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Un plan d’urgence pour l’aéronautique

Avec plus de 300 000 emplois en jeu, la filière aéronautique est un secteur stratégique pour la France. Elle va bénéficier d’un plan d’urgence de 15 milliards d’euros - dont 7 milliards pour Air France - pour se renforcer, sauver des emplois, et moderniser les PME.

 

Sauver les emplois

La priorité du plan présenté le 9 juin par Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, est de sauver les emplois. « Si nous n’intervenons pas tout de suite, un tiers des emplois de la filière pourrait disparaître dans les six prochains mois, soit 100 000 emplois » a expliqué Bruno Le Maire. Le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales regroupe en effet quelque 200 000 emplois directs mais le chiffre atteint plus de 300 000 emplois pour l’ensemble de la filière.

 

Renforcer la filière et moderniser les PME

Par ailleurs, l’objectif est de consolider la filière et de moderniser les PME. Dans ce but, un fonds d’investissement en fonds propres de 1 milliard d’euros va être constitué pour être opérationnel en juillet. Il sera doté de 500 millions d’euros : 200 millions seront apportés par l’Etat, 200 millions par les grands industriels du secteur (116 millions par Airbus, 58 millions par Safran et 13 millions chacun pour Thales et Dassault) et 100 millions par le futur gestionnaire du fonds.  Objectif : lever ensuite, via des investisseurs, un montant équivalent de 500 millions d’euros. Le but est de favoriser les fusions, acquisitions, réorganisations.

Un deuxième fonds, financé par l’Etat à hauteur de 300 millions d’euros sur trois ans, aura lui vocation à accompagner les PME dans le processus de numérisation, robotisation et digitalisation de leurs ateliers. « Ce sera l'occasion de rattraper le retard pris par rapport à l'Allemagne et à l'Italie », affirme Bruno Le Maire.

Enfin, le plan présenté à Bercy comprend un volet vert. Une enveloppe de 1,5 milliard d’euros sur 3 ans sera consacrée au développement d’un avion neutre en carbone en 2035 (contre 2050 initialement prévu par la filière). "Le fil rouge de la croissance française sera la décarbonation de l'économie" a conclu Bruno Le Maire.

 

Signature d’une Charte d’engagements entre donneurs d’ordre et sous-traitants

La filière aéronautique française réunit autour de ses grands donneurs d’ordres, de ses équipementiers et de ses fournisseurs, de très nombreuses petites et moyennes entreprises. Les grands industriels s’engagent aux côtés de leurs fournisseurs pour renforcer leurs relations et garantir la solidarité entre les entreprises de la filière. L’objectif est de préserver les savoir-faire et les compétences présents en France, tout en réussissant les profondes transformations à réaliser en faveur de la transition écologique, en partageant le plus en amont possible une stratégie commune.

 

Des engagements structurants

Le soutien de l’Etat aux grandes entreprises doit permettre de stabiliser la filière et de préserver sa capacité de long terme à développer la prochaine génération d’avions respectueux de l’environnement. Ce soutien doit aussi permettre de produire en France ces prochaines générations d’appareils et doit donc irriguer l’ensemble de la filière française.

Les entreprises de la filière s’engagent sur une nouvelle charte structurante :

  • Adopter, dans la sélection des fournisseurs, une approche basée sur le coût global de possession intégrant en particulier les critères de coûts logistiques, de risques, de qualité, ainsi que le coût environnemental.
  • Prendre en compte des critères de RSE (responsabilité sociétale des entreprises) et d’innovation.
  • Considérer de manière favorable l’offre de fournisseurs produisant en France et en Europe si celle-ci est de compétitivité équivalente à une offre localisée hors France et d’Europe en coûts totaux.
  • En dehors d’objectifs spécifiques de compensation commerciale, ne pas donner d’objectifs a priori de localisation hors de France aux fournisseurs français ou d’Europe.
  • Engager une réflexion sur le rapatriement de productions ou de savoir-faire technologiques stratégiques pour la filière française et européenne.
  • Développer des relations plus équilibrées entre donneurs d’ordres et fournisseurs et notamment respecter les commandes fermes.
  • Renforcer l’usage de la médiation entre les entreprises.
  • Former les acheteurs à ces nouvelles pratiques.

Pour assurer l’analyse et la bonne application de ces engagements, le gouvernement assurera un suivi régulier du respect de la charte avec le Médiateur des entreprises et le GIFAS.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

lesechos.fr

lefigaro.fr

ladepeche.fr

 

Crédit photo : Pixabay