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Outdoor : une filière fortement impactée par la crise sanitaire

Le département de la Haute-Savoie et l’Outdoor Sports Valley -OSV ont présenté le 18 mars les chiffres de l’Observatoire Economique de la filière Outdoor en Auvergne-Rhône-Alpes. Toujours dynamique, elle est toutefois fortement impactée par la fermeture des remontées mécaniques.

 

Moins de fabrication, plus de conception

Au 31 décembre 2019, la filière outdoor en Auvergne-Rhône-Alpes compte 456 entreprises soit plus 10% sur deux ans regroupant 6233 emplois (+3%). Le chiffre d’affaires cumulé s’établit à 4,43 milliards d’euros. La région abrite 4 ETI, deux en Haute-Savoie, deux en Isère, qui rassemblent 37% des emplois de la filière, 69% du chiffre d’affaires cumulé et 85% des exportations.

Les PME (10 à 250 salariés) rassemblent 49% de l’emploi (contre 42% en 2017). La croissance de l’emploi dans ces entreprises (14%) est identique à celle du chiffre d’affaires (15%). Mais leur nombre n’a progressé que de 4%. C’est dans cette catégorie d’entreprise que l’on observe le plus fort dynamisme.

Enfin, en Auvergne-Rhône-Alpes, 81% des entreprises de la filière sont des TPE (moins de 10 salariés). Il y a en 12% de plus qu’en 2017, du fait des nombreuses créations intervenues en 2018 et 2019. Elles sont disséminées sur tout le territoire même si la Haute-Savoie reste toujours le département le plus attractif (37). Par ailleurs, 15% sont implantées en Isère et dans le Rhône, 12% en Savoie, 5% dans le Puy-de-Dôme, la Drôme et l’Ain.

Durant la période, la filière outdoor connaît un solde largement positif entre les créations et les disparitions d’entreprises (+ 32 en 2018, + 30 en 2019). Cependant, le taux de survie des entreprises est de 80% à 3 ans et de 56% à cinq ans (moyenne 2015-2019). A noter que les activités créées sont représentatives du tissu d’entreprises existant : 72% exercent une activité de distribution, 56% de conception et 46% de fabrication.

Autre constat, la fabrication est de plus en plus externalisée et recule au profit de la conception. 70% des concepteurs et fabricants distribuent eux-mêmes leurs produits.

L’Observatoire a constaté, par ailleurs, le développement de marchés alternatifs : par exemple, une croissance de 52% du nombre d’entreprises en deux ans dans le secteur du vélo, avec 28 créations durant la période soit au total 88 entreprises fin 2019. Il relève également une diversification de l’offre entre la Montagne hiver (56%) et la Montagne été (55%) et surtout le fort essor de l’urbain (48%), un univers très porteur.

 

Impact des confinements

« Fortement tributaire du ski alpin, la filière est confrontée à une crise sans précédent dans son histoire », indique une enquête complémentaire menée par Teractem. Le dynamisme de l’outdoor s’est subitement trouvé entravé par la pandémie depuis plus d’un an avec la fermeture des remontées mécaniques. Les 456 entreprises de la filière ont été interrogées, 19% d’entre elles ont répondu à cette enquête menée en octobre et en novembre 2020, au milieu du second confinement.

L’enquête donne un aperçu de la précarité économique de la filière provoquée par le premier confinement mais ne mesure donc pas l’aggravation de la situation, suite à la fermeture administrative des domaines skiables alpins pour la saison à venir.

Les auteurs constatent que les performances économiques de l’année 2020 sont très disparates d’une entreprise à l’autre : 25% des entreprises ont connu une perte supérieure à 50% au 1er trimestre 2020 par rapport au 1er trimestre 2019. Et paradoxalement, 27% des entreprises ont malgré tout connu une hausse de leur activité durant cette période : parmi elles, la moitié sont spécialisées dans le cyclisme.

Le manque à gagner a cependant été en partie recouvré après le confinement, la filière étant constituée d’entreprises qui ont su diversifier leurs produits (notamment l’urbain et la montagne été). Le déconfinement estival leur a été très profitable.

Seules 4% des entreprises annoncent avoir perdu plus de 50% de leur chiffre d’affaires sur une année ; 35% estiment qu’il aura même progressé par rapport à 2019. En moyenne, pour l’ensemble de la filière, il aura tout de même baissé de 5 à 10% environ. Mais ces déclarations ne tiennent pas encore compte de l’annonce de la fermeture mécaniques pour la saison 2020 /2021.

 

Mesures de prévention

Pour faire face aux difficultés liées à la crise sanitaire, 81% des entreprises répondantes ont mis en place des mesures de prévention : recours au chômage partiel (58%), prêt garanti par l’Etat (50%), report d’échéances fiscales et sociales (32%). Certaines ont eu recours à des mesures internes : plans d’économie (19%), renégociation des crédits déjà engagés (15%), licenciements économiques ou ruptures conventionnelles (9%). Ce sont les entreprises spécialisées dans les sports aériens qui ont le plus souffert, car elles sont peu diversifiées.

D’autres ont modifié leur offre produits pour tenir compte du nouveau contexte sanitaire et économique : réduction des actions marketing, report (31%) voire annulation (28%) des lancements de nouveaux produits, reconduction des collections (25%), réduction des gammes (20%), réduction du volume de production (28%).

 

Des perspectives floues

2020 et 2021 seront des années de rupture dans le développement de la filière outdoor en Auvergne-Rhône-Alpes. L’année 2020 s’est achevée avec à peine 31% d’entreprises se déclarant en équilibre ou en développement (elles étaient 84% en 2017). Quant à l’année 2021, qui s’annonçait déjà bien incertaine en novembre, elle est devenue un véritable défi pour les entreprises. Pour l’hiver 2020/2021, le chiffre d’affaires prévisionnel devrait baisser de -47%, et en 2022, le recul devrait encore atteindre au moins -14%.

 

L’équipe Avisé

 

Source : OSV

 

Crédit photo : Pixabay