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Crise sanitaire : les métiers d’art ont maintenu au moins partiellement une activité

Une enquête en ligne réalisée par l’INMA auprès d’un échantillon de 867 répondants pointe les difficultés rencontrées par les professionnels des Métiers d’art et du patrimoine vivant depuis le début de la crise sanitaire. Le maintien d’une activité partielle s’explique par des conditions de confinement moins strictes.

 

Maintien partiel de l’activité

Une forte majorité de répondants (74%) annoncent qu’ils ont réussi à maintenir, au moins partiellement leur activité, depuis le début de la crise sanitaire. Mais plus du quart ne sont pas parvenus à maintenir de l’activité, contre 10% qui y parviennent totalement. L’activité des professionnels a moins souffert qu’en mars, les conditions de confinement étant moins strictes.

Certains secteurs, comme l’ameublement-décoration, ont réussi à sortir leur épingle du jeu. À l’inverse, les entreprises de l’horlogerie, bijouterie, joaillerie, orfèvrerie (HBJO), la mode et les accessoires ont le plus souffert.

Sans surprise, ce sont les entreprises les plus anciennes qui font preuve de résilience : 19% des entreprises de plus de 50 ans et 14% des entreprises de 11 à 50 ans, arrivent à maintenir leur activité en totalité.

38% des entreprises de moins de 3 ans ne parviennent pas à maintenir leur activité. En termes de taille, les entreprises de 4 à 10 salariés (23%) et dans une moindre mesure, celles de 10 salariés et plus (21%) arrivent à maintenir leur activité totalement. Les entreprises qui souffrent particulièrement sont les entreprises sans salarié.

Les entreprises labellisées EPV arrivent à maintenir leur activité de vente (78%) pour l’essentiel grâce à l’export. Les autres entreprises sont plus actives dans la création de nouvelles productions. Les professionnels HBJO sont eux parvenus à maintenir les ventes en ligne. Les céramistes sont ceux qui ont le mieux réussi à développer de nouvelles créations et à garder une activité en boutique.

 

Impact sur le chiffre d’affaires

En moyenne, les entreprises enregistrent une perte de 50% de leur chiffre d’affaires annuel. Mais un répondant sur 5 subit une perte de moins de 20% par rapport à l’année 2019, pour le premier comme le second semestre. Pour leur part, les entreprises labellisées EPV ont réussi pour beaucoup à contenir le choc de la crise sanitaire dans des limites raisonnables : la moitié d’entre elles enregistrent moins de 20% de perte de chiffre d’affaires. Le choc est mieux absorbé au second semestre.

Autres constats, en termes de volume d’affaires, les entreprises sans salarié encaissent le plus durement les effets de la crise. Plus l’entreprise a de salariés et plus elle arrive à absorber le choc. Les entreprises de plus de 50 ans ont fait preuve d’une résistance remarquable. À l’inverse, la situation des entreprises les plus jeunes est particulièrement critique au second semestre, avec une perte de chiffre d’affaires de plus de 80% pour plus d’une entreprise sur 5 de moins de 10 ans.

Les entreprises réalisant plus de 60% de leur chiffre d’affaires auprès d’une clientèle professionnelle résistent le mieux. En revanche, celles travaillant avec des particuliers ont encaissé un choc plus important.

Globalement, les entreprises réalisant au moins une partie de leur chiffre d’affaires à l’export font preuve de davantage de résistance. Mais les difficultés que connaissent les échanges internationaux depuis un an pèsent durement sur elles.

On relève aussi des situations contrastées en fonction de la région d’implantation. Au premier semestre, les situations sont plus difficiles en Bretagne et dans le Grand Est. Au second semestre, c’est le choc subi par les entreprises franciliennes qui interpelle.

 

Source : INMA

 

Les contraintes liées à la commercialisation et à la prospection de nouveaux clients pèsent le plus lourd : annulation des événements (salon, foire, marché) et fermeture des points de vente. Si les difficultés de trésorerie sont réelles, seuls 25% des répondants les considèrent comme un des principaux problèmes, tout comme les annulations de commandes ou de chantiers.

 

Source : INMA

 

Les conséquences sur les emplois

Les effets de la crise sur l’emploi restent limités, l’effectif salarié de près d’un répondant sur 4 ne subit aucune conséquence de la crise. Celle-ci s’est traduite par un gel des recrutements (pour 27% des entreprises). Près d’un quart des entreprises recrutent (22%) mais nombreuses sont celles qui connaissent des difficultés dans la recherche d’un candidat qualifié pour le poste.

