Avisé, s'informer pour réussir

site d'informations stratégiques
du réseau des chambres de métiers et de l'artisanat d'Auvergne-Rhône-Alpes

Vous êtes ici

Qualifications RGE : un dispositif qui doit s’adapter aux TPE

05/09/2019

La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) a fait réaliser un sondage par l’IFOP auprès des entreprises artisanales du bâtiment qualifiées RGE. Objectif : mieux cerner la satisfaction des entreprises et mieux comprendre les difficultés rencontrées afin de faire évoluer le dispositif.

 

Accès facilité au marché de la performance énergétique

Selon l’étude, une nette majorité des entreprises interrogées considère que le dispositif RGE facilite l’accès au marché de la performance énergétique : 61 % des artisans interrogés indiquent avoir retiré des bénéfices de cette qualification, notamment pour attirer de nouveaux clients (66 %). Autres avantages mis en avant : la contribution de l’entreprise au développement durable (53 %), l’amélioration de l’image de l’entreprise (45 %) et le développement de son chiffre d’affaires (37 %).

 

 

Pour autant, 53 % des sondés considèrent aussi que le label RGE tel qu’il est aujourd’hui n’est pas adapté aux TPE. C’est le cas notamment des artisans sans salariés (59 %) et ceux installant des chaudières (69 %) ou posant des fenêtres et volets (59 %).

 

Des difficultés rencontrées

Les principales difficultés énoncées concernent le montage du dossier pour lequel 54 % des artisans avouent avoir rencontré des difficultés, en particulier à cause du temps passé à renseigner le dossier et pour fournir les références chantier (89 %). D’autres sujets sont évoqués : les difficultés à obtenir des documents administratifs (43 %), l’absence d’interlocuteur dédié (22 %). D’autres procédures posent moins de problèmes. Toutefois, au moment de la révision de la qualification RGE, 35 % des artisans sondés indiquent avoir aussi connu des difficultés pour renseigner le dossier de révision.

À l’inverse des résultats concernant les artisans du bâtiment et le dispositif RGE, l’audit RGE s’est déroulé de manière très fluide pour la grande majorité des artisans qualifiés. 70 % indiquent qu’ils n’ont rencontré aucune difficulté pour l’organiser, contre 16 % qui font part d’obstacles et 14 % qui n’ont pas été audités. En outre, seule une minorité des artisans audités (18 %) a constaté des écarts de non conformité à l’issue de cet audit. La satisfaction à l’égard de cet audit RGE est le miroir de cette facilité d’organisation : 78 % sont satisfaits de sa réalisation

 

Des pistes d’amélioration

Pour améliorer le dispositif, plusieurs pistes sont envisagées :

  • renforcer la crédibilité du label en luttant contre les entreprises frauduleuses : 68 % des artisans interrogés veulent exclure du RGE les entreprises qui ne respectent pas les règles en matière de pratique commerciale ou de qualité des travaux
  • simplifier les procédures en faisant, pour 64 % des entreprises, évoluer le dossier à renseigner pour les qualifications RGE

 

Vers un audit « au coup par coup » ?

« Les artisans du bâtiment qualifiés RGE reconnaissent que leur qualification RGE leur permet d’accéder au marché de la performance énergétique! Toutefois, il est évident que le dispositif doit être amélioré pour être mieux adapté et plus accessible aux TPE » a commenté Sabine Basili, vice-présidente de la CAPEB.  « Ainsi, nous appelons les pouvoirs publics à simplifier le dispositif, notamment les aspects administratifs trop contraignants pour les TPE. Il s’agit également de renforcer le dispositif en excluant ceux qui ne respectent pas les règles sans pour autant pénaliser l’immense majorité des entreprises qui travaillent bien ».

La CAPEB propose la mise en place de l’audit au « coup par coup », comme cela existe pour les entreprises qui ne sont pas « PG » (Professionnel Gaz). Pour les entreprises présentant une faible activité dans le domaine de la rénovation énergétique et cependant compétentes, l’audit au coup par coup permettrait à leurs clients de bénéficier d’aides sans être elles-mêmes RGE. Un contrôle systématique en fin de chantier serait alors réalisé pour s’assurer de la qualité des travaux.

 

Pour consulter l'étude : "Les artisans du bâtiment et le dispositif RGE - IFOP pour Capeb"  (.pdf - 55 pages)

 

L'équipe Avisé

 

Sources :

capeb.fr

ifop.com

 

Crédit photo : Pixabay