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Secteur du jouet : redécouvrir le plaisir de jouer

Le secteur du jouet a, dès septembre, anticipé la ruée des Français sur les jouets. Les stocks sont pleins mais le reconfinement a mis entre parenthèses les achats chez les spécialistes qui en appellent à un traitement équitable avec les grandes surfaces et le e-commerce.

 

Pour un traitement équitable

Reparti à fond à l'issue du premier confinement, le marché du jouet fait aujourd'hui grise mine. Les enseignes, notamment les spécialistes, redoutent un arrêt complet des ventes dû au reconfinement de l'automne. Ils demandent un traitement équitable avec les grandes surfaces et le e-commerce qui ne sont pas concernés par la fermeture administrative. La Fédération des Commerces spécialistes des jouets et des produits de l'enfant (FCJPE) a déposé un référé devant le Conseil d'État. Elle met en cause la violation du principe d'égale concurrence créée par la fermeture des commerces dits "non essentiels".

Pour rappel, selon le cabinet NPD, les achats réalisés par les Français en novembre et décembre représentent chaque année 48% des ventes totales du secteur. Et la part des distributeurs spécialistes était proche des 40% des ventes globales l'an dernier.

 

Faible recul de -1%

Les Français ne veulent pas sacrifier la fête de Noël pour leurs enfants et petits-enfants après le confinement brutal du printemps 2020. Ils ont pour certains anticipé leurs achats, provoquant déjà une rareté voire l’épuisement des stocks de certains modèles.

Pour faire face à cette forte demande, les magasins se sont adaptés, afin de résister à la montée du e-commerce. Comme pour d’autres activités commerciales, le Click & Collect et la livraison à domicile depuis les boutiques se sont largement mis en place dans le secteur du jouet.

Lire aussi : Drive, click & collect et livraison à domicile : des opportunités pour les artisans

Le marché français du jouet affiche sa résilience, enregistrant une hausse de +13% depuis le déconfinement, le 11 mai et jusqu'à octobre. Dans une étude réalisée en septembre 2020, le cabinet spécialisé The NPD Group dévoile les derniers chiffres du secteur. Le marché n’accuse qu’un léger recul de -1% depuis le début de l’année. Il constate, depuis la réouverture des magasins, une recrudescence des ventes aussi bien en boutiques que sur internet, portée par la forte demande des consommateurs.

 

Forte capacité de récupération

« Cette capacité à récupérer aussi rapidement est remarquable » relève Frédérique Tutt, Global Industry Expert Jouet chez NPD Group. « 2020 restera dans les annales comme une année noire pour beaucoup et pourtant le jouet a su tirer son épingle du jeu et montrer sa capacité à rebondir." Selon elle, l’équilibre de l’enfant demeure au cœur des préoccupations de la famille, parents et grands-parents en font une priorité « quelle que soient les difficultés qu’ils traversent ».

Les Français ont changé leurs habitudes de consommation. Les jouets pour nourrissons et 1er âge ont connu une croissance de + 22%, dopée par les catégories éducatives (+36%) et les jeux d’imitation (+38%), pour compenser certainement un retour à l’école partiel ou non-existant. Les ventes de poupées ont gagné 23% (poupées mannequins et grands poupées et poupons).

Les fabricants et la distribution espèrent un retour à la normale à l’approche de Noël mais se sont préparés à la deuxième vague sanitaire et au reconfinement. Les ventes en ligne qui représentaient déjà 28% des ventes en 2019 devraient connaître un nouvel engouement auprès des consommateurs. Les consommateurs ont largement anticipé le risque de reconfinement en se rendant en magasins plus tôt cette année. D’où la raréfaction de certains jouets et modèles constatée par les professionnels.

 

Redécouverte du plaisir de jouer

Côté produits, un focus est mis sur le jeu coopératif et potache, la créativité (activités artistiques et construction) et l’affectif. Lançant la saison avec plus d’un million d’unités vendus en 2019 et une progression de 23 % par rapport à 2018, les calendriers de l’Avent sont devenus des incontournables des mois d’octobre et novembre.

 « Le confinement a permis aux familles de redécouvrir le plaisir de jouer avec des catégories classiques qui ont  amorcé leur progression pendant cette période et qui devraient maintenir leur niveau de croissance » souligne Bruce Aiglehoux.

Les jeux et puzzles, les poupées et les jeux de construction sont les catégories qui se distinguent déjà et devraient concentrer la plupart des achats de cadeaux de fin d’année. Avec une progression de 32% depuis le début de l’année, les puzzles sont les grands gagnants de 2020.

Les jeux de société hors cartes stratégiques (+15%) ont aussi su fédérer les familles pendant la période du confinement et devraient continuer à le faire pour la saison festive. Certaines catégories de poupées affichent également une croissance à deux chiffres (+33% depuis le début de l’année pour les poupées mannequins et +9% pour les grandes poupées). Dernière catégorie classique à la hausse : les jeux de construction affichent une croissance de 22% depuis le déconfinement.Les professionnels s’attendent aussi à un rebond des peluches et des compagnons interactifs.

Autre constat, pour éviter de dépasser leur budget, beaucoup de clients font leurs courses de Noël durant les promotions qui arrivent, à l’exemple du Black Friday, fin novembre.

Mais une autre tendance se dessine avec le développement des ventes de jeux d’occasion reconditionnés, désormais proposés aussi en boutiques à côté des produits neufs. Cette filière prend en effet de plus en plus d’essor, d’année en année, les jouets étant en moyenne utilisés huit mois alors que leur durée de vie est de 15 à 20 ans.

 

Une taxe pour recycler les jouets ?

A compter de janvier 2022, une éco-taxe de 3% pourrait s’appliquer, à la charge des fabricants.  Le Gouvernement souhaiterait financer ainsi la collecte, le tri et le recyclage des jouets une fois arrivés en fin de vie. Elle n’apparaîtrait pas sur les étiquettes n’ayant pas vocation à être payée par les clients.

Pour leur part, les fabricants auraient l’intention de répercuter cette potentielle éco-contribution sur le prix final à payer par le consommateur. Cette taxe serait susceptible de rapporter 10,5 millions € sur un marché du jouet qui a représenté un chiffre d’affaires de 3,5 milliards € en 2019 en France. C’est le 5ème plus gros marché au monde et le 2ème en Europe.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

boursorama.com

lci.fr

ladepeche.fr

lejournaldesentreprises.com

 

Crédit photo : FJP