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Coronavirus : la CAPEB estime les surcoûts entre 10 et 20% du coût journalier

Selon la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) le déconfinement permet, sur tout le territoire, à une partie de l’activité de l’artisanat du bâtiment de repartir. Les enquêtes-flash réalisées chaque semaine par le GIE CERC auprès de 1416 entreprises du bâtiment confirment ce redémarrage.

 

Reste à régler l’absorption des surcoûts, qui peut mettre en péril nombre d’entreprises, contraintes de travailler à perte du fait du refus des clients, notamment particuliers, d’en tenir compte. En effet, les entreprises artisanales ne peuvent pas prendre le risque de perdre des clients après deux mois d’arrêt ou de confinement.

Pour l’heure, la CAPEB, dans l’attente d’une étude exhaustive sur le sujet, vient de dévoiler les trois principaux postes de surcoûts : la coactivité, la désinfection et les équipements de protection.

 

Estimation des surcoûts

  • La coactivité/productivité (allongement des délais, coordination, phasage complexe à organiser, location de nouveau moyen de transport …) va engendrer un surcoût entre 4 et 10 % du coût journalier. Ce poste peut représenter jusqu’à 50 % du surcout sanitaire total.
  • Les équipements de protection (gants, masques, gel…) vont représenter entre 2 et 4 % du coût journalier.
  • La désinfection (décontamination, nettoyage du matériel, outillage supplémentaire…) entre 4 et 8 % du coût journalier.

Les surcoûts sont plus élevés en rénovation notamment en site occupé. On estime ainsi le surcoût moyen entre 10 et 20 % en entretien-rénovation contre 10 % dans le neuf.

 

Des difficultés toujours présentes

  • Les difficultés d’approvisionnement sont toujours là : les artisans continuent d’être confrontés à un ralentissement d’approvisionnement des matériaux et matériels, notamment en provenance d’Espagne et d’Italie.
  • Des contraintes administratives en hausse : les charges administratives et les contraintes d’organisation liées au COVID 19 représentent une charge supplémentaire pour les chefs d’entreprises.
  • Des reports voire des annulations de travaux chez les particuliers : certains particuliers sont toujours réticents quant à la réalisation de travaux chez eux et préfèrent reporter voire annuler des travaux pourtant prévus en amont.
  • Des reports de paiements dus à l’arrêt des marchés publics : l’arrêt des marchés publics à cause du confinement a entraîné l’arrêt des paiements pour les chantiers réalisés en amont du confinement.
  • Des difficultés pour gérer les déchets : on constate ainsi un ralentissement de l’enlèvement des déchets du BTP pendant le confinement qui a entrainé l’accumulation des déchets au niveau des entreprises.

« Depuis le déconfinement, nous constatons une hausse du redémarrage de l’activité du BTP estimée entre 50% et 60% par rapport à la situation d’avant crise sanitaire. Et nous nous en réjouissons. Mais les retours terrain dont la CAPEB dispose vont tous dans le même sens : les surcoûts de la sécurité sanitaire. Les situations sont très différentes dans le neuf ou en rénovation, ce qui explique la fourchette de notre estimation » explique Patrick Liébus, président de la CAPEB.

 

Une activité inégale selon les régions

La publication des recommandations sanitaires élaborées par l’OPPBTP ainsi que le déconfinement ont permis aux entreprises du bâtiment de reprendre sensiblement leur activité. Au 14 mai, ce sont 72% des chantiers qui étaient ouverts contre 53% au 5 mai. A la même date, 37% des chantiers affichaient un niveau d’activité normale alors qu’ils n’étaient que 22% avant le déconfinement. Une montée en puissance qui permet de maintenir l’activité de 76% des salariés du BTP et intérimaires ETP (en équivalent temps plein) contre 57% au 5 mai.

Mais la progression de l’activité varie fortement selon les régions. Ainsi, la part des chantiers en activité normale dans le Sud-Est de la France (36%) et le Nord-Est (48%) est plus importante qu’en Ile-de-France (22%). A noter que certaines activités peinent à reprendre. C’est le cas de l’activité commerciale dont les carnets de commandes se sont fortement réduits pendant le confinement et qui mettront plusieurs semaines avant de se remplir à nouveau.

La situation est également délicate dans le secteur des marchés publics qui n’ont pas encore tous réouvert. Les entreprises artisanales attendent pourtant un soutien fort de la part de la commande publique. En tout, ce sont donc encore 15% des chantiers qui sont fortement ralentis et 28% des chantiers qui sont toujours à l'arrêt. 33% des chantiers qui étaient à l’arrêt au 14 mai devaient reprendre le 18 mai.

Les artisans renouent également avec la confiance : 67% des chefs d’entreprises déclarent avoir confiance en la reprise de leur activité contre 58% le 5 mai.

 

L’équipe Avisé

 

Source : capeb.fr

 

Crédit photo : Pixabay