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RE 2020 : vers de nouvelles règles pour la construction neuve

Consommer moins d’énergie dans les logements, ceci dès la construction, et faire face aux périodes de canicule, telle est l’ambition de la RE 2020, prévue pour entrer en vigueur à l’été 2021.

 

Mise à jour du 18 février 2021 : Emmanuelle Wargon a annoncé que l'entrée en vigueur de la RE 2020 est repoussée de 6 mois, soit au 1er janvier 2022.

 

La France va se doter d’une nouvelle réglementation environnementale, la RE 2020, pour les constructions neuves, prévue pour entrer en vigueur à l’été 2021. Elle concernera les nouveaux bâtiments – logements, bureaux et bâtiments publics d’enseignement (les bâtiments tertiaires feront l’objet d’un volet ultérieur).

A travers la RE 2020, le gouvernement vise un triple objectif : réduire et décarboner la consommation énergétique des logements neufs, les rendre plus adaptés aux épisodes de fortes chaleurs, et réduire l’empreinte carbone de la construction.

Le bâtiment est en effet responsable de près d’un quart des émissions nationales de gaz à effet de serre. La RE2020 va donc renforcer les exigences environnementales en matière de construction, afin de réduire les besoins énergétiques des logements.

La sobriété énergétique est le premier volet de cette nouvelle réglementation. La RE 2020 va renforcer les exigences portant sur le besoin bioclimatique des logements (BBio) afin que les bâtiments consomment moins d’énergie. Cet indicateur traduit le besoin en énergie intrinsèque d’un bâtiment indépendamment des systèmes énergétiques mis en œuvre, tels que le chauffage. Il dépend de l’isolation et de la conception globale du bâti.

 

Décarboner l’énergie

Une maison-type RE 2020, mieux isolée, mieux conçue et pourvue d’un système de chauffage performant, permettrait de faire baisser la facture d’énergie des ménages (autour de 200 euros par an). Grâce à la baisse de ce besoin bioclimatique, les logements consommeront moins. Mais la RE 2020 va plus loin, puis qu’elle a pour ambition de décarboner l’énergie, laquelle restera nécessaire au chauffage et à l’éclairage.

Dans le but de réduire l’utilisation des énergies fossiles, et notamment celle du gaz naturel, la réglementation fixera un seuil maximal d’émissions de gaz à effet de serre pour la consommation d’énergie. A partir de l’été 2021, le seuil maximal d’émissions sera fixé à 4kg/CO2/m2/an pour toutes les nouvelles maisons individuelles. Ce qui exclura de fait le chauffage au gaz.

En logements collectifs, la transition sera plus progressive, car les alternatives au gaz, telles que les réseaux de chaleur urbains, les chaufferies biomasse ou les pompes à chaleur collectives, doivent encore se développer à plus grande échelle.

Le seuil d’émission sera donc fixé à 14/KG/CO2/m2/an en 2021, avant d’être ramené à 6/kg/CO2/m2/an, en 2024. Certains solutions hybrides seront cependant encore possibles après 2024, comme les pompes à chaleur utilisant un léger appoint en gaz en cas de grand froid.

 

S’adapter aux canicules

La RE 2020 prévoit également l’adaptation des logements aux périodes de canicule, qui devraient s’intensifier à l’avenir. Il y aura l’introduction d’un besoin bioclimatique de froid, qui sera pris en compte dans le calcul du besoin bioclimatique global, au même titre que le chauffage. Autre mesure : l’établissement d’un nouvel indicateur de confort.

Celui-ci sera exprimé en  « degrés.heures » : il sera calculé lors de la conception du bâtiment et traduira le nombre d’heures lesquelles un logement peut dépasser la limite de confort. Cette limite sera fixée à 1250 degrés.heures, ce qui correspond à une durée de 25 jours par an durant lesquels le logement sera à 30 degrés le jour et à 28 degrés la nuit.

Pour éviter un trop grand recours aux climatiseurs, la RE 2020 veut inciter les constructeurs à faire des efforts de conception (orientation des bâtiments et des fenêtres, installations d’ombrières…). Elle fixera un seuil bas à 350 degrés.heures à partir duquel les pénalités s’appliqueront sur le calcul de la performance du bâti. En fonction des résultats, les exigences seront ensuite renforcées.

 

Vers plus de construction bois

La RE 2020 entend également agir sur l’empreinte carbone dès la phase de construction. Elle introduit un changement de méthodologie, avec le calcul de l’impact carbone sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment et non plus seulement sur les consommations d’énergie liées à son usage.

Cela englobe les impacts carbone de tous les matériaux et équipements utilisés lors de la conception. Dès lors, les matériaux qui émettent peu lors de leur fabrication et qui stockent du carbone pendant la durée de vie du bâtiment, tels que le bois ou les matériaux biosourcés, seront avantagés, par rapport à d’autres matériaux plus émetteurs.

D’ici 2024, le seuil maximal d’émission devrait être abaissé d’environ 15% par rapport aux standards actuels, de près de 25% en 2027 et entre 30 et 40% en 2030, selon la nature des bâtiments. Là encore, les choses iront plus vite en maison individuelle : les constructions en ossature bois sont en effet courantes et compétitives. Le gouvernement souhaite systématiser l’usage du bois et des autres matériaux biosourcés pour les logements individuels et pour le petit collectif.

En 2030, l’ossature bois en maison individuelle sera la norme, et en collectif on s’orienterait sur du biosourcé, sans doute systématique en second œuvre, et très courant dans le gros œuvre (y compris d’éventuels béton bas carbone).

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

ecologie.gouv.fr

batiactu.com

 

Crédit photo : Pixabay