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Mode et Luxe : signature d’un contrat stratégique

11/02/2019

À l’occasion du lancement du nouvel Institut français de la mode à Paris, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, Franck Riester, ministre de la Culture et Guillaume de Seynes, président du Comité stratégique de filière, ont signé le 8 janvier « le Contrat stratégique de filière Mode et Luxe » d’une durée de trois ans.

La filière Mode et Luxe est en effet une composante majeure de l’économie française tant en chiffre d’affaires que d’exportation, qui pèse 3,1 % dans le PIB national, plus que les industries aéronautique et automobile. Son chiffre d’affaires s’élève à 154 milliards d’euros avec 616 000 emplois directs. La France est l’un des principaux exportateurs du secteur avec plus de 35,7 milliards d’euros à l’export. En outre, le secteur contribue fortement au rayonnement de la France et à son attractivité. Le secteur repose sur un réseau de 36 000 points de vente, auxquels s’ajoutent 5 000 points de vente de bijouterie/joaillerie.

 

Des enjeux majeurs

C’est dans ce contexte que ce contrat de filière a été signé afin de répondre à des enjeux majeurs : le bouleversement de la chaîne de valeur né de l’introduction du numérique, la concurrence à laquelle est soumise Paris en tant que capitale de la mode, les difficultés de recrutement des entreprises industrielles du secteur, le maintien sur le territoire national d’un outil de production compétitif et sa transformation vers l’industrie du futur, la prise en compte enfin, des impératifs environnementaux.

 

Développer l’attractivité du secteur

Premier enjeu, développer l’attractivité du secteur : le projet porte sur la création de formations innovantes et sur le lancement d’une campagne de communication sur les métiers techniques de la mode et du luxe. Des coopérations devraient également se mettre en place avec les ministères de l’Éducation et du Travail, afin de mieux articuler les formations initiales, professionnelles et continues. Objectif aussi de la filière : augmenter le recours à l’apprentissage de 20 % d’ici deux ans.

Deuxième action : assurer une place de premier plan à l’écosystème de l’enseignement supérieur et de la recherche en matière de mode. Le nouvel Institut français de la mode, - fruit de la fusion entre l’École de la chambre syndicale et l’Institut français de la mode-, accueillera 800 étudiants dès la rentrée 2020 et proposera des formations allant du CAP au doctorat. L’ambition est d’acquérir le leadership mondial en matière d’enseignement de mode, en adéquation avec la place de Paris. Quant à la recherche, elle sera développée en lien avec l’industrie 4.0.

 

Des façonniers et des créateurs plus compétitifs

Autre objectif : améliorer la compétitivité des façonniers et les accompagner dans leur transformation vers l’industrie du futur : un diagnostic à 360° des entreprises en croissance sera réalisé auprès d’un panel représentatif d’une vingtaine de sous-traitants.  Cet audit abordera des sujets tant stratégiques et managériaux que technologiques. Puis BpiFrance les accompagnera dans le cadre d’un accélérateur sectoriel. Le but est de permettre de mieux financer l’accroissement de l’activité des fabricants, de conforter leur pérennité, de garantir leurs nouveaux investissements.

Le plan vise aussi à accompagner et financer les entreprises de mode émergentes. Là encore, l’accélérateur sectoriel de BpiFrance jouera pleinement son rôle et les moyens de l’Institut de financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC), qui englobe la jeune création, seront renforcés. Objectif notamment, les accompagner à l’international

 

Plus écologique et plus responsable

Le but du contrat est par ailleurs d’élaborer un dispositif de traçabilité pour l’ensemble de la filière : une solution technologique efficace et sécurisée sur toute la chaîne de valeur de production sera mise en œuvre et testée dans des entreprises volontaires en 2021.

Enfin, impulser une dynamique vertueuse d’économie circulaire est un autre enjeu de ce contrat de filière. Le projet table sur le lancement de deux démonstrateurs technologiques de recyclage dans le secteur textile. Ainsi, un procédé mécanique en boucle fermé de fibres de coton issues de vêtements usagés sera testé d’ici juillet 2019.

Pour sa part, le Gouvernement a indiqué qu’il sera aux côtés des professionnels de la filière Mode et Luxe pour la mise en œuvre de cette feuille de route.

« Le secteur de la mode et du luxe  français est un motif de fierté permanent » a déclaré Bruno Le Maire. « Ce sont des entreprises qui ont su se renouveler sans cesse, qui gagnent des parts de marchés, qui sont conquérantes et font rayonner le savoir-faire français partout à travers la planète. Les projets du contrat signé sont en parfaite cohérence avec les enjeux de la filière Mode et Luxe et permettront de porter davantage l’excellence française à travers le monde ».

Et Guillaume de Seynes de compléter :« La France détient le leadership mondial dans le secteur de la mode, nous voulons acroître ce leadership avec l’appui de l’ensemble de l’écosystème du luxe aux jeunes marques en passant par les fabricants et l’amont de la filière ».

 

Lire aussi : Industries de la mode : chiffres clés et évolutions à suivre

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

entreprises.gouv.fr

modeintextile.fr

 

Crédit photo : Pixabay