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Aéronautique : un secteur stratégique pour la France et la région

Avec Airbus, la filière aéronautique française pèse lourd. Elle représente 12 % des exportations totales, avec 55,7 milliards d’euros de ventes à l’étranger en 2018 et un excédent commercial de 27,1 milliards d’euros, en hausse de 14 % en un an. Selon l’Insee, les exportations aéronautiques représentaient 3,2 % du PIB du pays en 2015, contre 1,3 % pour l’Allemagne, et environ 0,7 % pour les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada.

La branche a un effet d’entraînement sur le reste de l’économie : un euro de valeur ajoutée générée par l’aéronautique se traduit par 3,60 euros de valeur ajoutée générée dans les autres activités, du fait de la part importante des consommations intermédiaires entrant dans les exportations et produites pour l’essentiel en France. Ainsi, quand Airbus vend un avion, toute la filière, - dont les équipementiers localisés en France -, profite de l’aubaine. Mais d’autres entreprises (consultants, informaticiens, avocats, marketing…) sont également entraînées dans son sillage.

Conséquence aussi, la France est le pays le plus sensible à la demande finale étrangère relève l’Insee dans une étude réalisée en 2017. Une hausse de 10 % de la demande mondiale d’aéronautique contribuerait pour 0,11 point à la croissance du PIB  français. En 2018, la commande de 347 Airbus pour quelque 28,3 milliards d’euros pèse lourd dans la balance. Mais ce qui est un atout se révèle aussi une fragilité du secteur, très dépendant des performances d’Airbus.

 

Trois facteurs impactants

Trois facteurs impactent la filière aéronautique française. Tout d’abord l’innovation dont le Salon du Bourget est la vitrine et le lieu de rencontre privilégié. En second lieu, l’opinion publique, le secteur toujours très polluant, fait l’objet d’un rejet croissant. D’où la nécessité d’innover notamment sur le poids des appareils et leur consommation. Troisième point, le futur, avec la transition connectée et numérique des usines. L’impression 3D renforcera le rôle de la supply chain dans l’ensemble des process amont et aval de la production.

L’emploi reste aussi une préoccupation avec l’objectif de recruter 15 000 jeunes en 2019 aux postes d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers. Les difficultés récurrentes des entreprises, qui font face à la pénurie de profils spécialisés, restent d’actualité.

Pour rappel, la filière aéronautique en France compte 195 000 emplois directs : 50 % sont des ingénieurs (R&D et production) et 25 % des techniciens qualifiés (ajusteurs, monteurs, chaudronniers, mécaniciens de maintenance…).

 

La Région Auvergne-Rhône-Alpes investit

La problématique de l’emploi dans l’aéronautique touche directement Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 550 entreprises dont 350 spécialistes, représentant 30 000 emplois directs et un chiffre d’affaires de 3,3 milliards d’euros.

 Aussi, à la demande et en concertation avec les entreprises de la filière sur le territoire, la Région lance la création d’un Campus aéronautique sur la base aérienne d’Ambérieu-en-Bugey. Les premières formations seront dispensées « hors les murs » dès septembre 2020. Le campus devrait lui ouvrir ses portes en 2022. Il proposera des modules complémentaires aux formations initiales pour aider les entreprises à répondre à leurs besoins techniques précis.

Ces modules seront conçus avec les principaux acteurs de la filière, notamment Dassault Aviation et Thales Académie et seront proposés aux lycéens, aux demandeurs d’emplois, aux salariés souhaitant compléter leur cursus avec une spécialisation aéronautique (qualité, traçabilité, production…).

 

Décollage du projet Aeroprint

Par ailleurs, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a signé un protocole d’accord avec Dassault Aviation pour le démarrage du projet Aeroprint, en faveur de l’industrialisation de la fabrication additive appliquée à l’aéronautique, à hauteur de 10 millions d’euros. La filière se trouve en effet face à des enjeux structurants qu’elle doit relever pour maintenir sa compétitivité :

  • La croissance soutenue du trafic aérien mondial
  • Une réglementation toujours plus exigeante
  • L’allègement et la complexité des pièces
  • Le développement des besoins en maintenance
  • La raréfaction de certains matériaux et la nécessité de recourir à des matériaux nouveaux.

La fabrication additive dans des conditions de production industrielle permettra d’apporter des réponses à ces enjeux. Dans ce cadre, le programme Aeroprint, porté par Dassault Aviation, est un projet collaboratif de R&D qui a l’ambition de contribuer à lever plusieurs verrous. Il consiste à développer, qualifier et mettre en place un démonstrateur préindustriel de fabrication métallique multimatériaux (titane et aluminium), capable de fabriquer des pièces complexes et critiques certifiées.

Il devra déboucher, dès 2020, sur la construction d’une ligne pilote industrielle sur le site de Dassault Aviation à Argonay, en Haute-Savoie, qui a vocation à être ouverte à tous les membres du consortium impliqué dans le projet.

 

Lire aussi: Aéronautique : faire décoller la filière en Auvergne-Rhône-Alpes

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

techniques-ingenieur.fr

lesechos.fr

lyonenfrance.com

 

Crédit photo : Pixabay