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L'industrie textile s’engage pour l’environnement

20/12/2019

Plus de 150 marques de l’industrie de la mode et du luxe, regroupées dans une cinquantaine d’entreprises, se réunissent depuis l’été 2019 autour d’un même objectif : réduire l’impact de la production sur l’environnement marin.

 

Présenté au Président de La République lors du G7 à Biarritz, le Fashion Pact encourage les acteurs de la mode et du luxe à mettre en place des initiatives en faveur de l’environnement et du développement durable.

Les enjeux sont en effet importants : c’est le deuxième secteur le plus polluant après celui du pétrole. Selon l’ONU, l’industrie de la mode est responsable de 20 % des rejets d’eaux usées, de 35 % des rejets de microplastiques dans les océans, de 10 % des émissions de carbone dans le monde et de 22 % des pesticides utilisés.

 

Premier compte-rendu en septembre 2020

Les signataires s’engagent à éliminer les plastiques à usage unique pour limiter la pollution des océans, à restaurer la biodiversité en protégeant les espèces ou encore à atteindre zéro émission de CO2 d’ici à 2050 pour enrayer le changement climatique. Ils peuvent opter pour l’approvisionnement en matières premières durables ou encore par la compensation d’émissions, notamment par la reforestation.

Les premiers impacts sont fixés à l’horizon 2030 mais les moyens concrets pour les atteindre restent encore à éclaircir. Un premier compte-rendu des travaux engagés sera publié en septembre 2020 pour présenter l’état d’avancement des actions.

 

Vers des modes de production plus responsables

D’après un rapport de la Fondation Ellen Mac Arthur, la production mondiale de vêtements a doublé en 15 ans. La signature du Fashion Pact intervient alors que les consommateurs – Génération Z et Millenials notamment - affichent leur goût pour des modes de production plus responsable. L’engagement durable des marques relève donc à la fois de la conviction écologique et de la stratégie économique. Plusieurs ONG encouragent les acteurs du monde de la mode à s’intéresser aux problèmes liés à la surproduction, aux réseaux de seconde main ou encore à l’usage de matières premières alternatives.

Selon une étude de l’ADEME, plus de 100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde. Leur production a doublé entre 2000 et 2017. Les consommateurs les achètent deux fois plus qu’il y a 15 ans mais les conservent moins longtemps. Accélérer la fréquence des achats conduit à des conséquences sociales et environnementales désastreuses.

Le plus gros problème réside dans tout ce que libère le lavage : des microparticules de nylon, polyester, élasthanne ou acrylique. Elles sont trop petites pour être filtrées par les stations d’épuration et finissent leur course dans l’océan. C’est la principale source de pollution des océans, devant les sacs plastiques.

 

Le cuir veut passer au vert

De l’élevage des animaux au tannage des peaux, la filière française du cuir a pour but de réduire son impact environnemental. Un forum international dédié à la RSE (Responsabilité sociale des entreprises) des métiers du cuir et à ses bonnes pratiques a été organisé par le Conseil national du cuir en présence de plus de 200 professionnels français et étrangers.

En France, 7 millions de tonnes de cuirs « finis » sont produits tous les ans par les tanneurs et les mégisseurs. Comme l’industrie de la mode, l’industrie du cuir pâtit d’une mauvaise image (déforestation causé par l’élevage intensif du bétail, grande consommation d’eau, utilisation du chrome pour assouplir les peaux…).

La RSE est devenue une obligation pour les entreprises, sous la pression des clients qui veulent savoir d’où proviennent les peaux, de la société en général comme de la réglementation. «La traçabilité est un instrument indispensable d’assurance  pour les clients »,  explique David Grangéré, directeur industriel de Bigard, leader français de l’abattage des viandes. Et d’ajouter : « le système d’identification et de traçabilité des bovins en France est reconnu comme l’un des plus performants ».

 

Lire aussi : Industries de la mode : chiffres clés et évolutions à suivre

Lire aussi : Les défis de la filière française de l’Habillement

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

L’Usine Nouvelle n°3633 du 7 au 13 novembre

kering.com

usinenouvelle.com

grazia.fr

letelegramme.fr

 

Crédit photo : Pixabay