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Le marché automobile français se stabilise

Le marché automobile français pourrait connaître un coup de frein brutal en 2019 sous l’influence de différents facteurs en particulier suite aux perturbations liées aux normes d’émissions plus strictes et aux manifestations des « gilets jaunes ». Après une croissance de 3 % en 2018 - pour la quatrième année consécutive-, les ventes de voitures neuves pourraient marquer le pas : elles ont chuté de 14,5 % en décembre 2018.

D’une part les nouvelles normes d’homologation entrées en vigueur en septembre 2018 ont réduit l’offre de véhicules disponibles, d’autre part, les blocages de ronds-points dans les zones commerciales ont fait chuter nettement la fréquentation des concessions automobiles.

 

Net ralentissement

"On reste prudent, on pense à un marché français qui pourrait être stabilisé" cette année, a déclaré François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA) lors d'une conférence de presse. À noter qu’en 2018, 2,17 millions de voitures particulières neuves ont été immatriculées en France.

Certains analystes anticipent eux un retournement de tendance. Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem de l'automobile, table sur une baisse de 3 % en 2019 sur fond de ralentissement économique général.

En progression jusqu’en août, le marché s’est retourné en septembre 2018 sous l’effet de l’entrée en vigueur de la norme européenne WLTP. Elle a conduit les constructeurs à retirer de leurs catalogues certains modèles trop polluants qui ne respectaient plus les réglementations durcies. Les conséquences de la norme WLTP devraient continuer d’être ressenties en ce début d’exercice, considèrent plusieurs experts, au moins au premier semestre. En outre les livraisons qui ont nettement reculé en décembre et les commandes ont été largement affectées par le mouvement des « gilets jaunes ».

Autre fait notable, le déclin progressif et continu du diesel. Il est passé de 47,3 % des voitures immatriculées en 2017 à 40 % en 2018. Cette désaffection ne se reporte toutefois que très modérément sur les voitures électriques ou hybrides dont les ventes ont progressé de seulement 6 % en 2018.

«Cela reste encore faible», note François Roudier, porte-parole du CCFA. «L'offre va réellement arriver sur le marché en 2019 et 2020 ». Pour rappel, comme chaque année, le CCFA doit annoncer début mars sa prévision chiffrée pour la croissance du marché français lors de l'année en cours.

 

Au niveau mondial aussi

C’est peut-être aussi la fin d’une époque au niveau mondial relèvent plusieurs analystes du secteur de l’industrie automobile. « On est clairement à la fin d’une période de croissance qui a duré près de 10 ans » considère Laurent Petizon d’AlixPartners. « Il y a un vrai risque de baisse du marché cette année : nous prévoyons un nouveau recul des ventes en Chine et aux États-Unis en 2019 et une croissance plutôt faible en Europe ».

En Chine, premier marché mondial, les ventes ont reculé en 2018 pour la première fois depuis plusieurs décennies. Outre des effets cycliques et macroéconomiques qui vont plomber les achats de voitures neuves sur les grands marchés comme dans plusieurs pays émergents, d’autres faits devraient peser sur l’évolution du marché. La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine est toujours latente et divers changements structurels sont attendus dans le secteur. Les droits de douane imposés par les États-Unis sur les véhicules européens planent toujours au-dessus de la tête des constructeurs. En outre, le scénario d’un Brexit sans accord n’est pas encore écarté, ce qui expose l’industrie automobile à de graves conséquences financières.

 

Changements structurels majeurs

En parallèle, l’industrie automobile doit faire face à des changements structurels majeurs. L’essor de la voiture autonome et connectée oblige les constructeurs à investir massivement en recherche/développement au moment même où la pression réglementaire s’accroît  pour réduire les émissions polluantes. Conséquence : de lourdes amendes pourraient être infligées par Bruxelles en cas de non-respect des objectifs 2021 en matière d’émissions de CO2. Selon PA Consulting, huit groupes automobiles sur treize présents en Europe pourraient ne pas remplir leurs objectifs à l’échéance.

Des investissements massifs ont cependant été annoncés par les constructeurs pour électrifier leur gamme. Mais il sera difficile de vendre des voitures potentiellement plus chères, le premier critère de choix des consommateurs restant le prix. Pour rappel, les objectifs européens à l’horizon 2030 prévoient une réduction de 37,5 % des émissions de CO2. Des objectifs jugés "irréalistes" selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA).

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

latribune.fr

lesechos.fr

 

Crédit photo : Pixabay