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Un nouveau souffle pour la filière cuir

19/10/2021

Le secteur du cuir a renoué avec des chiffres en nette progression depuis le début de l'année 2021. La maroquinerie de luxe se distingue particulièrement grâce au dynamisme de ses exportations vers l'Asie et notamment la Chine qui devient son premier client. L'industrie de la chaussure se reprend mais reste impactée par la fermeture des commerces. Le secteur des cuirs et peaux bruts et la tannerie-mégisserie enregistrent des chiffres en demi-teinte.

 

Une industrie qui renoue avec son écosystème

« Après une année 2020 éprouvante et malgré un environnement économique encore fragile, les chiffres dessinent une reprise d’activité avec un redressement de la balance commerciale pour la filière cuir. Les demandes locales et internationales connaissent un nouveau souffle, gage d’une conjoncture qui s’améliore et d’une industrie qui renoue avec son écosystème » explique Frank Boehly, président du Conseil National du Cuir (CNC)

Regroupant 21 fédérations ou syndicats professionnels depuis l’élevage jusqu’à la distribution de produits finis en passant par l’industrie, le CNC anime l’ensemble de la filière française du cuir représentée par 12 800 entreprises sur le territoire français, 25 milliards de chiffre d’affaires dont 13 milliards à l’export et 133 000 salariés actifs dans plus de 100 métiers.

 

La maroquinerie bondit à l’export

Le secteur de la maroquinerie dans son ensemble est porté par le dynamisme de ses exportations, qui ont bondi de 44% par rapport à 2019, pour l’essentiel en Chine, aux Etats-Unis, en Corée du Sud et aux Emirats Arabes Unis. Ainsi, le chiffre d’affaires des entreprises productrices a gagné 38% par rapport à 2020 et 5% par rapport à 2019.

La hausse du marché du luxe en Chine, est jugée « impressionnante » : le pays est devenu le principal client de la France et représente désormais près de 25% des exportations françaises d’articles de maroquinerie. En dépit de la pandémie, les exportations françaises du secteur vers l’Asie ont enregistré une croissance de 47% depuis 2019. La très forte réduction des voyages à l’étranger pour les Chinois s’est traduite par des achats locaux des consommateurs asiatiques. Ceci explique un rebond et une surconsommation des produits de luxe français après le confinement.

 

La chaussure impactée par la fermeture des commerces

Le secteur de la chaussure connaît lui aussi une belle reprise : le chiffre d’affaires des entreprises de fabrication a progressé de 2% et la production totale de 11% par rapport à 2020. Mais il reste inférieur de -25% par rapport à celui de 2019.

Les importations sont en revanche à la baisse. On relève toutefois un rebond en 2021 avec 17,4 millions de paires de plus importées par rapport à 2020. Mais comparé à 2019, ce sont au total 37,7 millions de paires qui ont été importées en moins. Ceci s’explique notamment par la fermeture des commerces jusqu’en mai 2021, qui a beaucoup impacté la consommation française et par ricochet les importations.

Par ailleurs, la fermeture des ateliers asiatiques durant plusieurs mois et la désorganisation du transport maritime ont lourdement pesé sur les approvisionnements. Enfin, les stocks non écoulés révèlent des besoins moindres de la population.

Quant aux exportations, elles sont en nette hausse (+28% par rapport à 2020) mais demeurent en deçà (-1%) en 2019. Ces chiffres prennent racine dans la moindre consommation des voisins européens de la France, qui sont les premiers pays d’exportation, et ont aussi été touchés par la crise.

La chaussure a donc au global enregistré une baisse d’activité par rapport à 2019 : les fabricants français restent très dépendants de la consommation et du commerce locaux. La fermeture des magasins en 2021 a fortement impacté l’industrie de la chaussure.

 

Demi-teinte pour les cuirs et peaux bruts et la tannerie mégisserie

Le CNC souligne dans sa note de conjoncture que la demande en cuirs et peaux bruts est supérieure à celle de 2020 : les importations ont progressé de 5% et les exportations de 50%. Cependant, ces chiffres sont plus bas que ceux enregistrés en 20219 (-20% pour les importations et -5% pour les exportations).

De nombreux stocks se sont accumulés durant la pandémie, les besoins en importations ont été moindres et la demande s’est raréfiée. Les exportations ont aussi été impactées par la crise sanitaire.

Le secteur de la tannerie mégisserie a vu lui ses exportations progresser de 20% par rapport à 2020, en recul de 20% par rapport à 2020. Sa première destination, l’Italie, a été aussi fortement confrontée à la pandémie et ses conséquences sur l’activité.

 

L’équipe Avisé

 

Source : Conseil National du Cuir

 

Crédit photo :  CNC – P&M.