Avisé, s'informer pour réussir

site d'informations stratégiques
du réseau des chambres de métiers et de l'artisanat d'Auvergne-Rhône-Alpes

Vous êtes ici

Le décolletage encaisse le choc face à la crise

Fortement implantée dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et en particulier dans la Vallée de l’Arve en Haute-Savoie (75% du total national), l’industrie du décolletage tient le choc face à la crise sanitaire. Constitué pour l’essentiel de TPE et PME, le tissu local a su tout à la fois faire le gros dos et saisir les opportunités présentées dans le cadre du plan France Relance.

 

Travailler avec le virus

« La situation d’une période de confinement à l’autre est bien différente car des mesures de protection importantes ont été prises et on a appris à travailler avec le virus » explique Maxime Thonnerieux, directeur général du Syndicat national du décolletage (SNDEC). « Actuellement, l’activité demeure importante pour l’automobile mais on verra d’ici deux mois où on est ! Pour l’aéronautique, en revanche, la situation est très délicate ».

Peu de billets d’avion seront sans doute vendus d’ici la fin de l’année, les industriels du secteur ont donc anticipé une situation « très compliquée, sans redécollage des ventes dans le secteur avant 2022, mais il y a d’ici là des solutions financières à trouver » poursuit-il.

 

L’État au rendez-vous

Pour l’heure, les industriels du décolletage apprécient le coup de pouce majeur apporté par l’Etat à travers le plan France Relance. « Si l’Etat n’avait pas pris des mesures, cela aurait été dramatique. Il y aurait eu une très grosse casse sociale en juin sans le Prêt garanti par l’Etat (PGE) et sans l’activité partielle. L’Etat a été au rendez-vous ! »

Aujourd’hui, il est là encore « pour abonder la relance, un gros travail est fait pour accompagner la profession dans sa diversification ». Le plan d’investissement pour l’industrie du futur et pour une industrie décarbonée ainsi que les appels à projets mis en place, concernent beaucoup d’entreprises du décolletage.

 

Nombreux lauréats en Auvergne-Rhône-Alpes

Sur 110 lauréats au niveau national choisis par le ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance et par le ministère de l’Industrie, on en dénombre 23 en Auvergne-Rhône-Alpes : 12 dans l’automobile et 11 dans l’aéronautique. Représentant un investissement productif de plus de 31 millions d’euros, ils bénéficieront d’un soutien de plus de 15 millions d’euros au titre des fonds de modernisation automobile et aéronautique.

Sans ces plans, il aurait été difficile aux entreprises d’investir dans de nouveaux projets. « L’aéronautique a perdu 50% de ses ventes en volumes. Grâce au plan de relance qui prend en charge jusqu'à 80% de l’investissement, nombreuses sont les TPE et PME qui vont pouvoir prendre des marchés tels que l’e-mobility, et se redéployer dans différentes zones géographiques en allant reprendre des pièces à leurs concurrents chinois ».

Ajoutés à la baisse des impôts de production annoncée, ces plans seront source de productivité. « Les entreprises ont joué le jeu, les dossiers avancent très vite car elles en ont compris l’intérêt », souligne Maxime Thonnerieux.

 

Un tissu de TPE et PME agiles et réactives

La force de la profession tient à son essence même, un tissu de TPE et PME, qui donne de l’agilité et de la réactivité. En outre, les entreprises ont l’habitude travailler ensemble et sont connectées aux quelques grandes sociétés également présentes dans la vallée. Et si les grands tirent l’activité en termes de volume, ils ne pourraient fonctionner sans la myriade de petits industriels qui leur donnent souplesse et capacité d’adaptation.

L’objectif est désormais d’ouvrir aussi la profession à l’usinage conventionnel et de se rapprocher plus encore des fabricants de machines. « C’est un moyen sûr d’être plus forts face aux clients ». En même temps, la diversification s’accélère pour être prêts, le jour venu, sur les nouvelles technologies telles que l’hydrogène.

 

En attendant le prochain SIMODEC

Enfin, le plan stratégique Horizon 2030 se met peu à peu en place avec le concours de nombreux acteurs tels que la Chambre de Métiers de Haute-Savoie, la Chambre de commerce et d’industrie, le Cetim, le pôle Mont-Blanc Industries et bien d’autres encore. Autant de partenaires qui se retrouveront, dès que possible, autour d’une table pour discuter des voies à prendre pour l’avenir.

C’est le rôle dévolu notamment au SIMODEC, le grand rendez-vous de la profession, qui a dû être reporté en 2021. « C’est un moment privilégié, exceptionnel qui permet de se retrouver pour parler investissements et conquête de nouveaux marchés », conclut confiant le directeur général du SNDEC.

 

Lire aussi : Plan France Relance : des aides déjà opérationnelles pour les artisans

 

L’équipe Avisé

 

Source : SNDEC

 

Crédit photo : Pixabay