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La flambée du prix des matériaux inquiète les artisans

La hausse continue des prix des matériaux rend complexes les marchés à venir. Le conflit en Ukraine a accentué une tendance déjà installée depuis plusieurs mois.

 

Vers un risque systémique

La Fédération française du bâtiment parle même « d’un risque systémique dans certains métiers », notamment ceux utilisant du métal comme les maçons mais aussi les couvreurs et les carreleurs qui se heurtent à la flambée du prix des produits « cuits ». Le coût de tuiles, par exemple, s’est envolé de 14,6% entre novembre 2021 et mars 2022.

Selon l’Insee, la hausse des prix des matériaux (+13,3%) représente 80% de l’augmentation de 6,2% sur 12 mois de l’indice général des coûts dans le bâtiment. Pour rappel, l’Insee suit l’évolution des coûts des entreprises avec différents indices, les index BT, qui englobent tous les postes (salaires, matériaux énergie, transport).

 

Un redémarrage qui coûte cher

C’est avec le redémarrage de l’économie mondiale à l’automne 2020 que les matériaux ont vu leurs prix littéralement s’envoler. Fin mars, le coût des travaux de couverture a fait un bond de 8,9% sur une année (+4,7% sur les 3 derniers mois). Les charpentes en bois ont elles aussi pris l’ascenseur avec des hausses respectives de 9,2% et 3,3% ;

Autres hausses, celles des cloisons en plâtre et des fenêtres de toit du fait de la poussée des prix des produits en aluminium. L’augmentation de l’index BT pour la menuiserie en alliage aluminium a été de 18% en un an (+ 27% pour la fermeture des baies). Le gros œuvre a enregistré une progression des prix qui a dépassé 10% en un an.

 

Nouvelles hausses attendues

Et ce n’est pas fini. Déjà la FFB anticipe de nouvelles hausses à compter du 1er juin, de 5 à 15% pour les mortiers, de 12% pour le polyester, de 11% pour les bardages en fibrociment servant à l’isolation et à la rénovation.

Pour l’heure, seuls les contrats portant sur des marchés publics bénéficient systématiquement d’une clause d’indexation. Néanmoins, les coûts devenus prohibitifs des matériaux et de l’énergie ne permettent plus de la couvrir.

Dans le BTP, tous s’accordent pour dire que les entreprises doivent négocier avec leurs clients comme avec leurs fournisseurs. Chaque chantier est regardé de près. Et cette tendance n’en est qu’à ses débuts. Il va falloir trouver un système pour partager équitablement l’effort de tous - fournisseur, promoteur et client final - pour pouvoir continuer à produire des logements grâce à cet effort partagé. Un discours bien compris par les artisans du bâtiment et les constructeurs.

 

Pour plus de solidarité

« Nous souhaiterions une certaine solidarité de la filière tant du côté clients que du côté fournisseurs » indique Olivier Salleron, président de la FFB. Tout en relevant une certaine compréhension de la part des particuliers, la FFB comme la CAPEB, constatent que la répercussion de l’inflation, quand elle se produit, n’est que partielle.

Portée par les travaux de rénovation énergétique, l’activité des artisans du bâtiment est toutefois restée soutenue au premier trimestre. Elle a progressé de 3,5% lors des trois premiers mois de l’année en comparaison avec la même période de 2021, souligne la dernière note de conjoncture de la CAPEB. Cette demande est tirée par les travaux d’entretien-rénovation (+4% en volume), notamment liés à la performance énergétique.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

lesechos.fr

capeb.fr

ffbatiment.fr

 

Crédit photo : Fotolia