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Trottinettes électriques : un marché qui prend de l’ampleur

19/06/2019

Une étude de la Fédération des professionnels de la micro-mobilité (FP2M) affirme le rôle prépondérant pris par les trottinettes électriques en milieu urbain. Près de 233 000 de ces engins ont été vendus en 2018, soit une croissance de 129 % par rapport à 2017. Un marché qui s’élève à 111 millions d’euros.

Les trottinettes électriques viennent en effet peu à peu remplacer les trottinettes mécaniques, toujours les plus vendues avec un million d’unités écoulées l’an dernier, mais qui se vendent de moins en moins (- 20 % en un an).

 

Baisse des prix

« Il y a un vrai basculement sur l’électrique et sur la mobilité urbaine qui prend le pas sur la mobilité loisirs » explique Jean Ambert, directeur général de Smart Mobility Lab. L’étude constate une véritable explosion des nouveaux véhicules individuels (trottinettes mais aussi gyropodes, hoverboards, etc.) qui représentaient 9 % des volumes en 2016 et 23 % en 2017 contre 35 % en 2018. En valeur, leur part atteint même 61 %.

Selon la FP2M, cet engouement s’explique par la baisse du prix passé en moyenne de 767 euros en 2016 à 477 euros en 2018. L’arrivée de plusieurs opérateurs de trottinettes en libre-service permet à de nombreux utilisateurs de tester ce nouveau mode de déplacement avant de faire le choix de l’achat. L’essor de l‘électrique fait du bien au marché des micro-mobilités qui a atteint 278 millions d’euros en 2018, accessoires compris (contre 134 millions d’euros en 2016).

 

Des réglementations qui évoluent

Pour le président de la FP2M, Fabrice Furlan « si le phénomène de la micro-mobilité urbaine a fait ressurgir des problèmes de sécurité, les nouvelles réglementations vont dans le bon sens ». Ainsi la création d’une catégorie spécifique dans le Code de la route est actée dans le cadre de loi d’Orientation sur les mobilités (LOM). Pour les professionnels, « c’est une première étape majeure, qui permet d’inscrire les engins de déplacement personnel (EDP) comme faisant partie intégrante de la mobilité urbaine ».

Outre les autorisations attendues sur l’usage de la voie publique et les interdictions annoncées récemment notamment pour l’utilisation des trottoirs, la FP2M attend la confirmation que le pouvoir sera laissé aux autorités locales de redéfinir la règle nationale en l’adaptant aux réalités de chaque territoire. Cela permettra de mieux garantir la sécurité de tous les usagers en fonction des aménagements de chaque commune (largeur des chaussées, existence ou non de voies cyclables, dangerosité propres à certains sites, etc.)

 

Bientôt une norme européenne

Au-delà de la loi LOM qui va réguler les usages des EDP sur l’espace public, la future norme européenne, NF EN 17128 (PLEV), en cours de finalisation après cinq ans de travaux,  va booster l’innovation en matière de sécurité des engins. Elle aura aussi pour rôle de nettoyer le marché des produits qui ne sont pas au niveau de sécurité nécessaire et de faciliter les relations entre fournisseurs et donneurs d’ordres dans leurs relations commerciales.

Enfin, la loi LOM va permettre aux assureurs d’adapter leur offre. Les utilisateurs d’EDP se doivent d’être assurés afin de protéger les piétons comme les utilisateurs. L’obligation d’assurance de responsabilité civile (RC) est la  même que pour les véhicules motorisés tels que les motos ou les voitures. Elle couvre les dommages que l’usager peut occasionner. Elle est proposée soit dans un contrat spécifique, soit en extension de la RC  privée de l’assurance habitation. En revanche, il n’y a pas d’obligation d’assurance concernant la protection de l’utilisateur en cas d’accident. Mais la plupart des assureurs proposent cette garantie en option.

 

Marché en plein boom

À noter qu’au-delà de la trottinette électrique, gyroroues, gyropodes et autres quadricycles légers, d’autres modes de déplacement et de nouveaux usages s’annoncent déjà. Le marché est en pleine croissance tant pour les fabricants, importateurs, distributeurs que pour les nouveaux opérateurs de micro-mobilité partagée. « Tous les ingrédients sont réunis pour permettre la fulgurante croissance du secteur : l’inventivité, les technologies les plus avancées au service d’engins plus légers, l’argent pour financer le développement de la micro-mobilité. On observe aussi une adoption fulgurante par le public de moyens de transport nettement moins couteux à acheter et opérer que les voitures et vélos » conclut Jean Ambert.

 

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L’équipe Avisé

 

Source : FP2M

 

Crédit photo : FP2M