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Métallurgie et Travail des métaux : un secteur-clé pour Auvergne-Rhône-Alpes

Première région industrielle de France, Auvergne-Rhône-Alpes est également la première en nombre d’établissements et d’emplois dans le secteur de la métallurgie et du travail des métaux, indique Auvergne Rhône-Alpes Entreprises qui vient de publier un panorama régional consacré à cette activité.

 

5 % de la valeur ajoutée régionale

Le secteur, qui représente plus de 5 % de la valeur ajoutée régionale, regroupe quelque 85 000 salariés, soit 20 % de l’emploi industriel en région. Les produits métallurgiques et métalliques ont représenté 9,3 % des exportations régionales, un taux bien plus élevé que la moyenne nationale (6,8 %).

La part de ce secteur dans l’emploi industriel est particulièrement élevée en Savoie (34,6 %), en Haute-Savoie (34,2 %) et dans la Loire (26,2 %). Certaines zones d’emplois sont même très spécialisées comme la vallée de l’Arve en Haute-Savoie spécialisée dans le décolletage, les vallées savoyardes de Tarentaise et de Maurienne, le bassin de Thiers, spécialiste de la coutellerie.

 

De multiples PME autour de quelques grands employeurs

Le secteur est actif sur la plupart de territoires, grâce à la présence de nombreuses PME sous-traitantes en mécanique aux côtés de quelques grands acteurs. Ainsi, la vallée de l’Arve réunit la majeure partie des entreprises du décolletage et pèse pour 72 % dans les effectifs nationaux de l’activité. On retrouve dans les vallées alpines de Tarentaise et de Maurienne quelques grands employeurs comme Ugitech, Ferropem, Timet, Tivoly autour desquels se déploie un tissu de PME.

Autour de Montélimar, sont réunis nombre d’emplois dans la fabrication et l’installation de structures métalliques pour la construction grâce à la présence de Fives Nordon, Orys, Ponticelli. À Issoire, Constellium compte plus de 1 500 salariés spécialisés dans la fabrication de plaques d’aluminium pour l’aéronautique. Quant au bassin de Thiers, il pèse pour plus de la moitié du poids total de la filière française de coutellerie.

La structure du tissu industriel se caractérise avant tout par des établissements de petite taille avec 67 % des entreprises qui emploient moins de 10 salariés, et 22 % de 10 à 50 salariés. À l’inverse, la région compte aussi quelques grands employeurs : 10 établissements emploient plus de 500 salariés (Nexter Systems dans la Loire, Boccard et Eiffage Energie Systèmes dans le Rhône, Trimet France en Savoie, Framatome dans la Drôme) et 5 établissements en emploient plus de 1 000 (Constellium et Aubert & Duval dans le Puy-de-Dôme, Ugitech en Savoie, Tefal en Haute-Savoie, Framatome Areva dans le Rhône).

 

Le défi des recrutements

En dépit de son dynamisme, la filière métallurgie et travail des métaux doit faire face à des difficultés de recrutement pour plusieurs métiers. Le nombre de projets de recrutements dans le secteur a plus que doublé en cinq ans, passant de 2 367 projets en 2014 à 5 519 en 2019, traduisant un besoin de compétences sans précédent dans la métallurgie d’ici à 2025.

Autre constat, 71 % de ces projets de recrutement sont considérés comme difficiles. La Loire est particulièrement touchée par les difficultés de recrutement avec plus de 800 projets en 2019 dont 80 % sont jugés difficiles. La Haute-Savoie avec 834 projets dont 76 % difficiles et l’Isère avec 774 projets dont 75 % difficiles sont également fortement concernées par le problème.

Dix métiers rassemblent plus de 70 % des projets de recrutement du secteur de la métallurgie et des produits métalliques : parmi eux deux métiers - ouvrier qualifié travaillant par enlèvement de métal et régleur – recueillent 92 % de projets de recrutement jugés difficiles.

 

Dépendance à l’automobile

Par ailleurs, la dépendance du secteur à l’industrie automobile, en pleine mutation est aussi une faiblesse. Outre la chute des ventes du diesel, le secteur doit faire face à la robotisation de la production ou encore à l’enjeu de l’allègement des véhicules. Il doit donc se préparer à la baisse attendue des ventes de l’industrie automobile qui aura des conséquences en matière de volumes sur l’activité des équipementiers et sous-traitants de rang 2 comme sur celle des décolleteurs.

Sur le plan technique, un impact négatif est prévisible sur la fonderie et la forge d’acier, la fabrication de structures métalliques et l’emboutissage d’acier. À l’inverse, un impact positif est attendu sur la fonte et la mise en forme de métaux spéciaux  légers.

Dans la perspective d’une mutation importante du secteur, les acteurs de la filière cherchent, enfin, à accroître leur compétitivité par la diversification, l’export, la modernisation des moyens de production : la région Auvergne Rhône-Alpes se positionne ainsi comme pilote pour la fabrication additive métallique, une activité en plein essor qui devrait connaître une forte croissance dans les prochaines années.

 

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L’équipe Avisé

 

Source : auvergnerhonealpes-entreprises.fr

 

Crédit photo : Pixabay