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L’apprentissage fragilisé par la crise sanitaire ?

Les apprentis n’ont pas été épargnés par la crise sanitaire. Dans le secteur artisanal, qui représente 52% des jeunes suivant une formation en alternance en entreprise, 25 000 apprentis ont été contraints de cesser leur travail entre mars et juin 2020. La pandémie est ainsi venue fragiliser la hausse continue du nombre d’apprentis dans les métiers de l’artisanat enregistrée depuis trois ans.

 

Les activités de services ont été les plus impactées, en particulier les salons de coiffure (17 000), les soins de beauté (4100) et le commerce de fleurs (3100) selon le baromètre ISM-Maaf paru en septembre 2020.

Dans certains secteurs de proximité non concernés par l’obligation de fermeture administrative comme l’artisanat du BTP, une partie des apprentis a été mise en chômage partiel dès lors que l’entreprise gelait son activité.

 

Source: MEN-MESR DEPP SIFA 2018-2019

 

Une hausse continue depuis trois ans

En 2018-2019, près de 150 000 apprentis se sont formés aux métiers de l’artisanat, un chiffre en hausse de 2% par rapport à l’année précédente et pour la troisième année consécutive. L’artisanat a encore une fois conforté sa place de premier employeur d’apprentis en France.

 

Source: MEN-MESR DEPP SIFA 2018-2019

 

L’artisanat de l’alimentation est le seul secteur dont les effectifs ne progressent plus (-2%). Les autres secteurs conservent eux une marge de progression à l’instar du BTP (+3%) et de la fabrication (+ 6%).

La crise sanitaire devrait aussi avoir un impact sur la rentrée 2020/2021. Mais les mesures gouvernementales annoncées en faveur de l’apprentissage devraient amoindrir le choc attendu et mobiliser les entreprises dans la signature de contrats.

Pour rappel, les entreprises qui embaucheront un apprenti percevront une prime de 5000 € pour un apprenti mineur et de 8000 € pour un apprenti majeur la première année.

 

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Inégalement développé selon les secteurs

La dynamique de développement de l’apprentissage est différente selon les secteurs. Les apprentis sont numériquement plus nombreux dans l’artisanat du BTP (57 340). Le taux de pénétration est de 1 apprenti pour 11 entreprises. L’artisanat du BTP a été le plus touché par le recul des effectifs entre 2012-2013 et 2017-2018 (-25%). Cependant, la reprise est visible dans ce secteur en 2018-2019 (+4% par rapport à l’année précédente).

 

Source: MEN-MESR DEPP SIFA 2018-2019

 

L’artisanat des services accueille 41 730 apprentis (+2%), avec un taux de pénétration de 1 apprenti pour 11 entreprises, équivalent à celui de l’artisanat du BTP.

L’artisanat et le commerce de l’alimentation comptent 43 250 apprentis formés. C’est la famille d’activités qui a le plus développé la pratique de l’apprentissage, avec 1 apprenti pour 4 entreprises. Hors commerce alimentaire, ce ratio est de 1 apprenti pour 2 entreprises dans l’artisanat de l’alimentation. Les effectifs y sont stables (-1%) après plusieurs années de hausse. Selon le baromètre ISM-Maaf, un plafond serait sans doute atteint dans certains métiers comme la boulangerie et la pâtisserie.

Avec 12 850 apprentis, soit 1 apprenti pour 14 entreprises, l’artisanat de fabrication connaît un rebond dynamique (+6%). Les entrées en apprentissage continuent de se redresser (+9%) retrouvant le niveau atteint en 2012-2013 en particulier dans les entreprises de travail des métaux (mécanique industrielle, réparation de machines, installation de structures métalliques). Des secteurs auparavant en fort recul, comme la fabrication de meubles ou la prothèse dentaire, regagnent en attractivité.

 

Source: MEN-MESR DEPP SIFA 2018-2019

 

L’artisanat de services enregistre une évolution similaire mais les tendances d’évolution sont contrastées : les entreprises de la réparation automobile (+6%) et du commerce de fleurs (+3%) ont connu une nette reprise. Les flux sont stables dans les entreprises de coiffure et de soins de beauté.

 

Source: MEN-MESR DEPP SIFA 2018-2019

 

Disparités régionales

L’évolution de l’apprentissage est aussi variable selon les régions. En 2018-2019, les effectifs progressent plus vite dans la moitié ouest du territoire. Mais une reprise s’observe en Auvergne-Rhône-Alpes, Sud-Provence-Alpes Côte d’Azur et Ile-de-France. Un fléchissement s’est opéré dans les Hauts-de-France où l’apprentissage avaient fortement progressé dans les années précédentes.

 

Source: MEN-MESR DEPP SIFA 2018-2019

 

Un taux d’emploi supérieur

Le taux d’emploi des apprentis reste supérieur à celui des élèves formés en voie scolaire : avec un brevet professionnel en poche, 83% des jeunes ont une chance d’être embauchés dans les 7 mois suivant leur sortie de formation et 6 sur 10 sont recrutés en CDI. Près d’un apprenti sur deux (46%) est embauché par son entreprise d’accueil. La tendance est plus forte dans le BTP (52%) et dans les services (46%) que dans l’alimentation (37%).

L’insertion dans l’emploi est variable selon les régions. Le taux d’emploi atteint 71% en Auvergne-Rhône-Alpes contre 68% pour la moyenne nationale. Il est plus fort encore en Pays de Loire (80%), en Bretagne (74%) et en Franche-Comté (73%). Enfin, il est sensible à la conjoncture et à la situation économique locale.

« Les taux d’insertion dans la vie active sont toujours favorables aux jeunes formés par apprentissage (au moment de l’embauche prime est donnée par l’entreprise à l’expérience). Mais ils dépendent sans surprise du contexte économique local : ils sont généralement moins bons dans les territoires fragilisés, avec un taux de chômage important ou en désindustrialisation…. L’obtention du diplôme par les apprentis protège pour l’entrée dans la vie active, encore plus si l’on pousse son apprentissage jusqu’au BP ou au BTS » indique Catherine Elie, directrice des études et du développement économique de l’ISM.

 

Source: MEN-MESR DEPP SIFA 2018-2019

 

Une passerelle pour se réorienter

Si une majorité des jeunes font le choix de l’apprentissage dès le collège, un tiers sont en parcours de réorientation (33%) après avoir abandonné un autre cursus. 13% sont en poursuite d’études et préparent un CAP après avoir obtenu un autre diplôme de l’enseignement secondaire voire supérieur.

Les apprentis qui se réorientent viennent en majorité du lycée professionnel (56%) ; 29% étaient en lycée général, 5% dans l’enseignement supérieur et 10% étaient en emploi ou demandeurs d’emploi.

 

Source: MEN-MESR DEPP SIFA 2018-2019

 

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L’équipe Avisé

 

Sources :

maaf.fr

lemondedesartisans.fr

la-croix.com

lefigaro.fr

 

Crédit photo : Pixabayp