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Stations de ski fermées : un plan à 4 milliards d’euros

Avec l’annonce de la fermeture des remontées mécaniques en février, le Premier ministre s’est engagé à mettre en œuvre de nouvelles mesures de soutien pour les stations de ski. Déjà, près de 4 milliards d’euros ont été mobilisés.

 

Ce plan comprend près de 2,3 milliards € de prêts garantis par l’État, 600 M€ de fonds de solidarité (hors mois de décembre pour les entreprises des listes S1/S1bis), 500 M€ d’activité partielle, 300M€ pour le dispositif ad hoc des remontées mécaniques et 200 M€ d’exonérations de cotisations employeurs et d’aide au paiement des cotisations salariales.

Les collectivités territoriales de montagne bénéficient des mécanismes de garantie sur leurs recettes fiscales et domaniales qui continueront de se déployer en 2021.

 

Renforcer les aides

Le gouvernement a décidé de renforcer et compléter les mesures de soutien exceptionnelles en faveur des acteurs de la montagne. Les commerces situés dans les stations et vallées peuvent bénéficier des aides au titre du fonds de solidarité. S’y ajoutent désormais les entreprises situées en amont de la chaîne de valeur des activités de montagne (ingénierie, menuiserie…etc.) et l’ensemble des commerces de matériel de ski. Ils seront intégrés aux secteurs faisant l’objet du « plan tourisme » (liste S1 bis).

Dès lors, ils pourront profiter d’une aide au titre du fonds de solidarité pouvant aller jusqu’à 10 000 euros par mois et jusqu’à 20% de leur chiffre d’affaires dans la limite de 200 000 euros par mois, pour ceux qui perdent plus de 70% de leur chiffre d’affaires.

Ils bénéficieront également d’un taux de prise en charge de l’activité partielle majoré, comme c’est déjà le cas pour les secteurs impactés par la crise des listes S1 et S1bis, dès lors qu’ils perdent 50% de leur chiffre d’affaires.

 

Fonds de solidarité élargi

 Le nouvel étage « coûts fixes » du fonds de solidarité, plafonné à 3 millions d’euros sur la période et destiné à garantir la couverture de 70% des charges fixes, sera élargi aux entreprises réalisant moins d’un million d’euros de chiffre d’affaires par mois pour les secteurs les plus affectés par la crise, comme l’hôtellerie-restauration et l’hébergement les résidences de tourisme. Dans ces coûts fixes seront notamment inclus le coût des congés payés de leurs salariés en activité partielle et leurs frais de logement.

En outre, les frais de formation des salariés et saisonniers en activité partielle seront pris en charge à 100% par l’État (dans le cadre du dispositif FNE-Formation). Enfin, un dispositif d’accompagnement spécifique va être mis en place pour les professionnels de santé dans les stations de montagne.

Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé le lancement au printemps d’un plan d’investissement pour le tourisme de montagne.

 

La Région attend des actes

Suite à la réunion de crise du 1er février présidée par le Premier ministre, Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, s’est fait le porte-parole de tous les professionnels impactés. S’ils louent la qualité d’écoute des représentants de l’Etat, ils ont aussi besoin au plus vite de disposer d’un calendrier de mise en œuvre des mesures d’urgence et d’un état précis des dispositifs envisagés.  

« Les discours doivent laisser place aux actes par une action rapide, massive et concertée », indique la Région dans un communiqué.

Ce sont en effet 150 000 emplois qui sont en jeu et trop attendre condamnerait des centaines de commerces et d’entreprises. L’urgence commande de fixer un nouveau rendez-vous pour évoquer les modalités de mise en œuvre. « Pour la Région, la survie des activités de montagne se compte en semaines, pas en mois ».

Il a donc été demandé que :

  • les aides pour les saisonniers soient calculées sur une base de 42 heures (contre 35 actuellement) afin qu’ils soient en accord avec la réalité de leurs contrats ;
  • le fonds de solidarité se base sur les charges fixes et non sur le chiffre d’affaires des entreprises ;
  • les entrepreneurs ayant repris ou créé une société en 2020 ne peuvent accéder pour l’heure, au fonds de solidarité : ils doivent pouvoir en bénéficier ;
  • les communes de montagne souhaitent un report ou une annulation du FPIC (Fonds national de péréquation des ressources inter communales et communales) et que l’État les accompagne pour compenser leurs pertes de recettes fiscales ;
  • préciser le plan d’accompagnement qui pourra être mise en œuvre pour accompagner les professionnels de santé ;
  • envisager des dispositifs pour le mouvement sportif ;
  • revoir l’accompagnement des centres de vacances trop parcellaire ;
  • le prolongement des aides jusqu’en décembre 2021.

 

Vers un plan co-construit

« L’ensemble des acteurs de la montagne qui attendent des réponses concrètes du gouvernement et compensations à la hauteur des pertes subies seront vigilants et constructifs sur la mise en œuvre d’un plan qui doit leur permettre de surmonter la crise. Ensemble, nous voulons sauver la montagne » a expliqué Laurent Wauquiez.

L’Etat doit rapidement proposer une méthode de travail en commun pour permettre de dégager un grand plan de relance pour la montagne. Ce plan de crise, pour soutenir le secteur dans la durée, devra aussi être co-construit entre l’État et l’ensemble des collectivités. La création d’un comité de pilotage de crise par massif serait le bienvenu. L’objectif est de territorialiser les décisions, de les rapprocher du terrain et de les adapter aux réalités des territoires et des professionnels.

 

L’équipe Avisé

 

Sources : lesechos.fr

 

Crédit photo : Pixabay