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Rénovation du patrimoine bâti ancien : quels sont les atouts pour se positionner sur ce marché ?

La restauration des bâtiments anciens est un marché d'avenir. D’après une enquête IFOP pour la CAPEB, pour 62 % des Français, le patrimoine bâti évoque le mieux le patrimoine de la France, notamment ses monuments historiques. Le patrimoine bâti participe à la perception identitaire et culturelle de la population.

Au-delà de l’intérêt du public, cela constitue un enjeu économique et touristique conséquent.

 

D’après une enquête du CEREQ auprès d’entreprises intervenant sur ce marché, les travaux les plus couramment réalisés peuvent être regroupés en 5 grandes activités :

  • les travaux de renforcement du gros-œuvre,
  • la réparation d’ouvrages en maçonnerie ou béton,
  • la lutte contre l'humidité,
  • le ravalement des façades,
  • la réalisation de travaux de maçonnerie traditionnelle.

 

Selon les entreprises interrogées par le CEREQ, certains savoirs et savoir-faire constituent des atouts pour une entreprise intervenant sur le marché du patrimoine :

 

  • avoir une ouverture culturelle : savoir observer, avoir une approche globale de l'édifice afin de mieux répondre aux attentes du client même si celles-ci ne sont pas clairement formulées. Respecter dans ses interventions, les caractéristiques de l'architecture locale. S'impliquer dans le suivi des technologies utilisées, développer les qualités de tous les professionnels entraînés aux démarches expérimentales. Entretenir un dialogue avec les architectes ;
  • connaître les matériaux : tenir compte des problèmes de compatibilité des différents matériaux, être capable de retrouver les composants et les dosages permettant des restaurations à l'identique, choisir les techniques adaptées aux désordres rencontrées sans risque pour les matériaux d'origine ;
  • établir des diagnostics et trouver des solutions techniques : bien identifier les causes des désordres afin de les éliminer avant de songer à réparer les dégâts, imaginer des solutions aux aléas inévitables rencontrés au cours des travaux, proposer des solutions plus économiques au client sans pour autant trahir l'édifice ;
  • maîtriser les techniques traditionnelles ou anciennes : être suffisamment sûr de soi pour proposer le recours à des techniques anciennes dont l'application est délicate. Réaliser les travaux traditionnels dans les règles de l'art. »

 

 

Des certifications et labels pour valoriser son savoir-faire

 

La préservation et la valorisation du patrimoine bâti requièrent des qualifications spécifiques. Comment les valoriser auprès des clients, publics comme privés ?

 

  • La certification Qualibat mention Patrimoine bâti. « Cette mention est attribuée en complément d’une qualification ou d’une certification, traduisant le savoir-faire d’une entreprise dans la restauration de bâtiments construits de plus de cinquante ans, la maîtrise des techniques traditionnelles et des matériaux anciens. » En France métropolitaine, plus de 600 entreprises sont certifiées, dont 60 en Rhône-Alpes.

Pour en savoir plus : site de Qualibat ;

 

  • le CIP mention patrimoine, délivré par la CAPEB. « Il s’agit d’un curriculum vitae de l’entreprise qui apporte aux clients (privés ou publics) les informations relatives à la compétence professionnelle de l’entreprise. Il lui permet de se valoriser auprès des donneurs d’ordre, notamment dans le cadre des marchés publics.

L’accès au CIP mention Patrimoine est subordonné à l’obtention du CIP, au suivi d’une formation spécifique en culture et histoire de l’architecture et à des références de chantier (de moins de 2 ans) sur du bâti d’avant 1940.

Le CIP est délivré par les CAPEB départementales aux entreprises, adhérentes ou non, qui en font la demande. »

Pour en savoir plus : site de la Capeb

 

  • Le label EPV, Entreprise du patrimoine vivant : ce label est « une marque de reconnaissance de l’Etat, mise en place pour distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence. Ce label est attribué pour une période de 5 ans, après une procédure d’attribution menée par des experts. »

Pour en savoir plus : site Web consacré à l’EPV pour connaître les critères d’attribution, le déroulement de la procédure ou consulter l’annuaire des entreprises déjà labellisées.

 

Une majorité de chantiers d’un montant inférieur à 10 000 €

D’après une étude de la CAPEB, le coeur de marché des entreprises artisanales sur ce marché est constitué de résidences individuelles du 19ème et du début du 20ème siècle. Une majorité de chantiers sont d’un montant inférieur à 10 000 €.

« Plus de 80 % des chantiers ne font l’objet d’aucun classement. En effet, au-delà du marché du patrimoine limité aux seuls monuments faisant l’objet d’une réglementation, se trouve un autre marché du patrimoine : celui des bâtiments d’avant 1940, non-inscrits ou classés ou soumis à une quelconque réglementation. C’est ce que l’on appelle le patrimoine bâti ancien.

Par leur aspect historique, leur conception, leur réalisation, ces édifices requièrent également une attention et des savoir-faire particuliers lors de leur restauration pour conserver leur valeur patrimoniale. »

 

Des aides financières pour vos clients privés

Le marché de la rénovation du patrimoine bâti ancien fait face à une baisse des crédits d’Etat et au désengagement de certaines communes. Des aides existent, dont :

 

  • aide au patrimoine privé bâti non protégé

La Fondation du patrimoine, grâce à son label, permet à un propriétaire privé détenteur d'un bien immobilier présentant un intérêt patrimonial et non protégé au titre des monuments historiques, de bénéficier de déductions fiscales pour des travaux de sauvegarde ou de restauration.

La Fondation du patrimoine est le seul organisme habilité par le Ministère des Finances à octroyer un label ouvrant droit à déduction fiscale.

Pour en savoir plus : site national de la Fondation du patrimoine

 

  • aide au patrimoine privé bâti protégé

Les propriétaires privés qui souhaitent effectuer des travaux de restauration sur des immeubles ou parties d’immeubles classés ou inscrits Monuments Historiques, peuvent solliciter des mécènes.

Désormais, les sommes versées par les mécènes ouvrent droit à une réduction d’impôt au titre de l’impôt sur le revenu.

Le projet devra faire l’objet d’une convention passée entre la Fondation du patrimoine et le propriétaire du site.

Pour en savoir plus : site de la Fondation du patrimoine – Rhône-Alpes

 

 

Sources :

Ifop, CAPEB, 08/09/2011

CEREQ, 05/2004

Qualibat, au 10/09/2015

CAPEB, au 11/09/2015

ISM, 09/2015

CAPEB, 12/2007

Fondation du patrimoine, 09/2015

 

Crédit visuel : Stocksnap