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La formation et l’apprentissage aux métiers d’Art

13/12/2019
Mots-clés: 

L’Institut supérieur des métiers (ISM) a publié une étude consacrée à la formation et l’apprentissage aux métiers d’Art. Sur l’ensemble des filières-métiers analysées (140 spécialités), 10 340 jeunes (élèves, apprentis et stagiaires) se sont présentés en 2017 à la session d’examen, soit une hausse de 5 % en comparaison avec 2016.

 

Trois filières –la bijouterie-joaillerie-orfèvrerie-horlogerie, les métiers du bois, les métiers du textile et de la mode- regroupent à elles seules les deux tiers des effectifs formés. La facture instrumentale recrutant le moins de jeunes.

L’offre de diplômes est large et spécialisée, même quand le nombre d’entreprises est peu élevé. Près de 140 spécialités de diplômes ont été passées au crible par l’ISM qui relève que la moitié de ces spécialités tombent en désuétude. Par ailleurs, une vingtaine n’ont été passées que par moins de 10 candidats.

 

60 % des jeunes formés dans la filière scolaire

C’est la filière scolaire qui s’impose comme la première filière de formation aux métiers d’art, avec 62 % des candidats à l’obtention d’un diplôme en 2016. Quant à la transmission des savoir-faire par l’apprentissage, elle ne concerne que 12 % des effectifs. L’apprentissage n’est pas présent dans les arts du spectacle et il reste peu développé dans les métiers de la céramique (3 %) ou les métiers du textile et de la mode (4 %). L’ISM constate dans son étude que les seuls diplômes préparés majoritairement en apprentissage sont ceux de la facture instrumentale.

Autre constat, la formation continue pèse plus lourd que l’apprentissage pour l’accès aux diplômés de métiers d’art : 15 % des sortants ont préparé leur diplôme par ce biais (salariés ou demandeurs d’emploi). Elle est très développée pour les diplômes de facture instrumentale, les métiers de la terre ou du cuir, signe des multiples reconversions professionnelles constatées dans ces métiers ces dernières années.

 

Des effectifs qui progressent

Globalement, les métiers d’art ont conservé une bonne attractivité lors de la décennie 2005-2016, pourtant traversée par la crise économique. Le nombre de sortants des différents diplômes est passé de 8 840 en 2005 à 10 340 en 2017.  Mais les évolutions sont contrastées d’un métier à l’autre. Les effectifs ont quadruplé durant la période dans les diplômes des métiers du cuir, triplé dans l’univers arts du spectacle-jouets et ont doublé dans ceux du verre et du métal. Quant aux métiers du bois et de la bijouterie-joaillerie-orfèvrerie-horlogerie, ils ont enregistré un rebond. Seuls les métiers de la terre ont vu leurs effectifs baisser.

 

Source Cereq

 

L’ISM relève que ces évolutions sont en cohérence avec le dynamisme constaté dans divers secteurs. Ainsi la fabrication d’articles de voyage, la maroquinerie, la sellerie, ont créé de nombreux emplois salariés entre 2009 et 2017 alors que l’activité et l’emploi salarié régressaient dans la fabrication de meubles et la fabrication d’articles céramiques.

 

L’offre d’apprentissage inégale selon les régions

En 2017/2018, 2 200 apprentis étaient en cours de formation dans un diplôme de métier d’Art. Par rapport à l’année précédente, les effectifs progressent de 10 %. Mais l’offre de formations est inégalement répartie. Trois régions s’imposent dans l’offre de formation en apprentissage : l’Ile-de-France (600 apprentis), les Pays de la Loire (400) et Auvergne-Rhône-Alpes (330) ;

L’Ile-de-France est également en tête quand on prend en compte la localisation des entreprises d’accueil de ces apprentis (570) devant Auvergne-Rhône-Alpes (310) et Pays de la Loire (210). On constate d’ailleurs que les entreprises d’accueil sont majoritairement à proximité des CFA. Mais la rareté et la spécialisation de l’offre de formation conduisent parfois les apprentis à des déplacements entre leur lieu de travail et le CFA. Ainsi les CFA franciliens couvrent une large partie de la moitié Nord du territoire tandis que les CFA du Rhône rayonnent sur toute la région Auvergne-Rhône-Alpes.

 

Un profil propre aux métiers d’Art

L’ISM constate également dans son étude que les apprentis des métiers d’Art ont un profil différent des autres apprentis de l’artisanat. Les apprentis suivent majoritairement un CAP : les diplômes de niveau III (CAP ou équivalents) regroupent 64 % des apprentis, ceux de niveau IV, 26 %. Quant aux diplômes de l’enseignement supérieur, nombreux dans ces spécialités, ils accueillent 10 % des effectifs.

Reste que les apprentis sont plus âgés que dans les autres secteurs de l’artisanat : seuls 17 % des apprentis sont mineurs (contre 45 % dans tout le périmètre de l’artisanat). Ce qui signifie que les apprentis des métiers d’Art rejoignent ces formations souvent dans le cadre d’une réorientation (1 apprenti sur 10 est âgé de 26 ans ou plus).

La réorientation des apprentis des métiers d’Art se traduit dans les chiffres : pour les entrées en CAP, seulement un tiers des apprentis viennent du collège ; 13 % sont déjà détenteurs d’un autre CAP et 31 % sont déjà titulaires du Bac ou d’un diplôme équivalent ; 11 % sont déjà diplômés de l’enseignement supérieur.

À noter encore que les trois quarts des apprentis sont formés dans des petites entreprises de moins de 20 salariés, 57 % dans des entreprises artisanales. Les principaux secteurs employeurs sont la fabrication et la réparation de meubles, la fabrication d’articles de maroquinerie, la fabrication et la réparation d’articles de bijouterie et d’horlogerie.

 

L’équipe Avisé

 

Source : infometiers.org

 

Crédit photo : Pixabay