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Les TPE/PME face à de réelles difficultés de recrutement

Quelque 640 TPE/PME ont répondu à un questionnaire numérique du 18 au 29 octobre 2021 réalisé par l’Institut Rexecode avec Bpifrance. Près des trois quarts déclarent avoir rencontré des problèmes de recrutement qui vont peser sur l’activité.

 

79% rencontrent des difficultés

L’Institut Rexecode relève qu’au dernier trimestre 2021, 73% des entreprises ayant répondu à l’enquête ont rencontré un besoin de recrutement au cours des 12 derniers mois. Et parmi elles, 79% ont été confrontées à des difficultés dans leur démarche, alors que cette proportion était de 76% avant crise.

Déjà, ces difficultés affectent l’activité de 51% des TPE/PME interrogées alors que 38% pensent qu’elles vont contraindre le développement espéré. Elles concernent principalement des postes requérant un faible niveau de formation initiale : niveau CAP, BEP ou brevet des collèges (44%) et les postes ne requérant aucun diplôme (42%).

Mais ce résultat peut être nuancé, car il y a probablement plus de postes ouverts nécessitant un faible niveau de formation initiale. Un peu plus d’1/3 des postes à pourvoir sont vacants depuis plus de 6 mois dont 12% depuis plus d’un an

 

Source: BpiFrance- LeLab-Rexecode

 

Manque de candidats

C’est l’absence de candidats qui pour 70% des dirigeants, est la première barrière à l’embauche. Viennent ensuite le niveau de qualification des candidats par rapport au poste proposé (37%), leur manque d’expérience (36%), la faible adaptabilité (savoir-être) perçue du candidat à l’entreprise (35%). Le salaire demandé par le postulant n’est un frein que dans un cas sur cinq (21%). Les attentes spécifiques des candidats jugées inadaptées (hors salaires) sont citées dans 14% des cas.

Les dirigeants sont peu nombreux à considérer que les difficultés de recrutement sont liées à des caractéristiques propres à leur entreprise. Parmi cette catégorie, l’organisation du travail ressort en tête (14%), suivie de l’implantation géographique (12%) et du manque de notoriété de l’entreprise (10%).

 

Ralentissement de l'activité

Pour faire face à l’absence de candidats adaptés à leur entreprise, les TPE/PME ont :

  • Modifié leur mode de recrutement (38%)
  • Restreint leur activité (34%)
  • Ajusté leurs critères de recrutement en proposant des salaires plus élevés (26%) et en baissant leurs exigences en termes de qualification (19%)
  • Fait appel à des prestataires externes via l’intérim et le travail détaché (22%) ou en externalisant auprès de sous-traitants (16%)
  • Modifié leur organisation interne en augmentant la durée du travail des salariés en place (18%), en développant leur polyvalence (15%) et en les formant (15%) ou en proposant une meilleure rémunération (22%).

Mais les difficultés de recrutement rencontrées n’incitent que peu de chefs d’entreprise à investir dans l’automatisation des tâches (8%) ou à mettre en place des solutions de mobilité de la main d’œuvre ou de télétravail (5%).

 

Maintien des intentions d’investissement

Par ailleurs, au quatrième trimestre, les intentions d'investissement des PME se maintiennent à un niveau élevé. Au 4e trimestre 2021, 59% des dirigeants interrogés déclarent avoir investi, ou souhaiter le faire encore cette année. Cette proportion est en forte hausse sur un an et proche de sa moyenne d’avant-crise (56%).

Les dépenses d’investissement auraient toujours pour destination courante le renouvellement et/ou la modernisation des équipements et installations, respectivement cités par 76% et 70% des TEPE/PME déclarant investir. Viennent ensuite l’introduction de nouveaux produits et services (43%) et l’extension de la capacité de production (43%).

La modernisation des équipements et l’extension des capacités de production sont davantage cités qu’avant-crise. Le motif environnemental concerne une part assez stable des répondants avec 33% des chefs d’entreprise qui le citent comme une motivation de l’investissement.

 

Des freins à la croissance

Hormis les difficultés de recrutement, les coûts et les prix trop élevés sont le frein dont la progression est la plus marquée ce trimestre : 28% des dirigeants de TPE/PME le citent ce trimestre. Ce résultat est le reflet probable des hausses récentes des prix des matières premières et des produits énergétiques ainsi que le niveau qui reste élevé des coûts de transports et de délais de livraison.

Quelque 69% des répondants font face à des difficultés d’approvisionnement. Mais 9% n’y sont pas confrontés et 23% se disent non concernés par ces difficultés spécifiques. Néanmoins ces difficultés limitent l’activité de 58% des TPE/PME, et de manière sévère pour 15% des entreprises.

Parmi les dirigeants confrontés à ces problèmes d’approvisionnement, 73% jugent qu’ils se sont intensifiés au cours des trois derniers mois et 22% qu’ils restés inchangés. Seuls 4% signalent que ces problèmes se sont estompés.

 

L’équipe Avisé

 

Source : rexecode.fr

 

Crédit photo : Pixabay