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L’apprentissage artisanal poursuit son rebond

19/11/2019

En 2017-2018, les entreprises artisanales ont formé 34 % du total des apprentis en France, soit 147 200  jeunes,  confirmant ainsi le poids de l’artisanat dans ce domaine, indique la nouvelle édition du Tableau de bord de l’apprentissage artisanal publiée par l’Institut Supérieur des Métiers (ISM). L’effectif global a donc progressé de 2 % en un an, confirmant le rebond déjà observé un an plus tôt après la forte baisse enregistrée entre 2012 et 2016 dans l’ensemble des secteurs d’activité. La reprise toutefois plus modérée dans l’artisanat, -la hausse atteignant 8 % dans les autres secteurs- s’explique par une sortie de crise plus tardive.

Les bons chiffres relevés pour 2017-2018 sont dus à une hausse des entrées en apprentissage (+ 3 %), avec 75 370 apprentis qui ont commencé la préparation d’un diplôme dans une entreprise artisanale (contre 73 325  l’année scolaire précédente). 85 % des apprentis sont formés dans les entreprises avec salariés, qui ne représentent pourtant que 38 % des entreprises artisanales. L’ISM constate que, plus la taille de l’entreprise augmente, plus la propension à former des apprentis s’élève. À l’inverse, l’apprentissage régresse dans les entreprises de 1 à 2 salariés ou dans les entreprises sans salarié.

 

Embellie dans la plupart des secteurs

Dans leurs secteurs d’activité, les entreprises artisanales assurent la formation de la grande majorité des apprentis. L’effort de formation est porté par une vingtaine de secteurs, qui emploient près de 85 % des effectifs d’apprentis.

Le retournement de tendance est intervenu dans l’artisanat du BTP (+ 2 %), lequel avait été le plus frappé par une baisse des effectifs entre 2012 et 2016 (- 27 %). On dénombre dans ce domaine 55 560 apprentis formés en 2017-2018, soit environ 1 apprenti formé pour 10 entreprises. Les entrées en apprentissage sont en forte hausse (+ 7 % en moyenne) dans les principaux secteurs employeurs. Les entreprises de travaux d’installation électrique enregistrent la plus forte progression (+ 16 %). A l’inverse, seuls les travaux de peinture perdent des effectifs.

La fabrication, avec 12 160 apprentis formés (+ 4 %) et les services avec 40 970 apprentis (+ 4 %) confirment la reprise enregistrée l’année précédente. Dans l’artisanat de fabrication, les entrées en apprentissage repartent à la hausse pour la seconde année consécutive, notamment dans le travail des métaux (mécanique industrielle, réparation de machines, installation de structures métalliques). Mais elles reculent dans les entreprises artisanales de prothèse dentaire.

Dans l’artisanat de services, si les entrées en apprentissage progressent globalement de 5 %, les tendances d’évolution sont plus contrastées : la coiffure est repartie à la hausse (+ 4 %) de même que la réparation automobile (+ 10 %) tandis que la réparation de motocycles poursuit sur sa lancée (+ 16 %). Le secteur du commerce de fleurs reste lui à l’écart de cette dynamique (- 2 %).

Dans l’alimentation, les effectifs se sont stabilisés avec 38 470 apprentis formés, après cinq années de hausse entre 2012 et 2016 (+ 9 %). C’est le secteur où l’apprentissage est le plus développé, avec près de 1 apprenti formé pour 2 entreprises. La stabilisation des effectifs est particulièrement nette dans les deux principaux secteurs employeurs, la boulangerie-pâtisserie et la boucherie-charcuterie. En revanche, pour la seconde année consécutive, le nombre d’apprentis recule dans la pâtisserie, métier qui avait connu auparavant un très fort afflux des vocations.

