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ITE sous enduit : un marché toujours en croissance

03/07/2019

Le marché de l'enduit sur isolant a crû en 2018, jusqu'à représenter 11,4 millions de m². Selon Philippe Boussemart, président du Groupement du Mur Manteau (qui réunit les professionnels du secteur) cela représente une hausse de 5 %. Les industriels se félicitent notamment d'une forte croissance au second semestre, de + 9,5 %, et cette tendance se confirme sur les premiers mois de l'année.

 

Un décret qui porte ses fruits

Plusieurs raisons expliquent ce climat favorable à l’essor de l’Isolation thermique par l’extérieur (ITE). « Les clients ont intégré davantage des travaux d'isolation embarqués dans des projets de ravalement, notamment en copropriétés. Cela semble indiquer que le décret sur l'embarquement de la performance énergétique en rénovation, du 1er janvier 2017, commence à porter ses fruits", indique Philippe Boussemart. « C'est un peu plus cher mais le surcoût n'est pas insurmontable. Un autre élément a pu jouer : une forme de sentiment citoyen qui incite de plus en plus de personnes à passer à l'acte. »

Le marché des bailleurs sociaux a, en outre, retrouvé du dynamisme. Reste à convaincre les propriétaires de maisons individuelles dont le potentiel est très important mais qui demeure lié aux aides telles que le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE).

En termes de solutions techniques, le Groupement du Mur Manteau relève un dynamisme au sein des enduits de façades. Dans les couches de base, qui recouvrent l'isolant, les produits hydrauliques se développent très fortement. Par ailleurs,  la progression des isolants laines minérales est plus marquée que celle des solutions polystyrène. Il constate également la hausse de l'emploi d'isolants biosourcés et à haute performance, plutôt présents en zones rurales. 

 

Inquiétude dans la construction neuve

L'inquiétude des professionnels se porte davantage sur la construction neuve, et la future réglementation environnementale 2020. Ils rappellent que la RT2012, insuffisamment exigeante  a freiné le développement du marché et a causé la construction de bâtiments plus énergivores et moins confortables que prévu en phase d’étude.

Les industriels soulignent quun rapport interministériel publié en février 2019 affirme que « la RT2012 est un retour en arrière par rapport à la RT2005 » En effet, le critère relatif à l’enveloppe du bâtiment et à sa conception dans la RT2012 est moins exigeant que pour l’obtention du Label BBC de la RT2005. Aussi, les professionnels entendent faire pression auprès du gouvernement afin que la future réglementation environnementale 2020 (Re2020) prenne en compte la qualité thermique en plus de la qualité environnementale des bâtiments.

Les professionnels du secteur craignent la volonté de l'État de construire plus vite et moins cher, au détriment de la qualité thermique et environnementale des bâtiments et de la stratégie nationale Bas Carbone 2050. « Une inflexion forte doit être donnée afin que nous ne nous retrouvions pas face à l'absurdité de construire aujourd'hui des bâtiments qu'il faudra rénover dans 15 ans pour être compatibles avec ces objectifs. » conclut Philippe Boussemart.

 

L’équipe Avisé

 

Source : cahiers-techniques-batiment.fr

 

Crédit photo : Pixabay