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Cuir : les exportations françaises portées par le luxe

13/11/2019
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La filière cuir vient de publier sa note de conjoncture pour le premier semestre 2019, qui fait état d’une balance commerciale excédentaire de 8 points, avec un taux de couverture de 116 %. Un semestre en droite ligne avec l’année 2018, déjà portée par les exportations. C’est une nouvelle fois le haut de gamme et le luxe qui permettent d’afficher de bons résultats.

Globalement, si les exportations ont augmenté de 13 % tous secteurs confondus, celles des produits finis ont bondi de 15 %, soit 1 milliard d’euros de plus qu’en 2018, avec comme principaux clients l’Italie (12 %), Hong Kong (11 %) et les États-Unis (11 %). La France exporte pour 6 milliards d’euros de produits finis et importe pour 5,1 milliards (+ 4 %). Porté par les grandes maisons du luxe, son savoir-faire séduit toujours à l’international, indique le Conseil national du cuir.

 

La maroquinerie en tête

Avec des exportations en progression de 16 % et un marché de 4 milliards d’euros, la maroquinerie caracole en tête du secteur fournissant en priorité Hong Kong (14 %), Singapour (13 %), les États-Unis (12 %) suivis par l’Italie (9 %) et le Royaume-Uni (8 %).

 Les sacs à main se classent en haut des ventes représentant 59 % des exportations d’articles de maroquinerie, soit une progression de 23 % comparés à 2018, à 2,4 milliards d’euros. Sur les 10,2 millions de sacs vendus, 2,5 millions sont en cuir. Quant au prix moyen en douanes, il a augmenté de 15 % (toutes matières confondues) et de 22 % pour les sacs en cuir, pour atteindre 609 euros.

Les importations de maroquinerie ont elles aussi progressé (+ 8 %) à 1,7 milliard d’euros provenant pour l’essentiel de Chine (35 %) pour les produits à la mode moyen/bas de gamme, d’Italie (23 %) où plusieurs maisons de couture disposent d’ateliers de fabrication, et d’Espagne (11 %), qui séduit les jeunes créateurs. Un million de sacs à main en plus ont été importés, ce qui a pesé sur la production de sacs pour femmes en France, en recul de 8 %.

 

Progression dans la chaussure

Dans la chaussure, les exportations ont  progressé de 12 % en valeur pour atteindre 1,9 milliard d’euros, et de 5 % en volume. Quelque 62 millions de paires de chaussures au prix moyen de 63 euros, se sont vendues dont 90 % dans l’Union européenne : principalement en Espagne, Italie, Allemagne, Belgique et Pologne.

Dans le même temps, les importations ont baissé de 6 % en volume mais ont augmenté de 2 % en valeur à 3,3 milliards d’euros. Plus d’une chaussure sur deux vient de Chine même si les volumes ont reculé (- 12 %). Le reste est importé du Vietnam et surtout d’Italie avec près de 15 millions de paires  (+ 9 %) au prix moyen de 45 euros.

Le Conseil national du Cuir relève par ailleurs un effet sur la production française du mouvement des "gilets jaunes", avec une chute de 6 % des ventes en volume dans les enseignes de la chaussure.

 

La tannerie mégisserie également en progrès

 

Lors des six premiers mois de 2019, la tannerie mégisserie a enregistré une croissance de 9,1 % de son chiffre d’affaires, grâce à la vente de cuirs finis de veaux dont la qualité exceptionnelle est très recherchée  à travers le monde. Leurs exportations ont en effet gagné 10 % en valeur, tandis que la production française s’est accrue de 4 % en volume. La demande est restée forte avec l’ouverture en France de nombreux ateliers de maroquinerie, d’où la hausse des importations de 5 %.

Les ventes de cuirs finis sont demeurées stables en Europe qui absorbe 63 % des exportations françaises. Le Conseil national du cuir relève, en revanche, l’influence des relations tendues entre les États-Unis et la Chine sur l’activité des mégissiers spécialisés en cuir d’agneau pour l’habillement : - 5,3 % en production et - 5 % à l’exportation (- 35 % des ventes vers la Chine et Hong Kong).

 

Une baisse d’activité de l’amont

Enfin, l’organisation professionnelle note l’incidence des nouveaux modes de consommation de viande en Europe « qui touchent de plein fouet l’amont de notre filière ». La tendance est à la réduction des abattages et donc de la production de peaux brutes. Les exportations ont reculé de 33 % : en effet l’Italie, premier client de la France (73 % du total des exportations) a baissé de 35 % sa demande en cuirs et peaux bruts, la Chine de 26 %, l’Espagne de 21 % et l’Allemagne de 38 %.

 

Lire aussi : Cuir : l'Italie et la France en bonne place dans les échanges mondiaux

 

L’équipe Avisé

 

Source : conseilnationalducuir.org

 

Crédit photo : Pixabay