ou canalisations en amiante-ciment,
  • des dalles ou revêtements de sols en matière plastique,
  • des faux-plafonds,
  • des mortiers, colles, enduits, mastics, joints, peintures, bitumes,
  • des calorifugeages et flocages à base d'amiante qui servaient aussi à isoler des gaines, conduits, canalisations, plafonds, cloisons.

 

Pour tout travail de rénovation, d’entretien, ou de maintenance dans des bâtiments antérieurs à 1997, les électricien, plombier, peintre…., sont donc assurés de rencontrer de l'amiante.
 
 

Quiz pour évaluer vos connaissances sur les risques de l'amiante

"Vous intervenez en sous-section 4 dans le second œuvre. Vous vous posez des questions sur l'amiante ? Vous pensez bien connaître ce matériau et ses dangers ?" Retrouvez le quizz de l'INRS pour tester vos connaissances sur l'amiante. 
 
 
 

Pathologies professionnelles, il n'y a pas que le cancer 

Dans le secteur de la construction, on retrouve :
 
  1. Cancers (32%) 
  2. Maladies de l’appareil respiratoire (25%). 
  3. Maladies du système ostéo-articulaire (14,8%), 
  4. Troubles mentaux, surmenage et stress (12%) 
  5. Maladies de la peau (7,1%). 

 

Plusieurs causes à ces pathologies :

  • Fumées et gaz de soudage, 
  • la peinture, le vernis,
  • la laque et le mastic,
  • les poussières de bois,
  • le détergent désinfectant pour locaux,
  • les solvants et diluants,
  • le ciment ainsi que les poussières de chantier. 

 

Le BTP :  un secteur très concernés par les troubles musculo–squelettiques (TMS) 

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont la première cause de maladies professionnelles dans le bâtiment et les travaux publics. Ils touchent les structures autour des articulations comme les muscles, les tendons, les nerfs... Les épaules, le dos, les coudes, les poignets, les genoux et les chevilles sont les parties du corps les plus généralement exposées. 

Les premiers signes, comme une douleur et/ou une gêne fonctionnelle, peuvent paraître bénins. Cependant, si ces douleurs s’aggravent, le risque est réél pour le maintien à l’emploi des personnes touchées (incapacité temporaire ou permanente, handicap, inaptitude...). Autre point de vigilance : les salariés ont pour habitude de négliger ces douleurs et n'alertent personne. Comme on dit, il vaut mieux prévenir que guérir. On estime entre 100 et 500 euros par an et par salarié les coûts directement imputables aux TMS et à leur gestion. Sans compter les coûts indirects comme l'absentéisme, les arrêts de travail et la baisse de prodcutivité de l'entreprise.

 

Les 4 facteurs qui génèrent les TMS :

  • Facteurs organisationnelles : charges de travail, postes de travail mal adaptés, délais tendus, absence d'aides à la manutention, outils en mauvais état...
  • Facteurs biomécaniques : tout ce qui est lié aux travaux de forces, aux postures et aux mouvements
  • Facteurs aggravants : les vibrations des machines, la récurrence du travail à l'extétieur... 
  • Facteurs individuels : l'état de santé du salarié (âge, condition physique, antécédents médicaux...)
     

Risques psychosociaux : le secteur du bâtiment n'est pas épargné

Le BTP n’est pas la principale victime des troubles et risques psychosociaux. Le secteur est par nature plus soumis à des risques physiques. Néanmoins, ils existent et touchent en premier lieu les chefs d’entreprise des TPE PME. 

En mars 2017, une étude de la Capeb affirmait que 36% des petits patrons pensaient avoir fait ou avoir été proche d'un burn out. La charge de travail, les tensions en interne (entre collègues, avec la direction…), la peur du chômage peuvent provoquer des risques psychosociaux. A noter que le syndrôme d’épuisement professionnel communément appellé « burn-out » n’est pas reconnu comme maladie professionnelle. En outre, le diagnostic phychique est toujours plus compliqué qu’un diagnostic physique.

 

Burn-out : les signes qui doivent vous alerter

 

 

Les nanoparticules : prochain scandale ?

Les nanoparticules sont présentes partout de façon naturelle ou artificielle. Le sujet de son utilisation est surtout évoqué dans le cadre de l'industrie agroalimentaire mais ils sont également présents dans les matériaux de construction. Dioxyde de titane ou de silicium, oxyde de zinc, nanoparticule d'argent ou de cuivre, nanotubes de carbone… Les nanomatériaux sont présents dans (ou sur) la pierre, le plâtre, le béton, le verre, les métaux, les peintures et revêtements ou les isolants. Leur utilisation permet de garantir des capacités supérieures aux matériaux. 

Problème de ces nanoparticules, elles sont infiniment petites. Leur taille est comprise entre 1 et 10 nanomètres (soit 50.000 fois plus fins qu'un cheveu). La taille infime des nanoparticules favorise leur pénétration dans l’organisme et leur impact sur la santé reste encore flou. A ce titre, l’Agence européenne des produits chimiques a suggéré en juin 2017 le classement du dioxyde de titane comme substance suspectée cancérigène. 

Alain Maugard, le président de Qualibat et du Plan de recherche et développement amiante, déclare : "Il est insupportable de ne pas savoir si des nanomatériaux sont présents dans les produits et matières que nous utilisons pour l'acte de bâtir".

 

L'équipe Avisé

 

Sources : batiweb, 07/06/2018

batiactu, 01/06/2018

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