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L’automobile française a un tournant

Selon une étude du cabinet de conseil Alix Partners, l’industrie automobile mondiale va être confrontée dans les cinq prochaines années à un effet ciseau : la baisse des volumes d’un côté, la hausse des investissements de l’autre. Ce qui va largement impacter la rentabilité des constructeurs et certainement provoquer des fermetures d’usines. Un contexte international de ralentissement des ventes auquel n’échappera pas l’automobile française.

Elle a en effet besoin de se réinventer sous la double pression de la fin programmée du diesel, imposée par les nouvelles normes européennes en matière de lutte contre le CO2, et les nécessaires investissements dans le véhicule électrique et le véhicule autonome, porteurs d’avenir.

 

Terre d’investissements

La France est la première destination des investissements industriels étrangers créateurs d’emploi pour le secteur automobile en Europe. Elle bénéficie d’une situation géographique privilégiée, d’une main d’œuvre de qualité et d’infrastructures développées. L’industrie automobile basée en France est forte de grands constructeurs et équipementiers, d’un tissu dense de sous-traitants et d’un niveau de service élevé.

La filière regroupe 4 000 entreprises industrielles qui emploient 400 000 salariés en France et réalisent un chiffre d’affaires de 155 milliards d’euros dont 49 milliards à l’exportation. Elle est aussi celle qui dépose le plus de brevets et investit plus de 5,8 milliards d’euros par an en R&D.

Son volet aval comprend les entreprises de services qui représentent un écosystème d’ETI, de PME et de TPE particulièrement dense (distribution, contrôle, maintenance, réparation, sécurité routière, économie circulaire et solutions de mobilité…) On y dénombre 139 0000 entreprises et plus de 400 000 salariés.

Au 1er janvier 2018, le parc automobile français était composé de 39,5 millions d’unités dont 32,7 millions de véhicules particuliers, et 6,1 millions de véhicules utilitaires légers. On compte également 92 000 cars et bus et 540 000 poids lourds.

 

 

Les priorités pour produire en France

La France s’est donné plusieurs priorités dont le développement des véhicules hybrides et électriques. Fin 2018, on comptait 207 000 véhicules de ce type avec l’objectif de le porter à 1 million en 2022. Cet objectif est inscrit dans le contrat stratégique de la filière automobile dont 600 000 véhicules électriques et 400 000 véhicules hybrides rechargeables. Pour l’atteindre, des investissements importants ont déjà été annoncés par Renault, PSA, et Daimler.

Par ailleurs, la France a décidé un plan d’accélération du déploiement des bornes électriques. Près de 25 000 points de recharge sont accessibles au public début 2019, ce chiffre sera porté à 100 000 en 2022. Différents cas d’usage sont envisagés, dont la recharge à domicile, au travail ou dans l’espace public.

En troisième lieu, la France va soutenir la création d’une filière française de batterie à hauteur de 700 millions d’euros et développer un partenariat européen autour d’un consortium franco-allemand

 

Lire aussi : Voitures électriques : 700 millions d'euros pour les batteries

 

Enfin, le développement des véhicules autonomes et connectés fait aussi partie de la stratégie nationale. L’objectif est de déployer sur des territoires d’ici 2021 des services de transport autonomes à la demande en taille réelle.

Pour développer les véhicules autonomes, la France possède à la fois des start-ups et entreprises innovantes sur les capteurs, la vision, le géo-positionnement, la cyber-sécurité, les processeurs intelligents et la simulation ainsi que des instituts reconnus d’intelligence artificielle tels que l’INRIA, SystemX, LAAS , CEA-LIST....

 

La filière est structurante pour tout le territoire, avec de nombreuses implantations régionales.

 

Entretien et Réparation : des métiers d’avenir

Globalement, la branche des services de l’automobile est, elle, constituée de près de 92 000 entreprises et occupe 480 000 emplois (tout autant que l’industrie automobile) non délocalisables. L’entretien et la réparation automobile représentent plus de 40.000 entreprises artisanales employant près de 180 000 salariés.

C’est l’un des secteurs qui s’investit le plus dans la formation professionnellePlus de 70 000 jeunes, dont 30 000 en apprentissage, sont formés chaque année. Et pourtant le secteur automobile rencontre des difficultés dans le domaine du recrutement, plus particulièrement pour la main d’œuvre qualifiée. Depuis quelques années le secteur connaît en effet une accélération de l’évolution technologique des véhicules (électronique embarquée et informatique) qui modifie les méthodes de travail et les outils utilisés. Il s’agit d’un secteur de haute technicité qui est plus que jamais porteur.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

entreprises.gouv.fr

fna.fr

 

Crédit photo : Pixabay