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Pénurie de matières premières : trois mesures mises en place

Le Gouvernement a annoncé trois mesures, afin d’accompagner les entreprises du secteur de la construction face à la hausse et à la pénurie des matières premières.

 

Depuis plusieurs mois, les tensions sur les matières premières mettent à rude épreuve les acteurs du bâtiment et des travaux publics. La Fédération française du bâtiment (FFB) estime que 30 % des chantiers pourraient être mis en pause, si la hausse des prix conjuguée à la pénurie poursuit sa course folle.

En cause, la crise sanitaire, bien sûr, mais aussi de multiples incidents qui ont fortement ralenti la production durant l’année 2020. En parallèle, les 6 premiers mois de 2021 ont enregistré une bonne reprise économique et donc une hausse de la demande en matières premières.

 

Grande inquiétude

Face à ce phénomène les différentes filières affichent leur grande inquiétude depuis quelques mois et n’ont pas caché leurs attentes, en termes de mesures étatiques. Le 15 juin, Bruno le Maire, ministre de l’Economie, Emmanuelle Wargon, ministre du Logement, et Alain Griset, ministre délégué au ministre de l’Economie, ont donc reçu les acteurs du BTP.

A l’issue de ce rendez-vous, le gouvernement a annoncé trois mesures, afin d’accompagner les entreprises du secteur. Ainsi, le ministre de l’Economie a indiqué vouloir adresser une circulaire à tous les acteurs/acheteurs de l’Etat, afin de ne pas appliquer les pénalités de retard en cas de retard dans la livraison des marchés publics.

Considérant ainsi les pénuries de matières premières comme un cas de force majeure. L’Etat ne peut imposer cette circulaire aux collectivités locales, mais Bruno Lemaire les appelle à suivre cette même politique. 

 

Dénoncer les abus

« La deuxième décision que nous avons prise, c’est de mettre en place un Comité de crise qui aura pour mission de faire remonter les cas particuliers en cas de comportements anormaux. » Pierre Pelouzet, le médiateur des entreprises, sera en charge d’animer ce comité, à effet immédiat. « Nous nous réservons toutes possibilités de faire du “name and shame1 en cas de comportements signalés et qui resteraient abusifs. »

Enfin, pour la troisième mesure, le gouvernement prévoit d’ici quelques semaines de mettre en place une médiation de filière, afin d’amortir le choc pour les entreprises du secteur. Pour le moment, l’Etat ne compte pas activer le chômage partiel.

De son côté, la FFB demande à ce que les choses aillent plus vite. La fédération avait proposé plusieurs mesures avant ce rendez-vous : versement immédiat du carry back2. Mais aussi crédit d’impôt proportionnel au poste “achat de matériaux“ pour limiter l’impact des hausses de prix. Tout comme le gel des pénalités de retard et compensation intégrale du chômage partiel en cas de rupture d’approvisionnement.

Aujourd’hui, elle reste encore dans l’attente d’une réponse rapide à ses propositions. « La mise en place du Comité de crise annoncée par Bruno Le Maire est espérée pour les prochains jours, déclare Olivier Sailleron, président de la FFB. Il y a maintenant urgence, car de plus en plus d’artisans et entrepreneurs sont contraints d’arrêter les chantiers et de mettre leurs salariés au chômage partiel. »

 

1Dénoncer publiquement et nommément.
2Reports dans le temps des déficits.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

batiactu.com

lemondedesartisans.fr

ouest-france.fr

 

Crédit photo : Pixabay