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Coronavirus : des premiers chiffres révélateurs de la crise

Environ 80 % des entreprises artisanales (moins de 20 salariés, soit 64 % du chiffre d'affaires du bâtiment) sont à l'arrêt. Le redémarrage est suspendu à de nouvelles mesures de soutien préviennent les organisations professionnelles. Les particuliers en confinement refusent les travaux et les surcoûts.


Des chantiers à l’arrêt

D'après la note de conjoncture de l'Union des entreprises de proximité (U2P), le BTP est le deuxième secteur le plus touché par la crise du COVID-19 après l'hôtellerie-restauration : 80% des sondés déclarent une baisse de leur chiffre d'affaires de plus de 70% pour la deuxième partie du mois de mars.

Des chiffres en lien avec ceux publiés par la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), qui portent sur le premier trimestre 2020: 80% des entreprises ont arrêté leurs chantiers "jusqu'à nouvel ordre", 17% se limitent aux travaux d'urgence ou aux opérations qui ne présentent pas de risque sanitaire, et 3% maintiennent une activité quasi-normale.

 

Les particuliers boudent les travaux

« Les clients sont souvent des particuliers, qui sont en confinement et refusent la reprise des travaux, sans parler d'autres conditions non encore remplies (masques, etc.) », indique Patrick Liébus, président de la confédération des artisans (Capeb).

Cinq raisons principales expliquent en effet le maintien de la fermeture des chantiers :

  • le refus des clients particuliers de poursuivre les travaux (71%),
  • le refus d'exposer ses salariés (46%),
  • le refus des clients professionnels publics ou privés de poursuivre les travaux (45%),
  • l'impossibilité d'intervenir car les locaux sont fermés (39%)
  •  la fermeture des fournisseurs habituels (39%).

En conséquence, les deux tiers des entreprises ont recours au chômage partiel (demandes en cours ou acceptées), et 15% l'envisagent - 5% ayant vu leur demande refusée par l'administration. Quant aux entreprises qui ont pu maintenir une activité, elles sont 84% à recontrer des problèmes d’approvisionnement.

 

Des mesures pour "accompagner et inciter" les artisans

Le président de la Capeb, Patrick Liébus, appelle pour sa part l'État à "accompagner et inciter" les artisans à reprendre leur activité, en mettant en place de nouvelles aides financières permettant d'absorber les "surcoûts découlant de la mise en œuvre de règles sanitaires" . Il s'agit du transport des salariés, de la réorganisation des chantiers, de la gestion de la co-activité, du réaménagement des bases de vie...:

En effet, la situation économique et financière des petites structures est très fragilisée par la crise sanitaire : au premier trimestre, l'activité a baissé de -12% par rapport au premier trimestre 2019, les professions les plus touchées étant la maçonnerie (-16%), l'aménagement décoration plâtrerie (-12%) et l'électricité et la menuiserie (-10%).

Un tiers des artisans mettent également en avant la chute des trésoreries. "Les mesures engagées par l'État pour soutenir la trésorerie des TPE sont vitales et devront se poursuivre dans les prochains mois", poursuit Patrick Liébus.

La trésorerie des entreprises se dégrade en effet très vite et « des banques refusent aux artisans les avances de trésorerie garanties à 90 % par l'Etat », dénonce Patrick Liébus. « Face aux très petites entreprises, plus fragiles que les grosses, les banques ont peur des faillites et ne jouent pas le jeu ».

Au niveau géographique, l'effondrement est plus marqué (- 14 %) dans les deux régions les plus touchées par l’épidémie (Île-de-France et Grand-Est). L'activité dans les Hauts-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes recule de 13 %. Les entreprises installées sur la façade Ouest de la France comme la Bretagne, les Pays-de-la-Loire, la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie se montrent légèrement moins affectées avec une baisse de 10 % de leur activité.

L'effondrement est également plus fort dans les métiers de gros oeuvre : il atteint 16 % pour les maçons contre 9 % pour les plombiers-chauffagistes.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

batiactu.com

lesechos.fr

 

Crédit photo : Pixabay