La crise sanitaire a eu globalement plus d’effets sur l’emploi dans les EPV, 12% d’entre elles ont dû procéder à des licenciements.

 

Les conséquences sur la transmission des savoir-faire

La transmission d’un des savoir-faire de près de la moitié (45%) des entreprises est aujourd’hui menacée si la crise sanitaire se poursuit. Seulement 25% des répondants exprime l’assurance de pouvoir transmettre. Cette proportion est plus forte chez les EPV : 40% d’entre elles n’entrevoient pas de danger sur la transmission de leur savoir-faire.

 

Source : INMA

 

Les professionnels du textile, surtout ceux de la mode et des accessoires, perçoivent une menace dès à présent ou dans les prochains mois quant à la transmission de l’un de leurs savoir-faire (61%). Ceux-ci sont plus en danger au sein des entreprises de 1 à 3 salariés (55%).

Quelque 15% des répondants accueillent d’ordinaire un ou plusieurs apprentis/alternants : pour 40% d’entre eux, la crise aura un effet négatif avec moins de recrutements, voire aucun.

 

Des aides bienvenues

Le fonds de solidarité mis en place par l’Etat est l’aide la plus fortement sollicitée : 6 répondants sur 10 en ont bénéficié. Un peu moins du quart des professionnels n’a perçu aucune aide.

Le panorama des aides sollicitées par les EPV est différent de l’ensemble des répondants. Le recours à l’activité partielle est la première des aides perçues (60%), tout comme le recours à un PGE (49%) et le report d’échéances sociales et/ou fiscales (41%). Les aides issues du fonds de solidarité de l’Etat ont été beaucoup moins perçues. A noter encore que 12% des EPV n’ont perçu aucune aide.

Les aides diffèrent sensiblement selon le domaine d’activité. Les professionnels HBJO et ceux de la céramique ont plus largement bénéficié que la moyenne du fonds de solidarité de l’Etat. Très peu de céramistes ont obtenu un PGE et près d’un professionnel du verre et du cristal sur 4 n’a perçu aucune aide.

 

Source : INMA

 

La majorité des professionnels souhaiteraient voir compensée l’annulation des salons et événements auxquels ils devaient participer. De même, les aides mises en œuvre pour favoriser l’essor des outils numériques des entreprises sont attendues par plus d’un répondant sur 4.

Les demandes d’aides complémentaires sont globalement plus fortes chez les EPV. Elles devraient en priorité soutenir l’investissement via le crédit d’impôt métiers d’art (CIMA) ou les crédits d’impôts liés à l’innovation et à la recherche ou encore via des aides directes à l’investissement. En outre, 25% des labellisés EPV estiment que la compensation de l’annulation des événements serait bienvenue.

Les demandes d’aides complémentaires varient fortement en fonction de la taille de l’entreprise. Plus le nombre de salariés augmente, plus les priorités vont au soutien à l’investissement. La forte demande liée à la compensation de l’annulation des événements et le soutien au développement des outils numériques émanent avant tout des entrepreneurs sans salarié. Quant aux entreprises les plus anciennes, elles sollicitent davantage le soutien à l’investissement plutôt que le soutien au développement commercial.

 

Des perturbations anticipées en 2021

Pour le 1er semestre 2021, la majorité des entreprises interrogées anticipent des perturbations très significatives. Un peu moins d’un professionnel sur 4 (23%) fait preuve d’optimisme, même si les répondants labellisés EPV sont plus positifs. Plus du tiers d’entre eux envisagent peu ou pas de perturbations de leur activité durant les six premiers mois de l’année. Mais 47% prévoient de fortes voire de très fortes difficultés.

Les entreprises sans salarié sont les plus pessimistes devant les PME (plus de 10 salariés). Les plus optimistes sont les « grosses » TPE (plus de 4 salariés, moins de 11) : on y trouve autant d’optimistes que de pessimistes. À noter que les entreprises qui travaillent exclusivement avec des particuliers sont les plus pessimistes pour la première moitié de 2021.

Pour traverser la crise, les professionnels des métiers d’art et du patrimoine vivant estiment que les efforts doivent être concentrés sur les besoins premiers : gagner en visibilité, être mieux valorisés (77%) et mieux vendre.

 

L’équipe Avisé

 

Source : Institut National des Métiers d’Art

 

Crédit photo : Pixabay