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Coronavirus : les Métiers d’Art fortement fragilisés

L’Institut national des métiers d’art (INMA) a réalisé du 30 mars au 10 avril une large enquête en ligne pour identifier les difficultés des entreprises du secteur dans la crise sanitaire, auprès de 2000 professionnels.

 

Maintien d’une activité partielle

Objectif : dresser un état des lieux, identifier les besoins et réfléchir aux solutions d’accompagnement vers une sortie de crise. Les résultats de cette enquête révèlent une forte fragilisation des Métiers d’Art. Quelque 2000 professionnels des métiers d’art et du patrimoine vivant ont répondu à l’enquête. Parmi eux, 1781 exercent un métier d’art et 337 sont labellisés EPV. Une majorité (74%) n’ont pas de salarié et une minorité (8%) en ont plus de 10.

42 % des répondants sont parvenus à maintenir une activité au moins partiellement et 2 % d’entre eux ont conservé une activité pleine en se concentrant sur la production des commandes survenues avant la crise, en élaborant de nouvelles créations ou en réalisant des tâches non directement productives.

En termes de perte de chiffre d’affaires pour le 1er semestre 2020, les participants sont partagés :  si 37 % prévoient un chiffre d’affaires semestriel en baisse de 60 % par rapport à la même période de 2019, 29 % estiment pouvoir contenir les pertes au-dessous de 40 %. Seuls 60 % se risquent à évaluer leur perte de chiffre d’affaires pour le second semestre. Un quart des répondants prévoient une perte supérieure à 60 % alors que 22 % l’estiment à moins de 40 %.

 

Effets directs sur les ventes, les approvisionnements et la trésorerie

La première des difficultés qui ressort de l’enquête est pour 76 % des répondants l’annulation ou le report des événements et salons, lesquels constituent un moyen de commercialisation essentiel pour les professionnels. Par ailleurs, 41% des répondants ont dû faire face à des annulations de commande. Les problèmes d’approvisionnement (59 %) et de trésorerie (58 %), sont en outre les conséquences directes du confinement.

« Les difficultés de recouvrement sont moins prégnantes mais déjà présentes (28 %), tout comme l’annulation d’investissements prévus en 2020 (26 %) » relève par ailleurs l’INMA. Près de la moitié des participants à l’enquête (45 %) considère que les aides mises en place par l’État sont plutôt adaptées, voire tout à fait adaptées, à leur situation. Plus de 67 % souhaitent leur prolongation lors du déconfinement.

Les dispositifs d’aide, annoncés dès début mars par le gouvernement, semblent plutôt bien accueillis par le secteur, mais il convient de les ajuster en fonction des besoins et de l’évolution de la situation, encore incertaine. Parmi les propositions, outre le soutien à la trésorerie, une aide financière pour l’achat de matériels ou de machines et la consolidation des filières locales, notamment pour un accès mieux maîtrisé à la matière première, sont identifiés comme nécessaires à la reprise.

 

Vers plus de visibilité

En concertation avec ses ministères de tutelle (Culture / Économies et Finances), l’INMA œuvre actuellement pour « la prise en compte de la situation réelle des professionnels des métiers d’art et du patrimoine vivant dans l’architecture des dispositifs d’aide », poursuit le communiqué. « L’INMA travaille également en lien avec les acteurs publics et organisations professionnelles des métiers d’art et du patrimoine vivant pour leur fournir des données qualifiées sur les problématiques des entreprises par filière et par région », indique encore l'INMA.

A l’automne, une nouvelle étude sera lancée pour suivre l’évolution de la situation des entreprises relevant des Métiers d'Art et du patrimoine vivant et pour pouvoir réajuster les actions en période de redémarrage économique. D'ici là, l'INMA mènera des réflexions « pour la mise en place d’actions complémentaires aux dispositifs de soutien à la trésorerie ». Elle accentuera en outre la visibilité des entreprises des métiers d’art et du patrimoine vivant, au travers de la future Agence française des métiers d’art et du patrimoine vivant, qui doit voir le jour fin 2020. « Avec la création de l’Agence Française des Métiers d’Art et du Patrimoine Vivant, fin 2020, les professionnels, entreprises, artisans d’art, entrepreneurs auront à leurs côtés un outil et une voix puissante pour valoriser leurs savoir-faire d’excellence » conclut l’INMA.

 

Lire aussi : Lancement de campagne #MonArtisandArt en soutien aux Métiers d'Art

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

institut-metiersdart.org

lemondedesartisans.fr

 

Crédit photo : Pixabay