Avisé, s'informer pour réussir

site d'informations stratégiques
du réseau des chambres de métiers et de l'artisanat d'Auvergne-Rhône-Alpes

Vous êtes ici

Prévenir les maladies professionnelles de la peau

Les dermatoses professionnelles sont causées le plus souvent par contact de la peau avec des substances chimiques manipulées sur le lieu de travail. Elles touchent en priorité les professions manuelles dont les métiers du nettoyage, le bâtiment, la coiffure, la peinture ou encore le décolletage.

 

La prévention des maladies professionnelles de la peau (dermatoses) repose sur des mesures destinées à éviter le contact cutané des travailleurs aux agents allergènes ou irritants, par substitution des substances ou adoption de procédés en circuit fermé. A défaut, il faut exiger le port de gants adaptés et de vêtements de protection et préconiser une hygiène des mains rigoureuse ainsi qu’une utilisation de savons et crèmes protectrices adéquates.

 

Des causes multiples

Les dermatoses professionnelles peuvent relever de causes multiples mais les dermatites de contact avec des produits chimiques sont les plus nombreuses.

La dermatite de contact se présente sous:

  • une forme allergique, due aux substances allergènes telles que le ciment, les résines, le nickel, les antiseptiques et désinfectants, le latex, les accélérateurs de vulcanisation… Le travailleur se sensibilise progressivement aux produits.
  • une forme irritante : c’est la plus fréquente. Elle correspond à une agression chimique de la peau par des acides, des bases, des solvants, des détergents souvent aggravée par des frictions mécaniques répétées (nettoyage). Le travail en milieu humide à température élevée favorise le développement de ces dermatoses professionnelles et l’irritation favorise souvent l’apparition d’eczéma allergique.

 

D’autres dermatoses sont causées par :

  • la pénétration de corps étrangers sous la peau (particules de fer, de charbon, de fibres de verre, cheveux)
  • l’exposition à une chaleur ou un froid excessifs
  • le contact répété avec des huiles industrielles

 

Nombreux métiers concernés

De très nombreux métiers induisent des dermatoses professionnelles dont la réparation est reconnue si elles figurent dans l’un des 45 tableaux de maladies professionnelles concernant les affections cutanées :

  • coiffeurs : produits de teinture, persulfates des décolorations
  • personnel de ménage : produits caustiques et détergents
  • peintres : peintures vernis, adhésifs
  • usineurs de métaux : huiles de coupe…
  • maçons : ciments
  • salariés de l’industrie plastique et du caoutchouc

 

Plusieurs façons d’agir

La première chose est de supprimer les contacts cutanés :

  • Travailler en installations fermées en isolant les procédés de fabrication faisant intervenir des substances dangereuses est essentielle : par exemple, grâce au capotage et  à l’installation d’écrans de protection des machines-outils contre les projections de fluides d’usinage pour réduire les risques d’éclaboussure et éviter le contact avec la peau
  • Utiliser des outils de préhension tels que des pinces, pour éviter le contact direct des mains
  • Installer des systèmes de ventilation par aspiration à la source, par l’aération des lieux de travail afin de limiter la concentration des substances nocives
  • Assurer une bonne hygiène des lieux et plans de travail
  • Respecter les procédures de stockage pour ne pas entraîner une fragilisation des emballages à l’origine de fuites et de déversements de produits dangereux

La formation du personnel est une autre arme efficace. Elle repose tout d’abord sur l’apprentissage de gestes professionnels corrects qui interdit certains maniements dangereux comme se rincer les mains dans les solvants (garagistes) ou de plonger les mains dans des produits caustiques sans protection (agents d’entretien de surface).

C’est aux employeurs d’informer les travailleurs des dangers que présentent les substances auxquelles ils sont exposés. Mais c’est aussi dès l’apprentissage que l’information sur les risques et la prévention doivent être intégrées aux programmes, au même titre que les gestes techniques du métier.

La prévention individuelle des dermatoses professionnelles repose sur des équipements individuels de protection des mains et du corps et une bonne hygiène de la peau des mains :

 

  • les gants de protection 

Il n’existe pas de gant universel. Le choix des gants est spécifique à chaque type de tâche. Sur les étiquettes des gants figurent des pictogrammes et des indications qui renseignent l’utilisateur sur les caractéristiques techniques en fonction de leur utilisation.