 

 

 

L’Ouest plus dynamique

La reprise s’observe plus particulièrement dans les régions de l’Ouest de la France, notamment dans les Pays de Loire (+ 12 %),  et la Nouvelle Aquitaine (+ 8 %). La hausse est particulièrement marquée dans les Landes (+ 51 %), la Mayenne (+ 22 %), la Charente (+ 21 %), la Vendée (+ 20 %) et la Corrèze (+ 19 %). Les régions du littoral - Bretagne, Normandie, Hauts-de-France- sont également bien placées.

Trois régions restent à l’écart de cette bonne dynamique : Sud-Paca (- 1 %), Auvergne-Rhône-Alpes (- 3 %) et l’Ile-de-France (- 5 %) : les baisses sont les plus fortes dans les Hauts-de-Seine (- 18 %), la Haute-Marne(- 17 %), les Yvelines (- 1 %), la Drôme(- 13 %) et le Cantal (- 11 %).

 

Dans tous les niveaux de formation

En 2017-2018, les effectifs sont en hausse dans tous les niveaux de formation. La plupart des apprentis (68 %) se sont inscrits en diplôme de niveau 3 (CAP ou équivalent), 22 % dans une spécialité de niveau 5 (niveau Bac) et 10 % dans un diplôme de l’enseignement supérieur.

L’apprentissage artisanal se caractérise par sa forte capacité d’intégration des jeunes au niveau 3 : 63 % du total des apprentis (toutes années de diplômes) préparent un diplôme de niveau 3, contre 25 % dans les autres secteurs d’activité.

Les entrées en niveau 3 (CAP) sont reparties à la hausse (+ 2 %) mais n’ont pas encore retrouvé les effectifs de 2012-2013. Les entrées en niveau 5 (BTS) sont en forte progression (+ 9 %), et connaissent une hausse interrompue depuis cinq ans.

Les principaux diplômes qui ont regagné en attractivité sont : BP peinture applicateur de revêtements (+ 31 %), CAP plâtrier-plaquiste (+ 15 %), CAP installateur sanitaire (+ 14 %), CAP préparation et réalisation d’ouvrages électriques (+ 12 %), CAP maçon (+ 10 %) , Bac Pro maintenance de véhicules particuliers (+ 24 %), MC coiffure coupe couleur (+ 16 %), MC boulangerie spécialisée (+ 16 %).

À l’issue de la formation le taux d’apprentis en emploi progresse également : 69 % des jeunes ont un emploi dans les 7 mois qui suivent leur sortie de diplôme. Ce taux est en augmentation ces dernières années : il était de 55 % en 2013, 60 % en 2016 et 65 % en 2017. À noter que le taux d’emploi s’élève avec le niveau de diplôme préparé : 62 % pour un CAP, 85 % pour un Brevet professionnel, 82 % pour un Bac pro et 88 % pour un BTS.

 

 

De plus en plus de reconversions

L’étude de l’ISM relève, par ailleurs, la diversification des parcours d’entrée et de formation aux métiers. Dans de nombreux secteurs, le parcours reste construit autour du binôme CAP/BP, notamment dans les métiers de la viande, les travaux du bâtiment, les soins à la personne, les autres services (comme la fleuristerie), la fabrication de meubles et le travail du bois.

Les parcours de reconversion sont de plus en plus importants. La moitié des apprentis de l’artisanat démarrant la préparation d’un diplôme viennent du collège, mais un apprenti sur cinq (20 %) entreprend la préparation d’un nouveau diplôme dans le cadre d’une poursuite d’études après avoir obtenu un autre diplôme de l’enseignement secondaire voire supérieur.

Par ailleurs, 30 % des apprentis se réorientent après avoir débuté un autre cursus non finalisé (en cours de lycée général) ou arrivent de l’université ou du marché de l’emploi. Quant au nombre d’apprentis âgés de 26 à 30 ans, il a doublé en un an, après l’ouverture à l’apprentissage généralisée par la loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel.

 

 

Focus sur l’apprentissage en Auvergne-Rhône-Alpes

 

 

 

 

L’équipe Avisé

 

Source : veille.infometiers.org

 

Crédit photo : Pixabay