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Vers un épuisement record des patrons de TPE et PME

16/03/2021

La crise de la Covid-19 n’en finit pas d’avoir des conséquences et pèse très lourd sur le moral des chefs d’entreprises. Le niveau d’épuisement des patrons de TPE et PME est jugé record selon une étude nationale de l’Observatoire Amarok et du Labex Entreprendre de l’Université de Montpellier. Avec le risque de ne pas saisir la balle au bond à l’heure de la reprise.

 

Emergence d’un « syndrome d’empêchement »

Une étude nationale de l’Observatoire Amarok consacrée à la santé psychologique des patrons de TPE et PME en France a été réalisée du 11 janvier au 2 février 2021 auprès d’un échantillon de 1065 personnes dont 42% de femmes, à la tête d’entreprises employant en moyenne 7 à 8 salariés.  

Il ressort de ce travail un niveau d’épuisement élevé jamais observé jusque-là, une fatigue elle aussi record et l’émergence d’un « syndrome d’empêchement » mis en évidence lors du premier confinement. Un syndrome qui persiste surtout à cause du niveau élevé du sentiment d’impuissance.

Constat : le niveau de l’épuisement professionnel s’est significativement accru et la nature de l’épuisement s’est transformée pendant le confinement. L’épuisement habituel, lié à une suractivité des chefs d’entreprises, a muté en un épuisement d’empêchement où les sentiments d’impuissance et d’être coincé prennent le pas sur la déception et la lassitude.

 

Le risque de burnout atteint des niveaux alarmants

Les résultats montrent que ce n’est plus le travail en lui-même qui est épuisant mais la crainte de ne pouvoir bien travailler (empêchement) ou de ne plus travailler (dépôt de bilan) qui épuise les chefs d’entreprises. Quant à la perspective de déposer le bilan, elle a même plus d’impact négatif sur la santé mentale des chefs d’entreprises que l’idée de développer une forme grave de la Covid-19.

Parmi les dangers en termes de santé mentale, c’est le risque d’épuisement (burnout) qui est le plus massif. Il apparaît nettement que la crise de la Covid-19 et le confinement ont induit une hausse significative du niveau de burnout.

Le pourcentage de la population à risque passe de 17,50% en mars 2019 à 34,65% lors du premier confinement et atteint 36,77% en janvier-février 2021, lors de la seconde vague. Le pourcentage de chefs d’entreprises en danger de burnout atteint des niveaux alarmants en passant de 1,75 à 9,18% puis 10,41%.

 

Une vigilance entrepreneuriale atrophiée

Les chefs d’entreprises ont particulièrement souffert des fermetures ou entraves économiques liées au confinement et de l’incertitude accrue parce que c’est une population hyperactive et très travailleuse (plus de 50 heures hebdomadaires). Par essence, maîtres de leur stratégie, les chefs d’entreprises souffrent du manque de visibilité.

La deuxième vague a plus d’effets négatifs sur la santé mentale des chefs d’entreprises parce que l’épuisement d’empêchement persiste et s’ajoute à l’épuisement d’usure habituel (lassitude, déception, fatigue/sommeil) qui s’est accru.

Selon les auteurs de l’étude, « les chefs d’entreprises se débattent sans trop savoir où ils vont. La seconde vague a suscité un confinement moins contraignant avec possibilité d’agir malgré les couvre-feux ».

Pendant la crise de la Covid-19, la structure de la vigilance entrepreneuriale s’est distordue et totalement modifiée par rapport à la situation d’avant-crise. On constate une hypervigilance en termes de recherche d’informations et une atrophie de l’évaluation des opportunités. Avec le risque de ne pas saisir la balle le bond à l’heure de la reprise.

 

La vaccination porteuse d’espoir

En revanche, la vaccination est porteuse d’espoir. L’intention de se faire vacciner est positivement et significativement liée à l’âge, à la probabilité d’attraper gravement la maladie du dirigeant. L’engagement patrimonial et la taille de l’effectif de l’entreprise sont des variables importantes. Plus le dirigeant a de responsabilités sociales en termes d’emploi et de capital, plus la propension à se faire vacciner est forte.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

batiactu.com

lesechos.fr

 

Crédit-photo : Pixabay