Chaque gant peut être adapté au travail à réaliser (risques mécaniques, risques chimiques et microbiologiques, risques thermiques). Les gants en néoprène sont utilisés lors de la manipulation de solvant, les gants en vinyle présentent une bonne résistance chimique notamment contre les acides, les gants en nitrile offre un confort et des sensations similaires au latex, tout en éliminant les risques allergiques du caoutchouc (peintures, vernis).

Ils doivent être enlevés après la manipulation à risque et avant tout contact avec du matériel « propre » afin d’éviter de contaminer ce dernier. Il faut éviter le contact des gants contaminés avec la peau, les muqueuses, le matériel personnel (crayon, cahier…), le matériel commun (poignée de porte, clavier…)

 

  • les vêtements de protection

Le but est d’éviter le contact de la peau avec des projections, des éclaboussures de produits chimiques, avec les pièces, les parties de machines ou les vêtements imprégnés de substances nocives. C’est évident pour les avant-bras : il faut proscrire les manches courtes, utiliser une blouse ou un tablier et éventuellement des manchettes de protection. Les vêtements de travail doivent être lavés fréquemment pour éviter les salissures et l’imprégnation par les produits manipulés. Ils doivent aussi être rangés séparément des tenues de ville.

Plusieurs types de vêtements de protection chimique existent en fonction de l’état physique du produit (gaz, liquide, solide). Ils répondent à des normes d’étanchéité aux gaz, d’étanchéité limitée aux gaz, d’étanchéité aux projections de liquides, aux aérosols, aux pulvérisations, aux particules solides transportées par l’air, aux éclaboussures de liquides…

 

  • l’hygiène individuelle de la peau

Le port de gants ne remplace pas le lavage des mains et éventuellement leur protection dermique. Les gants doivent être utilisés avec des mains sèches et propres.

 

  • les crèmes protectrices adaptées pour les mains

L’application de produits appropriés permet de régler la teneur en eau et en corps gras de la couche superficielle de la peau. Dans le cas de contact temporaire et non prolongé avec un produit non caustique et non irritant, l’usage d’une crème protectrice peut être envisagé.

 

Informer la médecine du travail

En cas de dermatites de contact, le travailleur devra prendre rendez-vous avec le médecin du travail qui fera appel éventuellement à un allergologue ou un dermatologue pour pratiquer si besoin les tests épicutanés avec les produits manipulés.

La rencontre avec le médecin du travail est l’occasion d’exposer sa situation professionnelle et les difficultés créées par une dermatite atopique. Le médecin du travail sera en mesure d’évaluer le retentissement du travail sur la maladie et de préconiser à l’employeur des mesures individuelles d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste de travail. Il aura également la possibilité de déclarer le travailleur inapte à son poste de travail et d’établir des propositions de reclassement.

 

Guides de bonnes pratiques pour le décolletage

Le Service interentreprises santé travail Arve Mont-Blanc (SIST AMB) en lien avec le Syndicat national du décolletage, le CETIM, la Chambre syndicale de la métallurgie et la CARSAT viennent d’éditer deux guides de bonnes pratiques sur les dermatites de contact. L’un est destiné aux managers et l’autre aux techniciens et opérateurs d’atelier.

Ils sont téléchargeables gratuitement sur le site : www.boiteaoutilsdermatites.com

En effet, les dermatites liées aux fluides de coupe ne sont pas une fatalité dans l’industrie. Indispensables au processus de fabrication, les huiles -entières ou solubles- ont de nombreuses vertus : elles facilitent l’usinage, augmentent les qualités lubrifiantes, limitent l’usure de l’outil, empêchent la corrosion des métaux… Mais ce sont des produits chimiques qui doivent être utilisés en respectant les modes opératoires.

Il s’agit donc d’encadrer leur manipulation et de mettre à disposition des travailleurs des moyens de protection collective et individuelle adaptés. Les entreprises sont également invitées à redoubler de vigilance quand elles achètent des lubrifiants.

Au niveau des salariés, le guide propose des actions pour limiter les dermatites : s’informer sur le poste et appliquer les bonnes pratiques, trouver une alternative à la soufflette, ne pas manger et boire dans la zone de travail, entretenir une bonne hygiène des mains et des vêtements.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

officiel-prevention.com

www.boiteaoutilsdermatites.com

 

Crédit photo : Pixabay