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Coronavirus : des entreprises d’Auvergne-Rhône-Alpes très engagées dans la lutte sanitaire

21/04/2020

Ils sont implantés dans toute la région Auvergne-Rhône-Alpes. TPE de quelques salariés ou industriels, ils ont engagé, sans attendre, leurs forces pour répondre aux besoins des soignants en solution hydroalcoolique, masques et blouses. Des fabrications qui serviront aussi pour les besoins de la population du territoire.

 

« Il faut sortir de cette crise plus forts qu’à l’arrivée, relever le défi peu à peu de l’approvisionnement, et démontrer notre capacité à avoir des produits Made in Auvergne-Rhône-Alpes. Je veux ici souligner la belle capacité de réactivité du tissu économique régional » a expliqué Laurent Wauquiez face à la presse, avec à ses côtés, un panel de chefs d’entreprises engagés directement dans la lutte contre le Covid-19.

 

Vers l’autonomie en gel hydroalcoolique

Plusieurs se sont lancés dès le début du confinement dans la fabrication de gel hydroalcoolique. Parmi eux, Phytema à Ruffieux en Savoie, opère avec des équipes motivées. « Nous avions beaucoup de flacons de shampoings d’avance mais le plus dur a été de trouver de l’alcool » a indiqué François Arduin, son dirigeant. A la demande de l’établissement régional, il a ainsi produit du gel ajouté aux kits livrés notamment aux infirmières et sage-femmes libérales. Pour Sodevi Industrie à Clermont-Ferrand, l’enjeu a été aussi une reconversion rapide tant de l’outil de production que du laboratoire de recherche/développement. L’entreprise livre ses clients en gros conditionnements de gel hydroalcoolique et en produit désinfectant sans rinçage.

« Il a fallu se réinventer » a pour sa part précisé le patron de Labojal à Thisy-les-Bourgs dans le Rhône. Spécialiste de la détergence de l’hygiène des mains depuis trente ans, la PME, a fait face à ses problèmes d’approvisionnement pour fournir en 72 heures des dosettes de solutions hydroalcoolique. A une autre échelle, Orapi, implanté à Vénissieux dans le Rhône et à Saint-Vulbas dans l’Ardèche, fabrique 24H sur 24 et 7 jours sur 7, une production de l’ordre de 300 tonnes par semaine de gel hydroalcoolique avec une centaine de salariés  dédiés à cette activité.

C’est aussi l’expérience de Greentech à Clermont-Ferrand, spécialisé d’ordinaire dans la production d’ingrédients actifs pour la pharmacie et les cosmétiques. La société conditionne aujourd’hui en gros bidons une solution hydroalcoolique destinée à la Région et aux industriels du territoire. Elle va prochainement s’équiper pour conditionner ce produit en flacons de 100 et 200 ml.

Enfin, Realinox à Saint-Etienne, a mis au point avec son bureau d’études une borne inox de distribution de solution hydroalcoolique qui pourra être installée partout, dans les écoles, les hôpitaux, les commerces, les aéroports ou encore les lieux d’exposition. Elle aura investi plus de 750 000 euros dans les outils de conception et de réalisation ainsi que dans les logiciels.

« Grâce à ces moyens de production de gel hydroalcoolique, la région Auvergne-Rhône-Alpes sera autonome pour fournir ses hôpitaux, ses maisons de retraite et ses professionnels de santé » a souligné Laurent Wauquiez.

 

Des masques de plusieurs catégories

Autre enjeu pour la région, acquérir des masques en quantité suffisantes pour les soignants et à terme pour toute la population.

C’est le défi qu’a relevé Savoy International à Cluses. « Quand nous avons pris conscience de la crise sanitaire, le 15 mars, nous avons changé nos méthodes. Nous avons rappelé des cadres à la retraite qui ont travaillé avec les cadres du groupe pour se pencher sur un nouveau projet » a expliqué son dirigeant Emile Allamand.

Des moyens industriels en provenance de Chine ont été acquis : dès fin avril, la société pourra produire 7 jours sur 7 et 24 H sur 24 quelque 4 millions de masques par semaine dont la matière première est une base en polypropylène.

Chez Porcher Industries, spécialisé dans la fabrication de textiles techniques pour l’aéronautique et l’automobile, l’enjeu a été en deux semaines et demi de trouver des confectionneurs. «On s’est mis en mode start-up, le message a parfois été compliqué à faire passer en interne mais l’ensemble du personnel a été très réactif et la polyvalence des postes a été acceptée » a indiqué André Genton. Testé par la DGA, le masque développé présente une grande vertu : la possibilité d’être lavé au moins 50 fois sans perdre ses propriétés. « L’objectif est d’atteindre 100 lavages. Il n’est pas destiné aux hospitaliers mais à la population au sens large ».

 Plusieurs PME comme Brave à Albertville et Acett dans l’Ain, ont elles aussi développé des modèles de masques, répondant ainsi à la demande régionale.

Un collectif grenoblois emmené par le lyonnais Ouvry, spécialiste des protections NRBC, a également développé un prototype avec le groupe Michelin associant pour la jupe une entreprise de Meximieux, et pour les sangles une PME de Saint-Genis l’Argentière. La production devrait atteindre 450 000 unités d’ici fin mai.

Harmonyl 2, à Saint-Sauveur près de Grenoble, a de son côté développé une visière de protection destinée au personnel soignant mais aussi aux pharmacies ou au secteur du BTP puisque le port d’un casque peut lui être associé.

Pour sa part, Boldoduc à Dardilly dans le Rhône, a été l’une des toutes premières entreprises françaises à répondre à la demande de l’Etat. Elle a déjà livré 300 000 masques réutilisables et lavables et prévoit de monter en puissance pour passer de 600 000 unités à 1 million. Pour réaliser cet objectif, Boldoduc s’est adjoint la participation de 2500 confectionneurs à domicile à travers toute la France.

 

Des fabrications de blouses en Auvergne-Rhône-Alpes

Les sociétés IPS à Bas-en-Basset, Janu'sac à Saint-Pal-de-Mons et Sofrep à Rosières ont combiné leurs moyens techniques pour fabriquer des surblouses commercialisées directement dans les hôpitaux et les Ehpad.

Les trois PME, basées en Haute-Loire, ont mis au point un système d’assemblage de blouses, testé avec l’Hôpital du Puy-en-Velay. Un produit qui va être fabriqué à très haute cadence et qui permettra de répondre aux besoins de l’Agence régionale de santé sur toute la région Auvergne-Rhône-Alpes. La capacité de production visée est en effet de 300 000 surblouses par jour quand les besoins régionaux sont estimés à 2 millions par semaine.  

IPS s'occupe de l'extrusion et fournit les bobines à Sofrep et Janu'sac qui assurent la transformation de la matière et confectionnent les surblouses.

Autre exemple, cette fois dans le Cantal, le spécialiste du parapluie, la société Piganiol cherchait à se rendre utile en fabriquant des masques et des blouses. « En 24 heures, un prototype a été mis au point dans le but de mettre en production des blouses lavables pour les hôpitaux et des tabliers jetables pour les Ehpad » explique Mathieu Piganiol, son président. L’entreprise va ainsi fabriquer quelque 50 000 tabliers jetables pour le CHU de Grenoble. Elle poursuit par ailleurs le développement d’un masque, pour rendre service à la population, qui vient de faire l’objet d’une validation de la Direction Générale de l’Armement.

 

L’équipe Avisé

 

Crédit photo : Région Auvergne-Rhône-Alpes